QUELQUES MI­NUTES APRÈS MI­NUIT

L'Obs - - Critiques - NI­CO­LAS SCHALLER

PAR JUAN AN­TO­NIO BAYO­NA Fable fan­tas­tique amé­ri­caine, avec Le­wis MacDou­gall, Fe­li­ci­ty Jones, Si­gour­ney Wea­ver (1h48).

On peut tout se per­mettre quand on a du ta­lent. Même une fable fan­tas­tique à des­ti­na­tion du grand pu­blic sur l’en­fance face à la mort et la fa­mille dé­com­po­sée par le deuil. Co­nor, 12 ans (Le­wis MacDou­gall, épa­tant, pho­to), ga­min so­li­taire et mal­me­né par quelques ca­ma­rades de classe, vit seul avec sa mère (Fe­li­ci­ty Jones), qui se meurt d’un can­cer. Pas­sion­né de des­sin, il se ré­fu­gie dans ses cau­che­mars : chaque nuit, l’arbre de­vant chez lui prend vie et lui ra­conte une lé­gende aux ver­tus ré­si­lientes – elle prend, à l’écran, la forme d’un film d’ani­ma­tion à l’aqua­relle. A-t-on sou­vent vu la co­lère et la dé­tresse des en­fants face à la vio­lence du réel dé­crites avec au­tant de sen­si­bi­li­té et d’em­pa­thie ? Cette ode au pou­voir de l’ima­gi­naire et à l’art qui aide à vivre est un tire-larmes dé­vas­ta­teur, à peine gâ­té par les vio­lons de sa bande-son. Ain­si s’épa­nouit le gé­nie spiel­ber­gien du réa­li­sa­teur de « l’Or­phe­li­nat », Juan An­to­nio Bayo­na.

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