SUNTAN PAR ARGYRIS PAPADIMITROPOULOS

L'Obs - - CRITIQUES - FRAN­ÇOIS FO­RES­TIER

Co­mé­die dra­ma­tique grecque, avec Ma­kis Pa­pa­di­mi­triou, El­li Trin­gou, Di­mi Hart (1h44).

D’où sort ce film in­at­ten­du, cruel, pois­seux? Kos­tis, mé­de­cin qua­dra­gé­naire be­don­nant, dé­barque dans une île grecque iso­lée et morne. En hi­ver. Car en été, l’en­droit se trans­forme en lu­pa­nar, avec na­nas cra­quantes, boys fê­tards, tou­ristes par­tou­zards. Kos­tis – dont on ignore le pas­sé – est tour­ne­bou­lé par An­na, une ado qui se ba­lade à poil. On le com­prend : elle est su­per­sexy. Lui est li­mite ré­pu­gnant. Elle le vampe. Il la suit. Elle l’al­lume. Il flambe. Elle se fout de sa gueule. Il prend des me­sures… Sa­ga de l’hu­mi­lia­tion, amer­tume de la jeu­nesse per­due, jaillis­se­ment de l’ombre ta­pie en soi, le film est d’une du­re­té ter­rible : le contraste entre le hé­ros adi­peux, sorte de mé­duse ve­lue, et les ga­mins li­ber­tins aux corps d’Ado­nis est dé­vas­ta­teur. La dé­rive vers la noir­ceur est obli­ga­toire, et la fin, im­pré­vi­sible. Argyris Papadimitropoulos, pour son troi­sième film, trouve un ton, un style et un re­gard ébou­rif­fants.

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