LA PAS­SION DU LIN

Maisons Normandie - - Sommaire - Cré­dit pho­tos : Sé­bas­tien Rande – Texte : M.A. BENJAMIN

Ini­tiée après la guerre par leurs ar­rières grands-pères, la culture du lin tex­tile est dé­sor­mais mise en oeuvre par Ca­mille et Alexis, in­gé­nieurs agroa­li­men­taire et agri­cole. Pas­sion­nés par cette fibre aux qua­li­tés ex­cep­tion­nelles, no­tam­ment pour le som­meil, ils ont éla­bo­ré une gamme de linge de lit au ca­rac­tère unique. At­ta­chés à leurs ra­cines pay­sannes et à leur ter­roir, ils pro­posent des pro­duits is­sus d'une fi­lière cer­ti­fiée et éco­res­pon­sable.

Les li­ni­cul­teurs savent que de leur culture dé­pen­dra la qua­li­té du fil de lin. À chaque étape, ils mobilisent leurs com­pé­tences, leur pa­tience et leur sa­voir-faire, sou­cieux d'ap­por­ter les soins ap­pro­priés, avec la ri­gueur qui les ca­rac­té­rise. Pour ob­te­nir de beaux lins, sains et de qua­li­té, ils res­pectent une ro­ta­tion de 6 à 7 ans entre deux cultures. Cette ro­ta­tion em­pêche cer­tains pa­ra­sites de s'ins­tal­ler et, de plus, per­met de ne pas épui­ser les sols. Le lin est un pro­duit d'ex­cel­lence en Eu­rope et par­ti­cu­liè­re­ment en France, parce que plu­sieurs condi­tions sont réunies pour la réus­site de sa culture : des sols adap­tés : terres li­mo­neuses, pro­fondes, struc­tu­rées, et des condi­tions cli­ma­tiques fa­vo­rables : ré­gions tem­pé­rées et hu­mides. L'agri­cul­teur uti­lise des semences qui ont été pro­duites spé­cia­le­ment pour ob­te­nir des beaux lins. Il est as­su­ré d'avoir ain­si des semences sans graines de mau­vaises herbes et avec un ni­veau de ger­mi­na­tion très éle­vé. L'ob­jec­tif est d'ob­te­nir une tige pour chaque graine. Les semences sont contrô­lées et cer­ti­fiées par le Mi­nis­tère de l'agri­cul­ture.

Le lin culti­vé en Nor­man­die est ré­pu­té le meilleur du monde

Le "rouis­sage" dure entre 20 et 90 jours, sui­vant la météo

Ca­mille et Alexis pro­duisent sur une ving­taine d'hec­tares au sein de l'ex­ploi­ta­tion fa­mi­liale. Le teillage (qui consiste à sé­pa­rer les graines des pailles) est la 1ère étape de trans­for­ma­tion. Elle est as­su­rée par Terre de Lin, 1ère coo­pé­ra­tive Européenne, spé­cia­li­sée dans la culture et la trans­for­ma­tion du lin tex­tile de la se­mence à la fibre. Ses 600 agri­cul­teurs adhé­rents et 220 sa­la­riés par­tagent la même pas­sion du lin, l'exi­gence de la qua­li­té et de l'in­no­va­tion. Ils s'at­tachent à conser­ver un sa­voir-faire spé­ci­fique en fai­sant évo­luer les pra­tiques en termes de pro­duc­tion, de res­pect de l'en­vi­ron­ne­ment et d'en­ga­ge­ment so­cié­tal. La coo­pé­ra­tive re­pré­sente 15 % de la pro­duc­tion mon­diale de lin. Elle est l'ac­teur ma­jeur de l'amont de la fi­lière lin tex­tile.

Le ter­roir « idéal » du lin se si­tue entre Caen et le Tré­port

En Nor­man­die, entre terre et mer, se concentrent en une rare al­chi­mie tous les élé­ments fa­vo­rables à la culture d'un lin d'ex­cep­tion. Al­liance entre une météo ca­pri­cieuse, al­ter­nant pluie et so­leil, des sols de li­mon pro­fond uniques, et un sa­voir­faire trans­mis de gé­né­ra­tion en gé­né­ra­tion, le lin est une culture bien en­ra­ci­née dans le ter­roir nor­mand. La plante reste en terre 100 jours, puis est dé­po­sée sur le sol plu­sieurs se­maines pour son « rouis­sage ». Chaque an­née, en fonc­tion des condi­tions mé­téo­ro­lo­giques du­rant cette phase, la teinte du lin se­ra dif­fé­rente, pro­dui­sant ain­si un nou­veau mil­lé­sime. Si vous sou­hai­tez ren­con­trer Ca­mille et Alexis pour vi­si­ter leurs champs de lin ain­si que sa trans­for­ma­tion en pro­duit tex­tile, ils vous re­ce­vront avec grand plai­sir sur ren­dez-vous.

La fleur de lin est le plus sou­vent bleue. Elle peut être aus­si blanche ou vio­lette. Elle s'ouvre le ma­tin et ses pé­tales tombent avec le so­leil de l'après-mi­di. Le spec­tacle des champs de lin bleus est donc plu­tôt ré­ser­vé aux "lève-tôt" !

Ca­mille et Alexis, les fon­da­teurs de la so­cié­té Em­brin.

Ré­colte de la graine de lin pour les se­mis de l'an­née sui­vante.

Pour ob­te­nir des fibres fines, les graines de lin sont se­mées très ser­rées aux en­vi­rons de 2 000 graines au m². La terre doit être pré­pa­rée fi­ne­ment pour que chaque graine lève ra­pi­de­ment et de fa­çon ho­mo­gène.

Ci-des­sus : Le rouis­sage pro­voque la dé­com­po­si­tion de ce qui tient les fibres à la paille. Ce sont les élé­ments na­tu­rels de la terre (mi­cro-or­ga­nismes) et l'eau de pluie qui font le tra­vail ! Les li­ni­cul­teurs doivent sur­veiller ré­gu­liè­re­ment l'avan­ce­ment du rouis­sage pour ren­trer le lin au bon stade avant que la fibre soit elle-même dé­gra­dée. Ci-contre : Alexis ana­lyse le rouis­sage du lin dans un champ fa­mi­lial.

Ci-des­sus : Près du lit­to­ral, la culture du lin s'épa­nouit dans les meilleures condi­tions. Ci-des­sous : Tri qua­li­ta­tif de la fi­lasse de lin.

Ci-des­sus : Un créa­teur nor­mand de linge de lit en lin.

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