LES ÉTATS D’ÂME D’UN MI­LI­TANT DE DROITE ROUBAISIEN

L'Obs - - Grands Formats -

Amine El­ba­hi, 22 ans, l’avoue : par­mi les mi­li­tants LR rou­bai­siens, il doit être le seul dans sa ca­té­go­rie : d’ori­gine al­gé­rienne, ve­nu d’une cité… « Je suis de droite car je crois au tra­vail ! » Après avoir trac­té pour Bru­no Le Maire à la pri­maire, le jeune homme s’était en­ga­gé à fond pour Fillon. Et puis, bam ! Pe­ne­lo­pe­gate. « C’est sûr que les sommes sont im­por­tantes… Ma mère, elle a pas ga­gné ça en une vie. » Gê­né, le mi­li­tant conti­nuait à trac­ter, à se faire cla­quer la porte au nez, ten­tant d’y croire et nous ex­pli­quant que « peut-être que Fillon al­lait mettre les classes po­pu­laires au centre de son pro­gramme ». On a sui­vi les états d’âme d’Amine en di­rect, au fur et à me­sure des re­bon­dis­se­ments du feuille­ton. Mer­cre­di 1er mars, après la confé­rence de presse, il nous aver­tit par mes­sage que, comme son ex-champion, Bru­no Le Maire, il « [s]e met en re­trait » de la cam­pagne. Il est alors fu­rieux. Au té­lé­phone, il nous as­sure, très ému, que « la pré­si­den­tielle n’est pas au ni­veau » et même qu’il pense… ne pas vo­ter ! Un comble. Le week-end du Tro­ca­dé­ro, pour­tant, Amine va à Pa­ris. Il se tâte. Ne sait plus. Il veut « ob­ser­ver ». De toute fa­çon, Jup­pé, il n’en veut pas : « Il est trop laxiste sur la ra­di­ca­li­sa­tion. » Un su­jet cru­cial pour le jeune homme, dont la soeur est par­tie en Sy­rie en 2014… Le soir du ras­sem­ble­ment du Tro­ca­dé­ro, Amine nous laisse un mes­sage à mi­nuit : « Faut qu’on parle. J’ai évo­lué. » Amine, au­jourd’hui, ne sait plus sur quel pied dan­ser. Il veut dé­sor­mais se lais­ser le temps de ré­flé­chir. Et don­ner, qui sait, sa chance au can­di­dat Fillon. En at­ten­dant le pro­chain re­vi­re­ment ?

Amine El­ba­hi, 22 ans, l’un des rares mi­li­tants LR du coin.

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