C’EST NON POUR MASOE

DE­PUIS PLU­SIEURS MOIS, LE CLUB D’AN­TO­NY CHER­CHAIT A QUA­LI­FIER L’AN­CIEN JOUEUR DE CASTRES, TOU­LON, ET DU RA­CING. MAIS LA FÉ­DÉ­RA­TION A RE­FU­SÉ SA LI­CENCE AMA­TEUR AU ALL BLACK.

Midi Olympique - - Ovalie - Par Guillaume CY­PRIEN

L’équipe d’An­to­ny n’au­ra pas l’hon­neur de pou­voir comp­ter dans ses rangs pour la fin de sai­son l’an­cien All Black Chris Masoe. À la fin du mois de dé­cembre, la com­mis­sion d’ap­pel de la Fé­dé­ra­tion avait confir­mé la dé­ci­sion, prise en pre­mière ins­tance par la com­mis­sion du sta­tut du joueur et de l’en­traî­neur de Fé­dé­rale 1, de lui re­fu­ser sa li­cence ama­teur. Et Da­mien Mi­chel, le pré­sident et ma­na­ger d’An­to­ny, a je­té l’éponge cette se­maine de­vant sa der­nière ten­ta­tive au CNOSF. « On est dé­goû­té », dé­plo­rait-il à la fin de feuille­ton ad­mi­nis­tra­tif de six mois. Il avait mon­té son opé­ra­tion à l’in­ter­sai­son. Chris Masoe avait tou­jours des four­mis dans les jambes après l’ar­rêt de sa car­rière ache­vée en de­mi-fi­nale du Top 14 contre Cler­mont. Mi­kaele Tuu­ga­ha­la, l’an­cien pi­lier du Ra­cing au­jourd’hui à An­to­ny, lui avait fait un ap­pel du pied, au­quel il avait ré­pon­du avec en­thou­siasme. Ja­cky Lo­ren­zet­ti lui avait pas­sé le feu vert.

Au mois de sep­tembre, on avait vu le grand Chris Masoe sur la pe­louse du Parc Hel­ler à la re­prise de l’en­traî­ne­ment au mi­lieu de l’ef­fec­tif de la Fé­dé­rale 2. « Le dé­lire », s’en­thou­sias­mait ses nou­veaux co­équi­piers. D’hu­meur jo­viale et très hum­ble­ment, il s’était plié comme tous les bi­zuths à toutes les cou­tumes lo­cales, et après l’en­traî­ne­ment, payait ses tour­nées au bar du club-house. Le mot tour­nait, dans les clubs concur­rents de la poule, qu’il leur se­rait pos­sible d’af­fron­ter l’an­cien all black.

« C’était une joie, ra­conte Vincent Ou­zet, l’en­traî­neur du Puc et cadre tech­nique fran­ci­lien. Dans notre poule, si on prend l’équipe de Beaune, nous jouons dé­jà contre des gars sur­di­men­sion­nés pour la di­vi­sion. Ce n’était pas un pro­blème. Et quelle belle chance pour nos joueurs de jouer contre un All Black ! On en parle toute une vie. » La chose ne se fe­ra pas.

IN­FLEXIBLE SUR LE CONTRAT DE TRA­VAIL

Les deux com­mis­sions fé­dé­rales ont re­fu­sé la va­li­da­tion de sa li­cence au NéoZé­lan­dais au mo­tif de la non-pré­sen­ta­tion de son contrat de tra­vail. Cette com­mis­sion sur le sta­tut du joueur de Fé­dé­rale 1 avait été mon­tée à l’époque des grands abus, quand des clubs peu scru­pu­leux en­ga­geaient des an­ciens pros au chô­mage en leur ra­jou­tant sous la table des émo­lu­ments non dé­cla­rés. Il avait été dé­ci­dé que les joueurs de­vaient jus­ti­fier une ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle an­nexe pour être in­té­grés dans un ef­fec­tif dit ama­teur. Si le Ra­cing 92 a four­ni une at­tes­ta­tion d’em­ployeur à son joueur, son contrat de tra­vail n’a pas été pas­sé à la com­mis­sion. Chris Masoe of­fi­cie of­fi­ciel­le­ment au Ra­cing 92 en charge du sec­teur de la dé­fense, et il est pos­sible de le voir tous les week-ends à la té­lé­vi­sion. « Mais si on ne nous montre pas son contrat de tra­vail, pas de li­cence, ar­gu­men­tait in­flexible un membre de la com­mis­sion, dans la­quelle siège Pro­vale et Tech XV, le syn­di­cat des en­traî­neurs. On ignore pour­quoi ce contrat ne nous a pas été pré­sen­té. Nous sa­vons bien que Chris tra­vaille et qu’il ne va pas en fé­dé­rale 2 ré­col­té une ré­mu­né­ra­tion ca­chée. Mais la règle est la même pour tout le monde. » « Nous avons l’im­pres­sion d’être vic­times d’un jeu du chat et de la sou­ris, com­mente Da­mien Mi­chel. Tout le monde sait que Chris Masoe tra­vaille. C’est un type énorme, un de ceux que le rug­by peut s’en­or­gueillir d’avoir dans la fa­mille. Il ve­nait chez nous juste pour s’amu­ser, prendre du plai­sir, et conti­nuer à par­ta­ger sa pas­sion. Quelle pré­sence ! On nous prive d’une grande his­toire comme le rug­by les aime. C’est dé­plo­rable. » Le plus iro­nique dans cette his­toire : si la Fé­dé­ra­tion lui a re­fu­sé sa li­cence pour jouer en équipe pre­mière de Fé­dé­rale 2, il lui était pos­sible en re­vanche de jouer avec la ré­serve en Fé­dé­rale B. Et là, pour ses ad­ver­saires, ques­tion sé­cu­ri­té… Ni lui ni son pré­sident n’ont sou­hai­té prendre ce risque.

La Fé­dé­ra­tion a re­fu­sé que Chris Masoe joue avec l’équipe pre­mière d’An­to­ny en Fé­dé­rale 2 mais il au­rait pu of­fi­cier en équipe ré­serve. Lui et son pré­sident n’ont pas vou­lu prendre le risque.

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