Les der­niers mois de L’an­née

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sont tra­di­tion­nel­le­ment mis à pro­fit par les contribuables pour ré­duire leur im­pôt sur le re­ve­nu et leur im­pôt de so­li­da­ri­té sur la for­tune pour les foyers qui y sont as­su­jet­tis. De nom­breuses so­lu­tions peuvent en ef­fet être ac­ti­vées jus­qu’à l’ul­time mo­ment pour dé­fis­ca­li­ser une par­tie de ses re­ve­nus. At­ten­tion tou­te­fois à ne pas faire le mau­vais choix. Pour ne pas se trom­per, bien dé­fi­nir ses ob­jec­tifs doit être la prio­ri­té. En­core une fois cette an­née, de nom­breux Fran­çais de­vraient at­tendre le der­nier mo­ment pour pen­ser à ré­duire leurs im­pôts pour 2016. at­ten­tion, l’hor­loge tourne et le 31 dé­cembre 2015 ap­proche. Si d’ici là vous n’avez tou­jours pas ef­fec­tué les dé­marches né­ces­saires, vous de­vrez pa­tien­ter une an­née de plus pour ré­duire votre fac­ture fis­cale. Pour ne pas pas­ser à cô­té d’éco­no­mies d’im­pôt sub­stan­tielles, vous de­vez agir main­te­nant, mais pas n’im­porte com­ment. Le point sur vos pos­si­bi­li­tés jus­qu’à la fin de l’an­née en fonc­tion de votre pro­fil.

sous­crip­tion en di­rect au ca­pi­tal de pme

Si votre im­pôt sur le re­ve­nu se chiffre à plu­sieurs mil­liers d’eu­ros, dé­fis­ca­li­ser une par­tie de vos re­ve­nus en sous­cri­vant des titres d’en­tre­prise lors d’une aug­men­ta­tion de ca­pi­tal par exemple est un le­vier ef­fi­cace. En in­ves­tis­sant dans une PME de moins de cinq ans em­ployant moins de 50 sa­la­riés et réa­li­sant un chiffre d’af­faires an­nuel in­fé­rieur à 10 mil­lions d’eu­ros, vous pou­vez bé­né­fi­cier d’un avan­tage fiscal consé­quent. À la clé en ef­fet, une ré­duc­tion d’im­pôt de 18% des mon­tants en­ga­gés dans la li­mite de 50.000 eu­ros pour un cé­li­ba­taire et de 100.000 eu­ros pour un couple, pour un gain maxi­mum de 9.000 eu­ros, voire 18.000 eu­ros si vous êtes ma­rié. Mais avant de vous lan­cer dans une telle opé­ra­tion, vous de­vez prendre plu­sieurs pré­cau­tions. Tout d’abord, in­ves­tir dans une en­tre­prise né­ces­site de la connaître. « Il faut une op­por­tu­ni­té, pré­cise un pro­fes­sion­nel de la ges­tion de pa­tri­moine. C’est un en­ga­ge­ment réel visà-vis du chef d’en­tre­prise. » un aver­tis­se­ment re­layé par le di­rec­teur du mas­tère pa­tri­moine et im­mo­bi­lier de Kedge Bu­si­ness School Eric Pi­chet : « Tout dé­pend si vous connais­sez vrai­ment bien l’en­tre­prise car le

