La ferme de saint simeon

Maisons Normandie - - Sommaire - Re­por­tage : Mi­chel Her­man – Pho­tos : D.R.

Les pay­sages chan­geants de l'es­tuaire de la Seine donnent à la Ferme Saint Si­méon une am­biance sans cesse re­nou­ve­lée. Nous sommes au pays des lu­mières éva­nes­centes où les ciels se mé­ta­mor­phosent d'ins­tant en ins­tant. Le charme dé­li­cat et fu­gace de l'es­tuaire qui ins­pi­ra tant les peintres du XIXE siècle !

Au mi­lieu du XIXE siècle, la Ferme de Si­méon fut l'un des ber­ceaux de l'im­pres­sion­nisme. A Hon­fleur, des peintres au­jourd'hui cé­lèbres ve­naient trou­ver la lu­mière mer­veilleuse de l'eau, des ciels et des jar­dins. « Oh ! Saint-si­méon ! Il y au­rait une belle lé­gende à écrire sur cette hos­tel­le­rie ! Que de gens y ont pas­sé et des cé­lèbres à ma suite ! » Plus d'un siècle après que le peintre Eu­gène Bou­din ait écrit ces lignes dans ses car­nets (1896), Christine et Jean-ma­rie Boe­len, pro­prié­taire de ces lieux ma­giques sur les hau­teurs d'hon­fleur, per­pé­tuent la lé­gende. Belle mai­son Nor­mande du XVIIE siècle, la Ferme Saintsi­méon, offre une vue pa­no­ra­mique sur l'es­tuaire de la Seine dont la lu­mière fas­ci­na les jeunes maîtres de l'im­pres­sion­nisme. Entre 1825 et 1865, la cé­lèbre « Au­berge de la Mère Tou­tain » fut le ren­dez-vous des ar­tistes qui don­nèrent nais­sance à l'école de Hon­fleur, trait d'union entre l'ecole de Bar­bi­zon et l'im­pres­sion­nisme.

Fas­ci­nés après Co­rot et Isa­bey, par la lu­mière de l'es­tuaire, les peintres Cour­bet, Ba­zille, Dau­bi­gny, Diaz, Tryon, Cals, Du­bourg, Jong­kind, Bou­din, Mo­net, Sis­ley et bien d'autres fré­quen­tèrent l'au­berge te­nue par la cé­lèbre « Mère Tou­tain » qui ver­sait gé­né­reu­se­ment le cidre sous les pom­miers. Au­jourd'hui, les vi­si­teurs peuvent y goû­ter les plai­sirs de la vie tout en contem­plant l'es­tuaire, tan­dis que passent tou­jours « les Mer­veilleux Nuages » que les Im­pres­sion­nistes vou­laient ap­pri­voi­ser. Per­chée dans la ver­dure, sur les hau­teurs d'hon­fleur, la Ferme ap­pa­raît avec sa fa­çade pla­quée d'ar­doises en deux tons et la sta­tue de Saint-si­méon qui sa­lue chaque vi­si­teur à son en­trée. Les che­mi­nées, les poutres de chêne mas­sives, les dal­lages et autres élé­ments qui re­haussent les chambres, le res­tau­rant et le bar ré­amé­na­gé dis­posent d'élé­ments pro­ve­nant des vieilles mai­sons de la cam­pagne nor­mande alen­tour. La belle ferme res­tau­rée, de­ve­nue Re­lais & Châ­teaux, per­pé­tue la tra­di­tion d'ac­cueil dans l'at­mo­sphère d'ori­gine.

Un ca­chet d'au­berge nor­mande cos­sue avec ses poutres ap­pa­rentes, to­mettes an­ciennes, pan­neaux de chêne et che­mi­nées.

Cô­té res­tau­rant, le Chef Mi­ckaël Le­lièvre est en ter­rain connu puis­qu'une par­tie de son par­cours s'est faite dans cet éta­blis­se­ment. Il a dé­mar­ré sa car­rière au Pré Ca­te­lan, au­près de Fré­dé­ric An­ton. Avant une pre­mière ex­pé­rience à la Ferme Saint-si­méon, puis en Bre­tagne, aux cô­tés de Pa­trice Caillault, au Do­maine de Ro­che­vi­laine. Il se­ra en­suite chef à la Chau­mière, à Va­souy, tout près d'hon­fleur, avant de re­ve­nir à ses pre­mières amours, à la Ferme. Quant aux chambres et suites, elles ont toutes une per­son­na­li­té dif­fé­rente, ma­riant meubles de la Mai­son Fla­mant, ma­té­riaux nobles et dé­tails raf­fi­nés. Jux­ta­po­sant des styles d'hier et d'au­jourd'hui, elles offrent une dé­co­ra­tion vo­lon­tai­re­ment tra­di­tion­nelle, mais in­con­tes­ta­ble­ment mo­derne et contem­po­raine : lustres et ap­pliques en cris­tal de Ve­nise (Vé­ro­nèse) pour cer­taines, salles de bains en marbre, boi­se­ries… Un uni­vers au luxe dis­cret et au charme in­ti­miste.

La ferme est la mai­son prin­ci­pale avec vue sur l'es­tuaire et les jar­dins qui abritent le Pres­soir construit dans le style des pres­soirs à cidre d'au­tre­fois.

Per­chée dans la ver­dure, sur les hau­teurs d'hon­fleur, la Ferme ap­pa­raît avec sa fa­çade pla­quée d'ar­doises en deux tons.

Ci-des­sous : tout est pen­sé pour créer un équi­libre entre le contem­po­rain et le tra­di­tion­nel, l'au­then­tique et le raf­fi­né,

l'élé­gant et l'humble, l'in­ti­miste et le cha­leu­reux.

Ci-des­sus : dans un dé­cor à la Flau­bert, de nom­breux ta­bleaux im­pres­sion­nistes font re­vivre l'at­mo­sphère de l'époque.

Ci-des­sus : par­quet de chêne, boi­se­ries et fau­teuils de la Mai­son Fla­mant.

Page de gauche, en haut : l'an­cien ate­lier de Co­rot dont la grande baie donne sur l'es­tuaire.

Ci-contre : les chambres, qui ser­virent par­fois d'ate­liers im­pro­vi­sés, ont été soi­gneu­se­ment res­tau­rées. Celle-ci est dé­diée à Eu­gène Bou­din. Boi­se­ries et ap­pliques de chez Vé­ro­nèse en cris­tal de Ve­nise.

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