LES MAÎTRES DU JEU

CHOC D’OUVREURS D’EX­CEP­TION SA­ME­DI À LA RDS ARE­NA ! ENTRE DEUX IN­TER­NA­TIO­NAUX DE GRAND TA­LENT AUX PRO­FILS DIF­FÉ­RENTS, QUI JOUE­RONT CHA­CUN UN RÔLE DÉ­TER­MI­NANT.

Midi Olympique - - Champions Cup - Par Ju­lien LOUIS

« Ce se­ra les mains de Cru­den face à la pré­sence phy­sique de Sexton (1,88 m et 92 kg, N.D.L.R.). » D’em­blée, Alain Pe­naud livre le « pou­voir » spé­cial des nu­mé­ros dix de Mont­pel­lier et du Leins­ter. Maîtres à jouer de leur équipe, ils se croi­se­ront pour la pre­mière fois sur la scène eu­ro­péenne sa­me­di à Du­blin. Un choc entre deux stars pla­né­taires et une op­po­si­tion de style qui pro­met d’être étin­ce­lante.

LES MAINS ET L’OEIL DE CRU­DEN

« Aaron Cru­den me fait un peu pen­ser à Fred Mi­cha­lak par sa maî­trise et son ai­sance tech­nique. Ces joueurs peuvent ser­vir dans toutes les po­si­tions et les si­tua­tions leurs par­te­naires, ve­nir dans l’in­ter­valle et lâ­cher avant ou après le bal­lon… D’ailleurs ils sont tel­le­ment forts avec leurs mains, que les dé­fen­seurs ont par­fois trop ten­dance à se concen­trer des­sus », ajoute l’an­cien ou­vreur in­ter­na­tio­nal fran­çais. Dé­jà au­teur d’une chis­te­ra ma­gis­trale contre Brive et de passes sau­tées ful­gu­rantes, la re­crue phare du MHR est de­ve­nue son nou­veau fac­teur X. Le dix de classe mon­diale qui lui man­quait l’an der­nier : « Cru­den comme Sexton sont des bons at­ta­quants. Mais dans le jeu proche de la ligne d’avan­tage, je pense que Cru­den est le plus à l’aise tech­ni­que­ment et peut

li­vrer des passes très ra­pi­de­ment. Il a aus­si un peu plus d’ex­plo­si­vi­té ou du moins, de meilleurs ap­puis courts, qui sont im­por­tants dans ces zones-là. » Le Néo-Zé­lan­dais peut dé­blo­quer à tout mo­ment une si­tua­tion sur une ins­pi­ra­tion en lec­ture et tour­ner ain­si les pres­sions dé­fen­sives à son avan­tage. Une ca­pa­ci­té es­sen­tielle pour l’at­taque hé­raul­taise, en manque d’au­to­ma­tismes et de vi­tesse pour briller col­lec­ti­ve­ment, mais qui peut s’ap­puyer sur Cru­den (et Ruan Pie­naar) pour créer des dé­ca­lages et ac­cé­lé­rer aus­si sa mue of­fen­sive se­lon Alain Pe­naud : « Sur la ges­tion du jeu, Sexton a un pe­tit avan­tage car il joue de­puis plu­sieurs an­nées au Leins­ter, dont le rug­by est pas mal hui­lé. Ce se­ra plus dif­fi­cile pour Cru­den dans l’ad­ver­si­té sa­me­di, car le jeu du MHR de Vern Cot­ter, qui dif­fère énor­mé­ment de ce­lui de Jake White, est en­core en ges­ta­tion. […] Il au­ra donc moins de cer­ti­tudes en termes de conte­nu et peut-être pas la pos­si­bi­li­té d’exé­cu­ter tous les lan­ce­ments qu’il au­ra vus. Mais il peut per­mettre à Mont­pel­lier de fran­chir plus vite ces étapes. »

LA PRÉ­SENCE PHY­SIQUE ET LE PIED DE SEXTON

À la RDS Are­na sa­me­di lors de la pre­mière jour­née eu­ro­péenne ? Afin de re­le­ver la tête après deux échecs consé­cu­tifs à l’ex­té­rieur en Top 14 et de la­ver aus­si l’af­front su­bi en Ir­lande l’an pas­sé (57-3). Un ex­ploit, qui dé­pen­dra en par­tie de la réus­site du plan an­ti-Sexton (66 sé­lec­tions avec le XV du Trèfle), re­ve­nu à la com­pé­ti­tion de­puis deux ren­contres et qui a été élu homme du match face au Muns­ter le week-end der­nier.

Les Bleu et Blanc de­vront mettre constam­ment sous pres­sion l’an­cien joueur du Ra­cing 92, pour le for­cer à ac­cé­lé­rer ses exé­cu­tions à la main ou au pied et ain­si, le faire dé­jouer. Sans pour au­tant lui sau­ter au coup bras ten­du comme Fran­çois Steyn l’an­née der­nière (car­ton rouge, tour­nant du match)… Mais si le MHR laisse le meilleur mar­queur de l’his­toire du Leins­ter (1 234 points en 138 matchs,

re­cord de Con­te­po­mi bat­tu sa­me­di der­nier), jouer en pro­fon­deur et suivre à la lettre sa par­ti­tion, ils se fe­ront ba­la­der par son jeu au pied aux quatre coins du ter­rain. Et broyer in fine par le rou­leau com­pres­seur ir­lan­dais. « Sexton a plus d’ex­pé­rience que Cru­den dans son rôle de bu­teur, mais aus­si dans le jeu au pied de dé­pla­ce­ment ou de pres­sion. Il est à mon sens plus « brut de dé­cof­frage » dans tout ce qu’il fait et ce n’est pas du tout pé­jo­ra­tif. Car il a une ap­proche plus an­glo-saxonne et maî­trise les sys­tèmes et les ti­mings à la per­fec­tion. Cru­den est

lui plus fin et créa­tif », note Alain Pe­naud.

La clé se­ra aus­si de faire perdre en lu­ci­di­té le ca­pi­taine du Leins­ter, en l’obli­geant à se li­vrer sans re­te­nue dans un sec­teur qu’il af­fec­tionne, mal­gré de mul­tiples com­mo­tions : la dé­fense. Les at­taques fron­tales dans la zone du dix pour­raient donc être très uti­li­sées par les Hé­raul­tais et de­vront aus­si être maî­tri­sées, car l’homme est un « achar­né » du pla­quage, qui re­cule sou­vent à l’im­pact mais ne lâche ja­mais. « Même si Cru­den (1,78 m et 84 kg) reste un bon dé­fen­seur, Sexton est ex­cellent au pla­quage et ana­lyse très bien les at­taques ad­verses. Sa dé­fense n’est plus à prou­ver et il bé­né­fi­cie d’un ga­ba­rit bien plus dense », pré­vient l’ex-ca­pi­taine de Brive.

La force face à la fi­nesse. Le choc entre le chef d’or­chestre Jo­na­than Sexton et le créa­teur Aaron Cru­den « dont les pres­ta­tions fe­ront par­tie des points qui in­fluen­ce­ront le plus le ré­sul­tat fi­nal »,

pour­suit-il, est im­mi­nent. Place au spec­tacle !

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