La mode pour tous

De­puis une di­zaine d’an­nées, le livre de cui­sine est un vé­ri­table phé­no­mène éditorial. Si le mar­ché semble don­ner quelques signes d’es­souf­fle­ment, les édi­teurs sont tou­jours à la re­cherche de la for­mule ma­gique. A la veille de Noël, le point sur les proch

L'Obs - - Sommaire - Par CH­RIS­TEL BRION LA MODE POUR TOUS Par SO­PHIE FONTANEL

Kirk Dou­glas a eu 100 ans. Et, au re­gard de la Mode pour tous, son cas est élo­quent. Il était (est peut-être tou­jours) d’une élégance folle. Cet homme adu­lait les ha­bits. D’ailleurs, le lien entre son chic ves­ti­men­taire et sa haute taille a sou­vent été fait, jus­qu’à en­core tout ré­cem­ment. Or, Kirk Dou­glas me­sure 1,75 mètre. C’est pas mi­ni, mais ça en fait un aca­rien à cô­té d’un Ga­ry Coo­per, d’un Gre­go­ry Peck, d’un James Ste­wart… Ces di­vi­ni­tés dé­pas­saient toutes le 1,90 mètre. Ce que nous al­lons dé­mon­trer : si Kirk Dou­glas est vé­cu comme grand, c’est parce qu’il a tou­jours été très élé­gant. La croyance comme quoi tout tombe mieux sur un être de haute taille est fort ré­pan­due. C’est pour ça qu’on le voit im­mense, ayant pour­tant des men­su­ra­tions plus proches d’un Ro­bert Red­ford, d’un Paul New­man, d’un Mar­lon Bran­do. La Mode pour tous a la convic­tion que ce « sur­clas­se­ment » de Kirk Dou­glas vient d’un don ves­ti­men­taire. Il est la preuve, cet homme, que l’être hu­main a, à sa dis­po­si­tion, de quoi se gran­dir par le raf­fi­ne­ment, de quoi s’éle­ver dans la so­cié­té et dans les airs, rien qu’en com­pre­nant par­fai­te­ment les vê­te­ments. Et ce las­car, oh oui, qu’il les com­pre­nait. Les films ama­teurs de l’ac­teur Rod­dy McDo­wall (les fa­meux « silent home mo­vies Ma­li­bu », al­lez voir ça sur YouTube) en sont la preuve. Ça se passe dans les an­nées 1960, Rod­dy McDo­wall a une mai­son de plage à Ma­li­bu, où les stars de l’époque viennent pique-ni­quer le di­manche. Kirk Dou­glas est là, bien sûr, et n’ar­rête pas de se chan­ger ! Il est le seul (avec Lauren Ba­call, aus­si sur les images) à le faire à ce point. Il aime les ma­ri­nières, il aime (et ose) les cou­leurs. Même là, au mi­lieu de gens de sa taille (par exemple, Ben Gaz­za­ra), il « dé­passe ». Il trans­cende par l’ha­bit à la fois sa taille et une condition so­ciale. Il était fils de chif­fon­nier. Il di­ra un jour que son amour des beaux tis­sus ve­nait peut-être de là. Une fa­çon d’épou­ser et de trans­cen­der le des­tin. C’est beau.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.