L’ATE­LIER PAR LAURENT CAN­TET

L'Obs - - Critiques - NI­CO­LAS SCHALLER

Co­mé­die dra­ma­tique fran­çaise, avec Ma­ri­na Foïs, Mat­thieu Luc­ci, War­da Ram­mach (1h53).

Un été à La Cio­tat, Oli­via, ro­man­cière en vogue (Ma­ri­na Foïs, photo), di­rige un ate­lier d’écri­ture au­quel par­ti­cipent sept jeunes de la ré­gion. Un « Entre les murs » dans la gar­rigue? C’est ce que semblent an­non­cer les pre­mières scènes, l’élan et la spon­ta­néi­té en moins. Le film, heu­reu­se­ment, est ailleurs, dans le rap­port qui se crée entre Oli­via et An­toine, le so­li­taire du groupe, bloc de res­sen­ti­ments et de vio­lence ren­trée. Oli­via ai­me­rait faire d’An­toine le su­jet de son pro­chain livre, An­toine es­pionne Oli­via à ses heures per­dues. Qu’a-t-il der­rière la tête? Le sait-il lui-même? Ci­néaste du mal-être so­cial et de la ré­ten­tion émo­tion­nelle, Laurent Can­tet filme l’in­com­pré­hen­sion de deux mondes – l’in­tel­lec­tuelle pa­ri­sienne et le jeune pau­mé bor­der­line – qui ne co­ha­bitent d’or­di­naire que dans les ar­ticles des jour­naux. L’his­toire ou­vrière du port de La Cio­tat im­porte au­tant que la ci­né­gé­nie de sa côte, contre­point en­so­leillé aux sombres er­re­ments d’An­toine et dé­cor d’une scène noc­turne aux ac­cents oni­riques voire my­tho­lo­giques. On re­con­naît la patte de Ro­bin Cam­pillo, cos­cé­na­riste de ce film d’une grande pers­pi­ca­ci­té po­li­tique.

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