l’in­ves­tis­se­ment dans les en­tre­prises, pour les « gros » contribuables

pre­mier cri­tère d’in­ves­tis­se­ment est la qua­li­té du ma­na­ge­ment. Si vous connais­sez le di­ri­geant d’un point de vue pro­fes­sion­nel, vous pour­rez in­ves­tir di­rec­te­ment. » autre point d’at­ten­tion, vé­ri­fier que l’en­tre­prise rem­plit bien tous les cri­tères. « Il suf­fit qu’un seul ne soit pas rem­pli pour qu’il y ait risque de re­qua­li­fi­ca­tion par l’ad­mi­nis­tra­tion fis­cale », sou­ligne Eric Pi­chet. L’aide d’un conseiller en ges­tion de pa­tri­moine peut ici s’avé­rer pré­pon­dé­rante pour in­ves­tir en toute tranquillité. quoi qu’il en soit, l’in­ves­tis­se­ment en ca­pi­tal reste ris­qué et les mon­tants pla­cés sont blo­qués jus­qu’à la fin de la cin­quième an­née sui­vant votre prise de par­ti­ci­pa­tion. au­tant de contraintes à prendre en compte avant de pas­ser à l’acte. En­fin, si vous êtes as­su­jet­ti à l’im­pôt de so­li­da­ri­té sur la for­tune (ISF), l’in­ves­tis­se­ment dans une PME oc­troie une ré­duc­tion d’isf de 50% dans un pla­fond de 90.000 eu­ros, soit au maxi­mum 45.000 eu­ros. Cet avan­tage ne pou­vant être cu­mu­lé avec la ré­duc­tion d’im­pôt sur le re­ve­nu, « un contri­buable peut par­fois avoir in­té­rêt à op­ter pour l’avan­tage ISF. L’ef­fet de le­vier peut être plus im­por­tant », conseille un pro­fes­sion­nel de la ges­tion de pa­tri­moine.

la mu­tua­li­sa­tion du risque avec les Fip/fcpi

Si l’in­ves­tis­se­ment di­rect dans une PME vous pa­raît trop aléa­toire, op­ter pour la mu­tua­li­sa­tion du risque en sous­cri­vant des parts de fonds com­muns de pla­ce­ment dans l’in­no­va­tion (FCPI) ou de fonds d’in­ves­tis­se­ment de proxi­mi­té (FIP) peut être ras­su­rant. La ges­tion de ces fonds est confiée à des pro­fes­sion­nels qui se chargent d’in­ves­tir dans des en­tre­prises. Pour un ti­cket d’en­trée mi­ni­mum de 500 eu­ros, vous pou­vez ob­te­nir une ré­duc­tion d’im­pôt de 18%. L’in­ves­tis­se­ment maxi­mum pris en compte est de 12.000 eu­ros, ou 24.000 eu­ros pour un couple, pour un avan­tage li­mi­té à 2.160 eu­ros ou 4.320 eu­ros pour un couple. ici en­core, quelques pré­cau­tions s’im­posent, rap­pelle Eric Pi­chet. « Il faut ab­so­lu­ment pen­ser à vé­ri­fier le sé­rieux de l’en­tre­prise et le ni­veau des frais. Leur mon­tant peut at­teindre ce­lui de l’avan­tage fiscal », aver­tit-il.

plus de choix avec le crowd­fun­ding

Der­nière so­lu­tion à étu­dier, le crowd­fun­ding ou plus pré­ci­sé­ment l’equi­ty crowd­fun­ding. in­ves­tir via une pla­te­forme de fi­nan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif per­met en ef­fet de mu­tua­li­ser le risque en fi­nan­çant plu­sieurs en­tre­prises. Mais, comme pour l’in­ves­tis­se­ment en di­rect dans une PME, le risque de faillite est tou­jours pré­sent. Eric Pi­chet re­com­mande ici en­core de n’in­ves­tir que dans des en­tre­prises que vous connais­sez et de « ne ja­mais mé­lan­ger les re­la­tions fa­mi­liales et af­fec­tives avec l’in­ves­tis­se­ment ». La via­bi­li­té du pro­jet doit donc pas­ser avant toute chose.

