Ra­cine car­ré

TITUS N’AI­MAIT PAS BÉRÉNICE, PAR NA­THA­LIE AZOULAI, FO­LIO, 304 P., 7,70 EU­ROS.

L'Obs - - Critiques - DA­VID CAVIGLIOLI

Ro­man ma­lin : Na­tha­lie Azoulai (pho­to) fait par­ler une femme qui vient de se faire quit­ter par son amant, et qui se plonge dans l’oeuvre de Ra­cine. On se dit qu’e ec­ti­ve­ment la lec­ture de Ra­cine est tout in­di­quée quand on se fait pié­ti­ner sen­ti­men­ta­le­ment. Bérénice, la nar­ra­trice, « tente de ré­su­mer les in­trigues de ses pièces : Phèdre aime Hip­po­lyte qui aime Ari­cie. Oreste aime Her­mione qui aime Pyr­rhus qui aime An­dro­maque qui aime Hec­tor. Né­ron aime Ju­nie qui aime Bri­tan­ni­cus ». Puis la nar­ra­trice es­saie de com­prendre pour­quoi Ra­cine a si bien com­pris la cruau­té des pas­sions amou­reuses. Elle ra­conte donc la vie du dra­ma­turge, en le nom­mant Jean, comme pour le rap­pro­cher de nous et al­ler à la ra­cine de Ra­cine. Elle le fait dans une langue un peu abs­traite, un peu du­ras­sienne, qui par sa froi­deur et sa so­len­ni­té a une al­lure néo­clas­sique. Mal­gré ces jeux de mi­roir ra nés et une écri­ture pleine de trou­vailles, il y a un pro­blème : la bio de Ra­cine, qui oc­cupe la quasi-to­ta­li­té du livre, est plate. Et il est dom­mage d’apla­tir la vie d’un maître du re­bon­dis­se­ment.

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