Épargne im­mo­bi­lière

le bon plan pour 2016 ?

Mes Finances - - LA UNE -

Peu connue des Fran­çais,

l’épargne im­mo­bi­lière est le pla­ce­ment idéal pour al­ler cher­cher du ren­de­ment en cette pé­riode de taux d’in­té­rêt bas. Quels sont les pro­duits concer­nés ? com­ment

les choi­sir ? tour d’ho­ri­zon de vos pos­si­bi­li­tés pour l’an­née 2016. pour dy­na­mi­ser le ren­de­ment de votre épargne, l’im­mo­bi­lier reste une va­leur sûre. pour­tant, peu de fran­çais s’in­té­ressent de près à la pierre-pa­pier. se­lon une étude opi­nion­way réa­li­sée en no­vembre 2015 pour la so­cié­té per­ial, seule­ment 24% des son­dés af­firment connaître les so­cié­tés ci­viles de pla­ce­ment im­mo­bi­lier (scpi), un pour­cen­tage qui tombe à 12% pour les foncières et à 5% pour les or­ga­nismes de pla­ce­ment col­lec­tif en im­mo­bi­lier (op­ci). consé­quence : 3% des fran­çais pos­sèdent des parts de scpi, d’op­ci ou de foncières. mais alors que les taux de ré­mu­né­ra­tion des pro­duits d’épargne grand pu­blic, comme le li­vret a ou l’as­su­rance vie, sont une nou­velle fois ap­pe­lés à bais­ser en 2016, mi­ser sur la pierre-pa­pier est loin d’être ano­din. « Tout épar­gnant in­té­res­sé par l’im­mo­bi­lier trouve en France les sup­ports d’in­ves­tis­se­ment adap­tés à sa si­tua­tion et ses ca­rac­té­ris­tiques », pré­cise ar­naud de­wach­ter, dé­lé­gué gé­né­ral de l’as­so­cia­tion fran­çaise des so­cié­tés de pla­ce­ment im­mo­bi­lier (as­pim). si vous sou­hai­tez vous lan­cer dans l’épargne im­mo­bi­lière, vous de­vriez donc fa­ci­le­ment trou­ver chaus­sure à votre pied.

la scpi, une co­pro­prié­té im­mo­bi­lière élar­gie

par­mi les trois grands pro­duits d’épargne im­mo­bi­lière, les scpi sont les mieux ap­pré­hen­dées des fran­çais. la ca­pi­ta­li­sa­tion des so­cié­tés ci­viles de pla­ce­ment im­mo­bi­lier at­tei­gnait près de 35 mil­liards d’eu­ros à la fin du pre­mier se­mestre 2015 se­lon l’as­pim. la rai­son de cet en­goue­ment ? des per­for­mances fortes sur courte comme longue du­rée. se­lon l’étude « 40 ans de per­for­mances com­pa­rées » réa­li­sée par l’ins­ti­tut de l’épargne im­mo­bi­lière et fon­cière (ieif)

en 2015, le taux de ren­de­ment in­terne (tri) moyen des scpi s’af­fiche à 5,7% entre 2009 et 2014, contre 1,7% pour le li­vret a, 3,4% pour l’as­su­rance vie en eu­ros ou 2,9% pour l’in­ves­tis­se­ment lo­ca­tif. sur 10 ans, la per­for­mance monte à 8,2%, puis à 9,9% sur 15 ans pour culmi­ner à 10,5% sur la pé­riode 1974-2014. comme le veut l’adage, « il n’y a pas de ren­de­ment sans risque » et la sous­crip­tion de parts de scpi ne doit pas être prise à la lé­gère, le ca­pi­tal pla­cé n’étant pas ga­ran­ti. le prin­cipe même de ce type de so­cié­tés doit en ef­fet pous­ser l’épar­gnant à la pru­dence. « L’ori­gine de la SCPI est im­mo­bi­lière : c’est de la co­pro­prié­té im­mo­bi­lière élar­gie », ex­plique Guy marty, di­rec­teur de l’ieif. le mé­tier de la scpi étant de gé­rer un pa­tri­moine im­mo­bi­lier, de l’en­tre­te­nir et d’en ti­rer des re­ve­nus sous forme de loyers, vé­ri­fier le taux d’oc­cu­pa­tion fi­nan­cier de la so­cié­té doit être une prio­ri­té. cet in­di­ca­teur per­met en ef­fet d’ap­pré­cier la va­cance lo­ca­tive de l’im­mo­bi­lier gé­ré. le taux de dis­tri­bu­tion sur va­leur de mar­ché (tdvm), as­si­mi­lable au ren­de­ment, donne quant à lui une vi­sion de la per­for­mance de la scpi sur le court terme. le mon­tant des frais de sous­crip­tion et de ges­tion doit éga­le­ment être ob­ser­vé at­ten­ti­ve­ment. avec un ren­de­ment moyen de 5,08% en 2014 et qui de­vrait s’af­fi­cher aux alen­tours de 4,80% en 2015, les scpi de­vraient en­core ti­rer leur épingle du jeu et at­ti­rer des épar­gnants tou­jours plus nom­breux en 2016.

