Paris est un fait

PARIS SE­RA TOU­JOURS UNE FÊTE, AN­THO­LO­GIE, FO­LIO, 128 P., 2 EU­ROS.

L'Obs - - Culture - DA­VID CAVIGLIOLI

Paris est peut-être la ville sur la­quelle on a écrit le plus d’idio­ties. On s’en convainc avec cette an­tho­lo­gie qui com­mé­more les attentats de no­vembre 2015. On y trouve bien sûr He­ming­way, qui écrit dans « Paris est une fête » : « Paris va­lait tou­jours le dé­pla­ce­ment, et on re­ce­vait tou­jours quelque chose en re­tour de ce qu’on lui donnait. » Tu parles, Er­nest. On trouve aus­si de la pro­pa­gande hu­go­lienne ca­duque (« Paris triom­phe­ra, parce qu’il re­pré­sente l’idée hu­maine et parce qu’il re­pré­sente l’ins­tinct po­pu­laire »), du ly­risme ara­go­nien (« mon Paris dé­fiant les dan­gers »). Ceux qui en parlent le mieux sont ceux qui n’en disent rien, comme Pe­rec avec sa « Ten­ta­tive d’épui­se­ment d’un lieu pa­ri­sien », qui dé­crit la place Saint-Sul­pice telle qu’elle était le 18 oc­tobre 1974 à 10h30 (« Un car al­le­mand/Une four­gon­nette Brinks/Le 87 va au Champ-de-Mars »). Paris est un en­droit qui change tout le temps et qui ne veut rien dire, où l’on vit comme on vi­vrait à Va­lognes (Manche) ou à Saint-As­tier (Dor­dogne), et où il y a par­fois une ré­vo­lu­tion, une in­va­sion al­le­mande, un at­ten­tat. Le reste est lit­té­ra­ture.

Georges Pe­rec, prix Re­nau­dot pour son ro­man « les Choses » en 1965.

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