Ba­ra­ti­nez-moi

ES­SAI COL­LEC­TIF, TRA­DUIT DE L’AN­GLAIS (ÉTATS-UNIS) PAR CH­RIS­TOPHE LUCCHESE, ZONES SEN­SIBLES, 80 P., 12 EU­ROS.

L'Obs - - Lire - DA­VID CAVIGLIOLI

DE LA RÉ­CEP­TION ET DÉ­TEC­TION DU BARATIN PSEU­DO-PRO­FOND,

Cet es­sai col­lec­tif, si­gné par six cher­cheurs en psy­cho­lo­gie, est d’une lec­ture dif­fi­cile, mais s’at­taque à un su­jet d’ac­tua­li­té : le « baratin pseu­do-pro­fond », qui « n’a ja­mais été aus­si pré­sent », dans la po­li­tique, l’en­tre­prise, la lit­té­ra­ture, la science. Les cher­cheurs dé­fi­nissent le baratin comme un énon­cé « des­ti­né à im­pres­sion­ner, […] écha­fau­dé en l’ab­sence de pré­oc­cu­pa­tion di­recte pour la vé­ri­té ». Ils ont sou­mis à leurs co­bayes des phrases gé­né­rées par al­go­rithme, comme « l’in­ex­pli­cable en­tre­prend des ex­pé­riences in­trin­sèques », et des phrases écrites par des ba­ra­ti­neurs (« la ma­tière est l’ex­pé­rience en conscience d’une réa­li­té im­ma­té­rielle plus pro­fonde », de l’écri­vain Dee­pak Cho­pra), et leur ont de­man­dé de les no­ter sur une échelle de pro­fon­deur. Il s’est trou­vé des gens pour les trou­ver vraies et pé­né­trantes. Les au­teurs étu­dient les mé­ca­nismes men­taux qui dé­ter­minent notre plus ou moins grande ré­cep­ti­vi­té aux âne­ries. Et ils nous mettent en garde : nous sommes tous des ba­ra­ti­neurs.

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