scpi Fis­cales, pour dé­fis­ca­li­ser juste ce qu’il Faut

al­ter­na­tive à l’in­ves­tis­se­ment im­mo­bi­lier en di­rect, les SCPI peuvent aus­si ser­vir à dé­fis­ca­li­ser. un in­ves­tis­se­ment souple à l’en­trée per­met­tant d’ajus­ter l’avan­tage fiscal pré­ci­sé­ment mais qui re­quiert une longue dé­ten­tion. in­ves­tir dans les so­cié­tés ci­viles de pla­ce­ment im­mo­bi­lier (SCPI) fis­cales vise un ob­jec­tif : dé­fis­ca­li­ser à l’eu­ro près. Plus qu’une arme de dé­fis­ca­li­sa­tion mas­sive, la SCPI fis­cale s’en­vi­sage da­van­tage comme un com­plé­ment à d’autres in­ves­tis­se­ments de dé­fis­ca­li­sa­tion afin d’ef­fa­cer ce qui peut en­core l’être. En échange de l’ac­qui­si­tion de parts d’une SCPI fis­cale, vous pro­fi­tez d’un avan­tage fiscal pro­por­tion­nel à votre pla­ce­ment. il peut être dé­li­vré sous forme de ré­duc­tion d’im­pôt (Pi­nel, Mal­raux) ou de dé­fi­cit fon­cier.

trois Fa­milles

Les trois types de SCPI fis­cales pré­sentent des ca­rac­té­ris­tiques bien dis­tinctes. Les so­cié­tés es­tam­pillées Pi­nel, au nombre de quatre en 2015, per­mettent de ré­duire son im­pôt sur le re­ve­nu en échange d’un in­ves­tis­se­ment mi­ni­mal variant de 1.500 à 8.000 eu­ros, à hau­teur de 12 ou 21% de la sous­crip­tion sui­vant les so­cié­tés. at­ten­tion tou­te­fois, cette ré­duc­tion d’im­pôt est sou­mise au pla­fon­ne­ment des niches fis­cales à 10.000 eu­ros, ce qui jus­ti­fie d’au­tant plus son ca­rac­tère de dé­fis­ca­li­sa­tion de com­plé­ment. Les SCPI Mal­raux se si­tuent dans une op­tique si­mi­laire, en dé­pit de leur fonc­tion­ne­ment un peu plus com­plexe. En ef­fet,

la ré­duc­tion d’im­pôt ne cor­res­pond pas aux 22 ou 30% pro­mis à un in­ves­tis­seur en di­rect et la so­cié­té de ges­tion s’en­gage sur un avan­tage fiscal dis­tinct (17% de la sous­crip­tion par exemple). Charge à elle de réa­li­ser les tra­vaux né­ces­saires pour dé­li­vrer la ris­tourne fis­cale pro­mise. En­fin, les SCPI de dé­fi­cit fon­cier per­mettent de bé­né­fi­cier du ré­gime fiscal épo­nyme pour gé­né­rer des re­ve­nus peu, voire pas im­po­sés grâce à la dé­duc­tion des charges et de l’amor­tis­se­ment. Mieux, si vos re­ve­nus fonciers is­sus d’un in­ves­tis­se­ment di­rect ont été pur­gés de l’im­pôt mais qu’il reste en­core des charges à dé­duire, celles-ci viennent di­mi­nuer le re­ve­nu im­po­sable glo­bal, dans

la li­mite de 10.700 eu­ros. Le surplus éven­tuel est quant à lui re­por­table sur l’an­née sui­vante pen­dant dix ans.

une lo­gique de long terme

at­ten­tion tou­te­fois, les parts de SCPI fis­cales ne s’adressent pas aux af­fi­cio­na­dos de la dé­fis­ca­li­sa­tion en « one shot ». il s’agit d’un in­ves­tis­se­ment de long terme, à un ho­ri­zon de 15 ans, qui pré­sente une li­qui­di­té mé­diocre : les parts ne se re­vendent pas sur le mar­ché se­con­daire sans en­cais­ser de dé­cote si­gni­fi­ca­tive (25 à 30%). Mieux vaut donc bien conci­lier ses in­té­rêts à court terme – ré­duc­tion de l’im­pôt sur le re­ve­nu 2016 – et la via­bi­li­té du pla­ce­ment dans la du­rée.

