Mo­zart sans fard

L'Obs - - Critiques - JACQUES DRILLON

MO­ZART : L’IDÉAL MAÇONNIQUE, ADA­GIO MAÇONNIQUE K 411, SIX NOC­TURNES, TROIS DIVERTIMENTI K 439B (KLARTHE).

Ces pièces (pour cla­ri­nettes ou cors de bas­set) que Mo­zart a des­ti­nées à ses amis ou à ses « frères » ma­çons sont très par­ti­cu­lières : leur beau­té est di­recte, sans feintes, sans dé­tours, sans au­cun ar­ti­fice de sé­duc­tion. Il ne cherche pas à se désen­nuyer par le re­cours constant à la com­plexi­té : il se sait com­pris, et chante avec une sin­cé­ri­té bou­le­ver­sante. Voi­là du Mo­zart pour qui l’aime d’un amour in­con­di­tion­nel. Chez un autre, cette écri­ture sem­ble­rait mé­diocre à force de sim­pli­ci­té ; mais lui, qui pro­duit la pure beau­té comme un pom­mier des pommes, par­vient au chef-d’oeuvre avec trois bouts de fi­celle. L’équipe de « souf­fleurs » fran­çais qui la fait son­ner ici ne cherche ja­mais à trop en faire : le son est chaud, la phrase na­tu­relle. Pas une faute de goût. Les amis de Mo­zart ne le tra­hissent ja­mais.

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