50 nuances de Gray

L'Obs - - Critiques - FRAN­ÇOIS FO­RES­TIER

Il a mis huit ans à réa­li­ser « The Lost Ci­ty of Z » (sor­tie le 15 mars). James Gray n’a pas re­non­cé, sem­blable à son héros, Per­cy Faw­cett, qui, de 1906 à 1925, s’est obs­ti­né à re­trou­ver en Ama­zo­nie la ci­té per­due de Z, en­glou­tie dans la jungle. Faw­cett, ex­plo­ra­teur lé­gen­daire, s’est dis­sous dans la fo­rêt – on ne sait pas ce qu’il est de­ve­nu. Gray, en re­vanche, n’a ja­mais per­du le cap : le réa­li­sa­teur de « The Yards » (2000) et de « La nuit nous ap­par­tient » (2007) a sen­ti, dans le livre de Da­vid Grann, toute la tra­gé­die d’une époque : frac­ture de classe, conflits in­times, confron­ta­tion avec une autre so­cié­té. Fi­na­le­ment, qui sont les sau­vages? Les An­glais ou les Kui­ku­ro? Les cols-durs ou les vi­sages peints? James Gray signe ici un ora­to­rio pour les hommes per­dus de l’Ama­zone. Et constate que les ci­vi­li­sa­tions, aus­si, sont mor­telles.

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