Le chef-d’oeuvre de Berg­man

CRIS ET CHUCHOTEMENTS, PAR INGMAR BERG­MAN. DRAME SUÉ­DOIS, AVEC HAR­RIET AN­DER­SON, IN­GRID THULIN, LIV ULLMANN, ERLAND JOSEPHSON (1974, 1H31).

L'Obs - - Critiques - F. F.

Chef-d’oeuvre ab­so­lu : Berg­man ra­conte l’ago­nie d’une femme, dans un ma­noir, au xixe siècle. Au­tour d’elle, un chas­sé-croi­sé de per­son­nages mus par la haine, l’en­vie, le dé­sir, l’in­dif­fé­rence, la ra­pa­ci­té. Le ci­néaste in­ter­roge les fins der­nières, le si­lence de Dieu, la mo­rale pu­ri­taine, et, che­min fai­sant, nous livre un film unique, d’une force in­ouïe. Ja­mais la dou­leur n’a été tra­duite ain­si à l’écran, ja­mais un film n’a eu cette puis­sance spi­ri­tuelle, ja­mais on n’a res­sen­ti le souffle de l’en­fer ain­si. C’est tout sim­ple­ment l’un des som­mets du ci­né­ma mon­dial, dont chaque image, chaque res­pi­ra­tion reste gra­vée dans l’âme du spec­ta­teur. Oui, Berg­man a été le Dante du sep­tième art.

L’ago­nie d’une femme (In­grid Thulin), as­sis­tée par sa femme de chambre (Ka­ri Syl­wan).

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