George Har­ri­son, oeuvres com­plètes

THE VINYL COL­LEC­TION (COFFRET), PAR GEORGE HAR­RI­SON (CAPITOL/UNIVERSAL).

L'Obs - - Critiques - FRAN­ÇOIS ARMANET

Le plus jeune des Beatles fut le pre­mier à sor­tir un al­bum so­lo. Mieux en­core, un mois avant le « Two Vir­gins » ico­no­claste de John et Yo­ko, « Won­der­wall Mu­sic » est le pre­mier disque du nouveau la­bel Apple Records. Bande ori­gi­nale du film « Won­der­wall », il illus­trait la pas­sion de George pour Ra­vi Shan­kar. Alors que les Fab Four se dé­chirent, le ti­mide George, long­temps bri­mé par la fièvre créa­trice de ses deux aî­nés (et mal­gré tout cré­di­té au sein du groupe d’une dou­zaine de titres, dont « While My Gui­tar Gent­ly Weeps » ou « Here Comes the Sun »), pion­nier du si­tar dans l’uni­vers rock, s’a ran­chit. Et per­sé­vère avec l’avant-gar­diste « Elec­tro­nic Sound » en ex­pé­ri­men­tant les ar­canes du syn­thé­ti­seur Moog. Deux cu­rio­si­tés à re­dé­cou­vrir dans le co ret qui réunit les douze al­bums so­los de George (plus le double « Live in Ja­pan » et deux maxi-vi­nyles en bo­nus), et per­met de me­su­rer l’éten­due de son ta­lent. Rien que son triple chef-d’oeuvre, « All Things Must Past », est al­lè­gre­ment com­pa­rable aux contem­po­rains « McCart­ney » et « Plas­tic Ono Band ». A tout prendre, les élans mys­tiques de « My Sweet Lord » valent bien le poing le­vé (et cri pri­mal) du « Wor­king Class He­ro » ou l’ode à « Lo­ve­ly Lin­da » du gent­le­man-far­mer Paul. Un som­met qu’il n’at­tein­dra plus qu’épi­so­di­que­ment. De­meurent des bon­heurs tels que « Dark Horse », alors in­jus­te­ment cri­ti­qué, « Cloud Nine », en­cen­sé de son vi­vant, ou « Brain­wa­shed », en belle épi­taphe de l’An­ge­lo Mis­te­rio­so qui, à la fin de sa vie, se consi­dé­rait plu­tôt comme un jar­di­nier dans le parc de son ma­noir.

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