Come Chan­trel

vp mar­ke­ting chez loud/src re­cords de 1993 à 2004

L'officiel Hommes - - ÉDITO -

“C’est New York qui a fait les ‘Air Force One’. Ma pre­mière paire date de 1989, ache­tée au coin de Broad­way et de la 8e rue : des ‘High Black on Black’. Le concept des snea­kers ré­tro n’exis­tait pas en­core, et c’était ce qui se fai­sait de mieux dans les rues de Man­hat­tan. Mais si New York avait vingt ans d’avance, il était im­pos­sible de les por­ter ailleurs, ne se­rait-ce qu’à Pa­ris. La mode était aux Jor­dans et à l’ul­tra­tech­nique. Les ‘Air Force One’ avaient cu­rieu­se­ment un cô­té ‘cheap’. Elles se sont pour­tant ra­pi­de­ment im­po­sées comme le mus­thave d’une gé­né­ra­tion, et pas seule­ment à Brook­lyn ou Har­lem. À une époque où per­sonne en­core ne col­lec­tion­nait les snea­kers, qui étaient le pro­duit d’une sai­son (en cham­pion­nat) pas plus, elles sont de­ve­nues des chaus­sures ré­fé­rentes, au même titre qu’une paire de John Lobb ou de Al­den. Puis il y a eu un se­cond vi­rage au dé­but des an­nées 2000, quand Jay-z et Da­mon Dash ont im­po­sé leur style au reste du monde. Les AF1 ‘White on White’, les pré­fé­rées de Jay-z, sont de­ve­nues un sym­bole de réus­site. Elles se de­vaient d’être neuves, ‘ fresh out the box’, et les deux avaient po­pu­la­ri­sé le ‘one burn’ : on ne les por­tait qu’une seule fois. Il était donc fré­quent d’ache­ter la paire en dix exem­plaires. Tout ça sans un dol­lar de mar­ke­ting in­ves­ti par Nike entre 1982 et 2005, an­née où les ventes D’AF1 ont dé­pas­sé le mil­liard de dol­lars !”

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