l’op­ci pour dy­na­mi­ser son as­su­rance vie

comme les scpi, les op­ci se pré­sentent comme une al­ter­na­tive à l’in­ves­tis­se­ment im­mo­bi­lier en di­rect, en pro­po­sant de pla­cer son épargne dans l’im­mo­bi­lier com­mer­cial sans sou­ci de ges­tion, le tout pour un ti­cket d’en­trée ca­li­bré au plus juste. si les pre­mières s’avèrent mieux iden­ti­fiées par les épar­gnants, les se­condes gagnent sans doute à être connues. d’ailleurs, nom­breux sont les fran­çais qui y consacrent dé­jà une par­tie de leur épargne, sans né­ces­sai­re­ment s’en rendre compte. s’il est pos­sible d’in­ves­tir en di­rect, via l’ac­qui­si­tion d’ac­tions d’op­ci lo­gées dans un comp­te­titres, cette voie reste en­core peu pra­ti­quée, la faute no­tam­ment à la mé­con­nais­sance des par­ti­cu­liers et à celle des in­ter­mé­diaires ban­caires. mais l’op­ci grand pu­blic fi­gure par­mi les ac­tifs pou­vant com­po­ser les uni­tés de comptes d’un contrat d’as­su­rance vie mul­ti­sup­ports. ses ca­rac­té­ris­tiques en font d'ailleurs un pro­duit plus pri­sé des as­su­reurs. « L’ac­tif de L’OP­CI se li­mite à en­vi­ron 60% d’im­mo­bi­lier, le reste étant com­po­sé de va­leurs li­quides, sou­vent orien­tées vers l’im­mo­bi­lier, par exemple des ac­tions de so­cié­tés foncières co­tées », ex­plique ar­naud de­wach­ter. concrè­te­ment, ce­la si­gni­fie que l’op­ci s’avère plus li­quide que la scpi et pro­cure une flexi­bi­li­té ac­crue aux com­pa­gnies dans leur al­lo­ca­tion d’ac­tifs. celles-ci ne s’y sont pas trom­pées : en 2014, les op­ci

ont re­pré­sen­té près de 4% de la col­lecte to­tale de l’as­su­rance vie se­lon les chiffres de l’ieif, en sa­chant que 87% de celle-ci s’est ef­fec­tuée sur les fonds en eu­ros. autre illus­tra­tion du suc­cès de ce vé­hi­cule, la crois­sance ex­po­nen­tielle de la ca­pi­ta­li­sa­tion des op­ci grand pu­blic, pas­sée de 248 mil­lions d’eu­ros en 2011 à 3,28 mil­liards au pre­mier se­mestre 2015. pour l’épar­gnant, sous­crire des uni­tés de compte in­cluant des op­ci per­met de do­per le ren­de­ment de son contrat mul­ti­sup­ports mais pas seule­ment. ain­si, il tire les fruits du dy­na­misme de l’épargne im­mo­bi­lière tout en bé­né­fi­ciant de la fis­ca­li­té avan­ta­geuse de l’as­su­rance vie plu­tôt que celles des re­ve­nus de ca­pi­taux mo­bi­liers et plus-va­lues mo­bi­lières, ap­pli­cables au compte-titres. re­vers de la mé­daille, l’ex­po­si­tion aux va­leurs co­tées pé­na­lise le ren­de­ment des op­ci, his­to­ri­que­ment moins ren­tables que les scpi. en outre, cette poche d’ac­tifs fi­nan­ciers laisse ima­gi­ner que l’op­ci s’avère plus ris­quée que la scpi, in­ves­tie qua­si-in­té­gra­le­ment dans la pierre. une idée re­çue qui ne se vé­ri­fie pas né­ces­sai­re­ment : « La vo­la­ti­li­té moyenne de la per­for­mance des OP­CI grand pu­blic a at­teint 2,4% en 2014. Elle est deux fois moins im­por­tante que celle des SCPI spé­cia­li­sées en im­mo­bi­lier d’en­tre­prise (4,5%). La va­leur de la part de SCPI a donc évo­lué deux fois plus que celle de la part D’OP­CI », ana­lyse le dé­lé­gué gé­né­ral de l’as­pim. at­ten­tion tou­te­fois à ne pas ti­rer de conclu­sions hâ­tives, « il ne s’agit pas d’une règle éta­blie ad vi­tam ae­ter­nam », sou­li­gnet-il. pour les plus pré­voyants, il est pos­sible de s’in­for­mer sur la com­po­si­tion des ac­tifs d’un op­ci en consul­tant la do­cu­men­ta­tion mise à dis­po­si­tion par les so­cié­tés de ges­tion sur leur site in­ter­net.

Mes Fi­nances : 1er ma­ga­zine nu­mé­rique sur les fi­nances per­son­nelles.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.