Fi­nan­ce­ment Ban­caire : ce qui est en­core pos­sible

Si vous avez be­soin d’un em­prunt ban­caire pour fi­na­li­ser votre dé­fis­ca­li­sa­tion im­mo­bi­lière, en di­rect ou via une SCPI, mé­fiez-vous. Pour Joël Bou­men­dil, pré­sident du cour­tier ACE Cré­dit, bou­cler l’opé­ra­tion à temps est une mis­sion im­pos­sible : « Si vous avez l’im­pé­ra­tif de si­gner avant le 31 dé­cembre, ni la banque, ni le no­taire ne se­ront prêts », pré­vient-il. un constat qui s’ap­plique da­van­tage aux banques de dé­tail qu’aux banques pri­vées, même si ces der­nières ne réa­li­se­ront pas de mi­racle pour un client sans pro­jet pré­cis en tête. Co­té SCPI, le fi­nan­ce­ment ban­caire n’est pas for­cé­ment un prérequis, sui­vant votre ré­serve d’épargne. Si ce­la s’avère né­ces­saire, les taux sont un peu plus éle­vés (30 à 40 points de base) que ceux pra­ti­qués pour les cré­dits im­mo­bi­liers. De plus, cer­taines en­seignes ac­ceptent uni­que­ment de fi­nan­cer leurs propres pro­duits. « À par­tir du mo­ment où sa sur­face fi­nan­cière est suf­fi­sante, un client va quand même pou­voir ob­te­nir gain de cause », pré­cise tou­te­fois Jo­na­than Dhi­ver. Se­lon l’ex­pert, trou­ver un fi­nan­ce­ment ban­caire est en­core en­vi­sa­geable mais le temps presse : pas­sé le 20 no­vembre, il se­ra sans doute trop tard.

l’épargne re­traite, pour les plus pré­voyants

Par­mi les le­viers à ac­ti­ver jus­qu’au der­nier mo­ment, l’épargne re­traite convient par­fai­te­ment aux contribuables sou­cieux de dé­fis­ca­li­ser leurs re­ve­nus tout en se consti­tuant un pé­cule pour main­te­nir leur ni­veau de vie à la re­traite. le plan d’épargne re­traite po­pu­laire (Perp) et le Ma­de­lin, ré­ser­vé aux tra­vailleurs non-sa­la­riés, per­met qui plus est de bé­né­fi­cier d’un pla­fond spé­ci­fique en plus du pla­fond glo­bal des niches fis­cales de 10.000 eu­ros en 2015. Mais le Perp comme le Ma­de­lin ne s’adressent pas à tous : in­utile ain­si de sous­crire un plan si votre tranche mar­gi­nale d’im­po­si­tion n’at­teint pas au mi­ni­mum 30% ou si vous êtes proche de par­tir à la re­traite. De même, votre épargne étant blo­quée plu­sieurs an­nées, n’ef­fec­tuez pas de ver­se­ments sur votre plan si vous pen­sez en avoir be­soin très pro­chai­ne­ment.

le don, pour les plus gé­né­reux

Si vous sou­hai­tez ai­der une cause qui vous tient à coeur et en pro­fi­ter pour ré­duire votre fac­ture fis­cale, le don est fait pour vous. Pour ce faire, il vous suf­fit de vous rendre sur le site in­ter­net de l’as­so­cia­tion de votre choix et de vous lais­ser gui­der, d’en­voyer un chèque ou en­core de té­lé­pho­ner di­rec­te­ment au nu­mé­ro in­di­qué sur le por­tail en ligne. Par ce biais, vous pou­vez don­ner à un des 84 or­ga­nismes d’in­té­rêt gé­né­ral ou d’uti­li­té pu­blique re­cen­sés par le Co­mi­té de la Charte. En contre­par­tie de votre gé­né­ro­si­té, vous ob­tien­drez une ré­duc­tion d’im­pôt sur le re­ve­nu de 66% dans la li­mite de 20% de votre re­ve­nu im­po­sable, l’ex­cé­dent éven­tuel pou­vant être re­por­té sur les cinq an­nées sui­vantes. Par ailleurs, les dons aux as­so­cia­tions d’aide aux per­sonnes en dif­fi­cul­té sont éli­gibles à un avan­tage fiscal de 75% pour les 529 pre­miers eu­ros soit une ré­duc­tion d’im­pôt de 397 eu­ros, le solde se voyant ap­pli­quer le taux de 66%.

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