Education po­si­tive Mon en­fant ne veut ja­mais ran­ger

La pa­ren­ta­li­té po­si­tive est une phi­lo­so­phie de vie qui fa­vo­rise l’au­to­no­mie et la confiance en soi des en­fants. Conseils pour les édu­quer avec bien­veillance.

Magicmaman - - Sommaire - AVEC CA­THE­RINE DUMONTEIL-KRE­MER (CDUMONTEILKREMER.COM)

POUR­QUOI MON EN­FANT SE BRAQUE-T-IL CHAQUE FOIS

QUE JE LUI DE­MANDE DE RAN­GER SES JOUETS ?

Un en­fant n’est pas pro­gram­mé pour ran­ger sa chambre ou ses jouets. Vers 2 ans, il marche de­puis peu, et a be­soin de repères dans son en­vi­ron­ne­ment. Chaque ob­jet va être alors ré­vé­la­teur d’un lieu, qu’il va vou­loir in­ves­tir à son tour avec ses jouets, en mettre par­tout, sans for­cé­ment ja­mais vou­loir les ran­ger ! Il ne faut pas ou­blier non plus qu’un en­fant, avant de jouer vé­ri­ta­ble­ment, a be­soin de se créer tout un uni­vers. Et c’est pile au mo­ment où il a en­fin ter­mi­né de dis­po­ser ses fi­gu­rines et tous ses élé­ments qu’on lui de­mande de pas­ser à table. Le jeu n’a pas même pas com­men­cé que c’est dé­jà ter­mi­né… nor­mal qu’il ne veuille pas ran­ger !

COM­MENT L’Y EN­COU­RA­GER ?

Tout d’abord, en ar­rê­tant d’ache­ter des ba­bioles in­utiles. Les po­chettes-sur­prises, les ca­deaux des me­nus en­fants… tout ça pol­lue sa chambre – qui a be­soin d’un es­pace sim­pli­fié, avec par exemple des sacs ac­cro­chés au mur pour chaque type de jouets. D’ailleurs, mieux vaut faire tour­ner ses jouets que de les lui pro­po­ser tous en même temps, en­tas­sés dans un seul coffre. Ça donne une illu­sion de ran­ge­ment alors que c’est juste un énorme ba­zar, dans le­quel l’en­fant ne va même plus re­trou­ver toutes les pièces d’un même jeu… En­suite, on l’ac­com­pagne dans le ran­ge­ment. Il le fe­ra d’au­tant plus vo­lon­tai­re­ment que ce n’est pas pré­sen­té comme une pu­ni­tion, et que nous y pre­nons nous-même du plai­sir. Evi­dem­ment, «Mon fils avait l’im­pres­sion que je le pu­nis­sais chaque fois que je lui de­man­dais de ran­ger ses jouets. Pour lui don­ner un cadre, j’uti­lise le sa­blier d’un de ses jeux de société, et lui de­mande de ran­ger au­tant que pos­sible pen­dant ce laps de temps. Comme il sait que ce­la ne dure pas in­dé­fi­ni­ment, il n’a plus l’im­pres­sion que la tâche est in­sur­mon­table et, bien sou­vent, il fi­nit tout avant, très fier de lui!» SA­RAH, MA­MAN D’ADAM, 4 ANS. si Lou­lou nous voit tou­jours en train de râ­ler et de nous vic­ti­mi­ser au mo­ment de faire de l’ordre, il au­ra tôt fait de com­prendre que ce n’est pas une tâche in­té­res­sante !

In­utile de dé­tour­ner le ran­ge­ment en jeu et de ber­ner votre en­fant. Le but est de lui ap­prendre que, même si ça peut pa­raître en­nuyeux, le bé­né­fice re­cueilli de vivre dans un en­droit cha­leu­reux est bien plus sa­tis­fai­sant. Ran­ger n’a ain­si rien d’obli­ga­toire ou d’in­dis­pen­sable, et n’em­brasse au­cune ver­tu édu­ca­tive. Pas de pa­nique donc si votre pe­tit est un « bor­dé­lique » in­vé­té­ré : ce­la ne veut cer­tai­ne­ment pas dire qu’il manque de struc­ture, ou se­ra un désor­ga­ni­sé pa­tho­lo­gique plus tard !

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