Mi­chel Gon­dry

L'officiel Hommes - - ÉDITO -

le réa­li­sa­teur a été choi­si par apple pour tour­ner Un court-mé­trage de onze Mi­nutes avec l’iphone 7+.

“Un tel tour­nage [per­met] de fil­mer dans des pay­sages peu ac­ces­sibles.” “Au fil des ans, les ca­mé­ras qui étaient lourdes et vo­lu­mi­neuses se sont mi­nia­tu­ri­sées, de­ve­nant plus lé­gères. On a vu le ci­né­ma évo­luer vers des prises de vue plus im­pro­bables. Quand j’ai uti­li­sé l’iphone pour tour­ner Dé­tour, je vou­lais re­ve­nir à une cer­taine so­brié­té et à des mou­ve­ments de ca­mé­ra plus lents. Un tel tour­nage offre des atouts, dont le plus im­por­tant est le gain en spon­ta­néi­té et la pos­si­bi­li­té de fil­mer dans des pay­sages peu ac­ces­sibles. Comme cette ri­vière où se perd le tri­cycle et où, grâce au smart­phone, on a pu tour­ner des scènes de ra­len­ti. J’ai uti­li­sé l’ac­cé­lé­ré pour ac­cen­tuer la co­mé­die et don­ner un cô­té un peu dé­ca­lé, voire dé­col­lé, de la réa­li­té. Comme les illu­sions d’op­tique qui per­mettent un genre de dé­ca­lage dans l’échelle des ob­jets : lorsque le tri­cycle contourne la voi­ture, on réa­lise tout à coup qu’il me­sure trois mètres de haut. Il y a là un as­pect mons­trueux et en même temps co­mique. Pour la scène de nuit, j’ai cher­ché à re­pro­duire l’ef­fet de la pé­nombre le plus hon­nê­te­ment pos­sible : mon chef opé­ra­teur a ajus­té l’ex­po­si­tion de l’iphone de ma­nière très pré­cise, de fa­çon à équi­li­brer la lu­mière am­biante avec celle de l’in­té­rieur des tentes. L’ani­ma­tion m’a tou­jours pas­sion­né, c’est la ré­in­ven­tion du ci­né­ma à chaque image. Je m’en suis ser­vi pour des­si­ner le mot ‘dé­tour’ dans le gé­né­rique, qui, lors­qu’on pro­jette le film, semble s’écrire tout seul, comme par ma­gie.”

Sur le tour­nage de Dé­tour.

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