BEN­JA­MIN LAZAR “ELLE N’EST PAS AUTOCENTRÉE”

L'Obs - - Culture -

« Elle avait très en­vie, et de­puis long­temps, de faire “Tra­via­ta”. Ce dé­sir était si fort qu’on pou­vait for­mer la perle au­tour de ce pe­tit caillou, si so­lide, in­des­truc­tible. Elle s’est donc énor­mé­ment im­pli­quée, m’a beau­coup par­lé du per­son­nage, de l’oeuvre, des mu­si­ciens avec les­quels elle vou­lait tra­vailler – et qui sont sur scène constam­ment, donc en ré­pé­ti­tion. Et nous avons tra­vaillé pen­dant deux ans. Elle est souple, veut qu’on lui ap­porte de quoi li­bé­rer son ima­gi­naire et faire son miel : textes, images, films, at­mo­sphères… L’en­semble du spec­tacle la pré­oc­cupe : elle n’est pas autocentrée. Il y a un très grand contraste entre sa per­sonne phy­sique et la force qui s’en dé­gage, son hu­mour. Cette Vio­let­ta est un por­trait de Ju­dith. Elle n’est pas mor­bide, elle donne l’im­pres­sion que le sa­cri­fice de Vio­let­ta est beau, ab­so­lu, que tout ce­la n’est pas pour rien. Ce qui est sûr, c’est que Ju­dith n’adhère à au­cun pro­jet où elle n’a pas la cer­ti­tude d’avoir quelque chose à faire. Elle n’ac­cep­te­ra que si elle est au bon en­droit, et que si la conti­nui­té entre pa­role et chant est res­pec­tée, car mu­sique et théâtre ont beau­coup à se dire. »

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