10 choses à sa­voir sur… Je­rem­star

Nou­vel ami de l’“in­sou­mise” Raquel Gar­ri­do, Jé­ré­my Gis­clon se ra­conte dans un livre. “La té­lé-réa­li­té est la mai­son close du XXIe siècle”, écrit-il

L'Obs - - Sommaire - SO­PHIE GRASSIN ET NOL­WENN LE BLEVENNEC

1 LANCEUR D’ALERTE Ce blo­gueur ban­kable – 800000 eu­ros de chiffre d’affaires en 2016 – vient d’être in­tro­ni­sé chro­ni­queur dans « les Ter­riens du di­manche », sur C8, où Thier­ry Ar­dis­son le pré­sente ain­si : « Il traite tout le monde de “pute à clics” en as­su­mant être “une tête à claques”. » Il a ré­vé­lé, té­moin à l’ap­pui, que la pros­ti­tu­tion gan­gré­nait l’uni­vers de la té­lé-réa­li­té. Je­rem­star re­prend ces ac­cu­sa­tions dans un livre, « Je­rem­star, ma bio­gra­phie of­fi­cielle » (Hu­go doc édi­tions), où, de filles ca­pables de ta­pi­ner « pour une fausse paire de Lou­bou­tin » en vi­rées hard à Du­baï, il dresse un ta­bleau glau­quis­sime d’un uni­vers sur le­quel il a fait son beurre. Il a re­mis le cou­vert sur Eu­rope 1 : « Des di­ri­geants de chaînes et des pro­duc­teurs four­nissent des can­di­dates de té­lé-réa­li­té à des vieux co­chons. » Il as­sène : « Je veux pro­té­ger, aler­ter, pré­ve­nir. » 2 BUSINESSMAN Ex­pert en « peo­ple­ries » à la langue bien pen­due, l’ava­tar de Jé­ré­my sé­vit en ligne de­puis dix ans en nour­ris­sant deux sites de news à l’aide de taupes, en in­ter­vie­want les star­lettes de NRJ12 ou W9 dans son bain mous­sant et en « snap­pant » comme un ma­lade. Ré­sul­tat : plus de 1,1 mil­lion d’abon­nés à sa page You­Tube où sont réunies ses vi­déos (« Comment de­ve­nir une par­faite mo­rue de té­lé-réa­li­té? », par exemple). Quant à son compte Snapchat, il est le plus vi­sion­né de France. « Je dois ma réus­site à la numérisation du monde et à l’abê­tis­se­ment de la té­lé­vi­sion », écrit-il. 3 DÉ­BUTS Il dé­croche le bac puis deux li­cences. Mais pour de­ve­nir cette icône de la té­lé-réa­li­té, ce Ras­ti­gnac lyon­nais ne mé­nage pas sa peine : photos à poil, in­ter­ven­tions chez Mo­ran­di­ni ou Cauet (où il hurle des in­sa­ni­tés), twit­cams en­re­gis­trés de­puis la bai­gnoire de sa mère. Son man­tra de l’époque : « Bad buzz is good buzz. » 4 FEMMES Il dé­die son livre à Nelly, avec ces mots : « Par­don Ma­man. » Il au­rait aus­si pu s’ex­cu­ser au­près de Pa­ris Hilton – chez qui il a son­né en se pré­ten­dant ma­lade : au cu­lot, il pré­face sa pre­mière bio d’une phrase qu’elle n’a ja­mais pro­non­cée : « J’adore le bu­si­ness que Je­rem­star a créé au­tour de lui… Il a tout com­pris. » Ses autres co­pines? Cla­risse Mé­ri­geot, an­cienne de la presse people, qui gère ses contrats et qui a col­la­bo­ré à l’écri­ture du livre. Mais aus­si sa col­lègue des « Ter­riens », l’« in­sou­mise » Raquel Gar­ri­do. Un mois avant la pre­mière, l’avo­cate de Jean-Luc Mé­len­chon confiait dé­jà vou­loir faire de lui son al­lié ca­tho­dique. Elle a choi­si Je­rem­star et Snapchat pour ré­pondre aux ac­cu­sa­tions du « Ca­nard en­chaî­né » sur le non­paie­ment de ses co­ti­sa­tions so­ciales. 5 VO­CA­BU­LAIRE Ses apo­strophes fa­vo­rites – « Je­rem­star­lettes » ou « ver­mines » – dé­si­gnent ses fans nu­mé­riques, par­mi les­quels fi­gurent jus­te­ment les en­fants de Raquel Gar­ri­do. 6 HÉ­ROS Il ne ta­rit pas d’éloges à pro­pos du journaliste Quen­tin Gi­rard, de « Li­bé­ra­tion », qui lui a consa­cré le très culte por­trait de der­nière page. 7 GAY Au ly­cée, où sa­voir avec qui dé­jeu­ner à la can­tine lui prend une bonne se­maine, cet ad­mi­ra­teur de Stee­vy Bou­lay du « Loft » est har­ce­lé par ses congé­nères (à coups, entre autres, de « Sale pé­dé »). Il a, bien en­ten­du, ren­con­tré l’homme de sa vie sur Snapchat. 8 HOBBIES Il dit ai­mer la danse clas­sique, le trom­bone à cou­lisse, le po­ney et la clep­to­ma­nie. 9 TWIT­TER Fort de ses 1700000 fol­lo­wers, il s’en prend aus­si à la team de Cy­ril Ha­nou­na, qui l’ac­cuse de faire sa pro­mo : « Ras le bol de tous ces faux-culs. » (émo­ti­cône rouge de co­lère). 10 SO­LI­TUDE Parfait Ja­nus, Jé­ré­my Gis­clon, qui garde la té­lé al­lu­mée pour voir pas­ser des vi­sages, écrit avant tout dans l’es­poir de tuer la ma­rion­nette Je­rem­star. En exergue de son livre, cette très guille­rette ci­ta­tion de Da­li­da : « Pour ne pas vivre seul, on se fait des amis, et on les réunit quand viennent les soirs d’en­nui / On vit pour son ar­gent, ses rêves, ses pa­laces / Mais on n’a ja­mais fait un cer­cueil à deux places. »

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