LE BAD TRIP

Magicmaman - - Beauté -

« Mon père est dé­cé­dé sou­dai­ne­ment. Théo (5 ans) sui­vait son grand-père par­tout, ils pas­saient beau­coup de temps en­semble. Théo n’ar­rête pas de po­ser des ques­tions… “Il est où Pa­py ? Il re­vien­dra quand ?” Il voit toute la fa­mille en deuil et je ne vous cache pas que je ne peux pas m’em­pê­cher de pleu­rer de­vant lui. Com­ment puis je l’ai­der à com­prendre à sa fa­çon ? » Del­phine

LE PRO­BLÈME

D’abord mes condo­léances Del­phine, ce n’est pas fa­cile de gé­rer son deuil et en même temps le deuil de son en­fant. Théo ne com­prend pas très bien ce qui se passe mais il pa­nique quand il voit des adultes en larmes et il veut vous conso­ler.

THE SO­LU­TION

Mal­heu­reu­se­ment, il n’y a pas une so­lu­tion ma­gique qui en­lè­ve­rait les dou­leurs du dé­cès d’un proche. Le deuil se gère au cas par cas – sui­vant l’âge et la sen­si­bi­li­té – mais des mes­sages im­por­tants doivent être pas­sés : la mort est na­tu­relle, tout naît et tout meurt. Il faut faire attention aux mots, es­sayez de trou­ver une fa­çon pas trop bru­tale… mais par­lez­lui avec des mots vrais : être mort, c’est ne plus bou­ger, ne plus par­ler, ne plus res­pi­rer, ne plus rire… Les dis­cours « Pa­py a dis­pa­ru/ s’est en­dor­mi/est par­ti » sont an­gois­sants pour beau­coup d’en­fants qui se de­mandent « Et si moi aus­si je dis­pa­rais­sais ? » Vos ex­pli­ca­tions dé­pen­dront de vos croyances mais il ne faut pas ou­blier que l’ima­gi­naire est riche à cet âge et que Théo va prendre vos ex­pli­ca­tions à la lettre. Cer­taines mé­ta­phores peuvent l’ai­der. Dites-lui que son grand-père était ma­lade mais qu’il a bien vé­cu. Evo­quez sou­vent les mo­ments heu­reux pas­sés avec lui. Par­ta­gez avec l’en­tou­rage les mots et les images que vous uti­li­sez pour que tout le monde donne, à peu près, la même ver­sion des faits. Vous pou­vez aus­si le ren­voyer à son in­ter­ro­ga­tion, pour voir ce qu’il pense, ce qu’il a dé­jà com­pris sur la mort. Un livre, adap­té à son âge bien en­ten­du, peut aus­si l’ai­der.

ET LA SUITE ?

Pour les fu­né­railles, il est im­por­tant pour l’en­fant d’y as­sis­ter mais seule­ment s’il le sou­haite et s’il est bien en­tou­ré. Théo ne gar­de­ra hé­las la mé­moire de son Pa­py que du­rant un ou deux ans MAIS ce que Pa­py a trans­mis res­te­ra tou­jours. Vous pou­vez réa­li­ser un al­bum de pho­tos des grands mo­ments par­ta­gés et vous pou­vez aus­si lui pro­po­ser un ob­jet ayant ap­par­te­nu à son Pa­py, Théo se­ra fier de le pos­sé­der !

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