DES COU­LOIRS À EX­PLO­RER

IN­CA­PABLES D’IM­PO­SER LEUR JEU FACE À UNE ÉQUIPE D’IR­LANDE MAέTRESSE DANS L’ART DU CACHE-BAL­LON, LES BLEUS DE­VRONT AF­FI­CHER DES SIGNES DE PRO­GRES­SION EN ÉCOSSE. ILS SE­RONT ALORS CONFRON­TÉS À UNE DÉ­FENSE QUI A LAIS­SÉ EN­TRE­VOIR CER­TAINES FAI­BLESSES LA SEMAIN

Midi Olympique - - L’événement - Par Ni­co­las ZANARDI ni­co­las.zanardi@mi­di-olym­pique.fr

Faut-il d’ores et dé­jà condam­ner le XV de France pour l’in­cu­rie of­fen­sive dont il a fait preuve sa­me­di der­nier, n’était l’ex­ploit aus­si iso­lé que so­li­taire de Ted­dy Tho­mas ? Par to­lé­rance au­tant que par bon sens, on ne s’y aban­don­ne­ra pas au bout d’un seul match. Et pro­ba­ble­ment moins en rai­son de la nou­veau­té du staff que de l’ad­ver­saire en lui-même, cette Ir­lande de Joe Schmidt face à la­quelle les Bleus se cassent sys­té­ma­ti­que­ment les dents de­puis 2013 (une seule vic­toire en sept matchs) se­lon des scé­na­rios de matchs im­muables : un bal­lon confis­qué par les Ir­lan­dais, une le­çon de tac­tique de la char­nière Mur­ray-Sex­ton, et des Bleus qui cèdent à la frus­tra­tion, donc à l’in­dis­ci­pline... Il va sans dire que ce­lui de sa­me­di der­nier, avec le faible ra­tio de 32 % de pos­ses­sion de balle pour le XV de France et un match per­du sans en­cais­ser d’es­sai, n’a pas fait ex­cep­tion à la règle. Le sens de ce pré­am­bule ? Sim­ple­ment pour rap­pe­ler qu’au vu du pas­sif ré­cent entre Fran­çais et Ir­lan­dais, il se­rait in­juste de cri­ti­quer l’ani­ma­tion of­fen­sive des Bleus sur cette seule ren­contre et de ma­nière dé­fi­ni­tive. Ce qui n’exo­nère ab­so­lu­ment pas le XV de France d’une pres­ta­tion plus convain­cante, ce di­manche à Mur­ray­field. Parce que la qua­li­té moindre de la conquête des Écos­sais et, sur­tout, leur pro­fil d’équipe ul­tra-of­fen­sive, donc da­van­tage su­jette aux pertes de balles, laisse au moins au­gu­rer d’une ré­par­ti­tion plus équi­table des bal­lons.

L’EXEMPLE DU PAYS DE GALLES

À condi­tion que les Fran­çais daignent le conser­ver, nous ré­tor­que­rez-vous ? C’est une évi­dence. Sauf qu’à la dif­fé­rence de sa­me­di der­nier, où le bal­lon ren­du glis­sant ne fa­vo­ri­sait pas les prises d’ini­tia­tives d’une équipe dé­si­reuse de dé­ve­lop­per son rugby sur la lar­geur du ter­rain (on vous as­sure, quitte à pas­ser pour dingue, qu’il s’agis­sait bien là de l’in­ten­tion ini­tiale des Fran­çais), c’est un temps re­la­ti­ve­ment sec qui est an­non­cé di­manche à Édim­bourg. De quoi per­mettre de ju­ger les Bleus et de voir ce qu’ils ont dans le ventre en ma­tière de po­ten­tiel of­fen­sif. À ce titre, les Gal­lois ont four­ni aux Bleus des pistes in­té­res­santes quant au plan de jeu à suivre. Conscients de leur manque de puis­sance, les Écos­sais ont adop­té de­puis l’ar­ri­vée de Greg Town­send un sys­tème de dé­fense en « rush », pri­vi­lé­giant la den­si­té du ri­deau et l’agres­si­vi­té de sa mon­tée à la re­prise de lar­geur. En clair ? Dans l’op­tique d’im­po­ser une très forte pres­sion dans les zones proches des rucks, le XV du Char­don peut avoir ten­dance à dé­lais­ser les cou­loirs ex­té­rieurs. Une por­tion de ter­rain dans la­quelle les Gal­lois se sont aven­tu­rés avec suc­cès en sui­vant un plan de jeu aux an­ti­podes de leur ha­bi­tuel « War­ren­ball », ain­si qu’en té­moigne le dou­blé de Leigh Half­pen­ny, ain­si que le der­nier es­sai de Steff Evans… For­cé­ment une piste à suivre pour les Bleus qui bé­né­fi­cie­ront d’un pas­seur sup­plé­men­taire au mi­lieu du ter­rain avec Geof­frey Dou­may­rou, d’au­tant plus es­sen­tiel que les meilleurs atouts of­fen­sifs se si­tuent au large, avec Tho­mas, Va­ka­ta­wa, Fall ou même Pa­lis.

LA CLÉ : LA « PASSE DE PLUS » DES AVANTS

Sauf que cette re­cherche des ex­té­rieurs ne de­vra, évi­dem­ment, pas être ef­fec­tuée au pe­tit bon­heur la chance. L’ana­lyse vi­déo du match des Gal­lois, que les Bleus se sont re­pas­sés en boucle, est ain­si très claire : à chaque fois que les Diables rouges sont par­ve­nus à dé­sta­bi­li­ser la dé­fense écos­saise, ce fut au prix d’un tra­vail pré­pa­ra­toire de leurs avants. À sa­voir un jeu en cel­lule, entre le de­mi de mê­lée et l’ou­vreur, qui a vu le cinq de de­vant gal­lois faire la dif­fé­rence en réa­li­sant la fa­meuse « passe sup­plé­men­taire » pour évi­ter les mon­tées « sur les rails » des dé­fen­seurs écos­sais, et pla­cer un par­te­naire dans l’in­ter­valle. Des re­lances de jeu in­tel­li­gentes qui, bien al­ter­nées avec des re­mises pour les trois-quarts pla­cés dans leur dos, a per­mis de don­ner le tour­nis aux hommes des High­lands.

Les Tau­leigne, Ga­brillagues, Itur­ria et autres Poi­rot, van­tés pour leurs qua­li­tés dans la ma­ni­pu­la­tion du bal­lon, per­met­tront-ils au jeu tri­co­lore de « res­pi­rer » grâce à la passe sup­plé­men­taire, ser­vis par la puis­sance des Gui­ra­do,Va­haa­ma­hi­na ou Pi­ca­moles ? Là ré­si­de­ra as­su­ré­ment la clé du match, tant l’op­tion du jeu di­rect ne pour­rait s’avé­rer que contre-pro­duc­tive. Voi­là pour la théo­rie. Pour la pra­tique, ré­ponse at­ten­due di­manche…

Pho­to Mi­di Olym­pique - Ber­nard Gar­cia

Face à l’Écosse qui pré­sente une dé­fense plus pré­vi­sible et moins dense sur le pre­mier ri­deau que l’Ir­lande, on at­tend des Fran­çais une cir­cu­la­tion de balle plus ra­pide vers les ailes, no­tam­ment des centres comme Rémi La­me­rat.

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