NAIS­SANCE D’UNE MARQUE

L'officiel Hommes - - NEWS - pop sto­ry Au­teur LAURENT-DA­VID SA­MA­MA

Il ap­pa­raît le crâne dé­gar­ni, la dic­tion lente et la che­mise im­pec­ca­ble­ment re­pas­sée. En le dé­cou­vrant ain­si, à mille lieues de l’étu­diant hir­sute QU’IL ÉTAIT à LA fin DES SIXTIES, ON A DU MAL à croire que John Pasche fut à l’ori­gine d’une fu­rieuse et bruyante conquête. ET POUR­TANT, C’EST BIEN LUI QUI SE CONFIE au­jourd’hui. Un vé­ri­table gé­nie. Fi­gurent dans son CV de di­rec­teur ar­tis­tique re­cher­ché plu­sieurs poin­tures FLEURANT BON LE ROCK DES SE­VEN­TIES : Bo­wie, Mccart­ney, les Who, Je­thro Tull. Mais rien d’aus­si consi­dé­rable que sa pièce maî­tresse, un des lo­gos les plus mar­quants du XXE SIÈCLE : le “Rol­ling Stones Lips and Tongue”, com­mu­né­ment ap­pe­lé “The Big Red Mouth” ou “Hot Lips”. Voyez ces lèvres rouge ver­millon, char­nues, SUR LES­QUELLES SE RE­FLÈTE LA LU­MIÈRE. CES DENTS d’une blan­cheur im­ma­cu­lée. Et cette langue, in­dé­cente, ti­rée à la face du monde, de la BOURGEOISIE ET DE L’ESTABLISHMENT : un vé­ri­table ap­pel sen­suel à la ré­bel­lion !

RÉ­BEL­LION POST-ADO­LES­CENTE

Avec les an­nées, la bouche hy­per­tro­phiée – ON DI­RAIT AU­JOURD’HUI BOTOXÉE – S’EST MISE à sym­bo­li­ser la fougue post-ado­les­cente d’une BANDE DE BAD BOYS LONDONIENS. PATRONYMES : Jag­ger, Ri­chards, Tay­lor, Wy­man et Watts. Comme sou­vent dans ce genre d’épo­pée, tout com­mence par un concours de CIR­CONS­TANCES. PASCHE RA­CONTE : “J’ai dé­bu­té mon mas­ter en gra­phic de­si­gn au Royal Col­lege of Art de Londres en 1967. On nous y en­sei­gnait la mé­thode sui­vante : tou­jours par­tir d’un concept ori­gi­nal pour abou­tir à la vi­sua­li­sa­tion concrète de cette idée. J’étais alors ob­sé­dé par le pop art amé­ri­cain, les oeuvres de Man Ray et de Ma­gritte. Le tour­nant s’est pro­duit au cours de ma dernière an­née, en 1970. Les Rol­ling Stones ont alors ap­pe­lé le Royal Col­lege, de­man­dant s’il pou­vait en­voyer un de leurs étu­diants pour ren­con­trer Mick (Jag­ger, ndlr). Le but était DE CRÉER L’AF­FICHE DE LEUR PRO­CHAINE TOUR­NÉE eu­ro­péenne. J’y suis al­lé, ai des­si­né cette AF­FICHE ET PUISQUE LE GROUPE SEM­BLAIT SA­TIS­FAIT de ce pre­mier tra­vail, Mick m’a ré­in­vi­té à l’oc­ca­sion d’une séance de brains­tor­ming au­tour de leur nou­veau lo­go.” Nous sommes alors au tout dé­but de la dé­cen­nie 1970. Les Stones se sont li­bé­rés de la ma­jor Dec­ca et en­re­gistrent dé­sor­mais

1978, la sho­cking langue existe dé­jà de­puis sept ans, et Mick (Jag­ger) l’ar­bore fiè­re­ment sur scène, aux cô­tés de Keith (Ri­chards) et de Ron­nie (Wood) à la gui­tare, du bas­siste Bill (Wy­man) et du bat­teur Char­lie (Watts).

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