Ces mi­nistres qui ne croient plus en Hol­lande

L'Obs - - Le Téléphone Rouge - CÉ­CILE AMAR

Idesls sont tous as­sis au­tour de lui, chaque mer­cre­di, dans le sa­lon am­bas­sa­deurs. Pen­dant le Con­seil des Mi­nistres, ils l’écoutent, prennent des notes, ne s’ex­priment que quand il leur donne la pa­role. Mais Fran­çois Hol­lande sait-il ce que pensent vrai­ment de lui tous ces mi­nistres qu’il a nom­més? Sait-il ce qu’ils disent au­jourd’hui de lui en apar­té ? Au gou­ver­ne­ment, ils ne sont plus dé­sor­mais qu’une poi­gnée à le dé­fendre. Le pré­sident peut comp­ter sur Ber­nard Ca­ze­neuve, Sté­phane Le Foll, Ma­ri­sol Tou­raine, Mi­chel Sapin et Au­drey Azou­lay, mais guère plus. Les autres – tous les autres ! – n’y croient plus et lui ont re­ti­ré leur confiance. « Tout le monde le sait, même dans son en­tou­rage proche : Hol­lande est tout seul, per­sonne ne veut plus de lui », avoue cash un mi­nistre. Qui ajoute : « Le temps ne joue pas en sa fa­veur, mais le pour­ris­se­ment lui va à lui plus qu’à tout autre. Il évo­lue avec une ai­sance que les autres n’ont pas dans ce cli­mat dé­lé­tère. S’il est can­di­dat mal­gré tout, il per­dra la pri­maire. »

Un de ses col­lègues par­tage la même ana­lyse: « Le pré­sident est seul, re­je­té de par­tout. La can­di­da­ture de Ma­cron ne change pas la donne, mais elle sou­ligne l’échec de Hol­lande. On n’est plus dans la syn­thèse. La pé­riode po­li­tique a chan­gé. Elle ne cor­res­pond plus à sa na­ture po­li­tique. S’il dit qu’il y va, il peut y avoir une ré­volte lors de la pri­maire. » Les scep­tiques du gou­ver­ne­ment en veulent pour preuve l’éli­mi­na­tion de Ni­co­las Sar­ko­zy au pre­mier tour de la pri­maire de la droite. En s’ali­gnant dans la com­pé­ti­tion de la gauche, Hol­lande ne s’ex­po­se­rait-il pas au même risque ?

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