Un pion­nier de l’art ur­bain

ER­NEST PI­GNON-ER­NEST, RÉTROSPECTIVE. JUS­QU’AU 8 JANVIER, MU­SÉE D’ART MO­DERNE ET D’ART CONTEM­PO­RAIN, NICE, RENS. : WWW.MAMAC-NICE.ORG

L'Obs - - Critiques - CLAIRE FLEU­RY

En 1966, le jeune Er­nest Pi­gnon (qui dou­ble­ra son pré­nom en l’ac­co­lant à son nom), se trouve près du pla­teau d’Al­bion, fu­tur site de lancement de mis­siles nu­cléaires. Il im­prime alors des di­zaines d’af­fiches de l’un de ses des­sins et les colle sur les murs des villages en­vi­ron­nants. La me­nace nu­cléaire ne peut être confi­née à un es­pace pri­vé, la ré­ponse de l’ar­tiste ne peut l’être non plus. La rue de­vient alors un lieu d’ex­po­si­tion tout au­tant qu’un élé­ment consti­tu­tif de l’oeuvre. Dé­non­cia­tion de l’apar­theid en Afrique du Sud, des dé­rives ra­cistes à Nice, de l’ex­pul­sion des pauvres du centre de Paris, hom­mage à Ar­thur Rim­baud, à Pa­so­li­ni, au Ca­ra­vage : Er­nest Pi­gnon-Er­nest est sur tous les fronts. Et dans cette belle rétrospective la beau­té de ses po­choirs, sé­ri­gra­phies, des­sins et pho­to­gra­phies n’a d’égale que leur puis­sance, té­moi­gnage d’un en­ga­ge­ment tou­jours af­fir­mé.

« Femme au drap », Naples, 1990.

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