Midi Olympique

« La Coupe d’Europe est devenue un objectif »

FRANÇOIS CROS - Troisième ligne APRÈS UNE ANNÉE FOLLE POUR LUI, ENTRE LE CLUB ET L’ÉQUIPE DE FRANCE, LE FLANKER N’A QU’UNE ENVIE : GAGNER DE NOUVEAUX TITRES ET REVENIR AU PLUS VITE SUR LA SCÈNE INTERNATIO­NALE.

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On n’en avait pas l’habitude et on bénéficie pour la première fois d’un tel temps de préparatio­n. On a repris progressiv­ement même si, au début, on aurait aimé en faire davantage plus rapidement car la période d’arrêt a renforcé notre envie de revenir sur les terrains le plus vite possible. Mais le club a respecté les directives. Maintenant, on termine la première phase et, après une semaine de vacances, on va repartir sur du rugby à proprement parler, avec des entraîneme­nts comme on les connaissai­t avant la pandémie. Il nous tarde de rejouer au rugby ! Pour vous, qui aviez enchaîné en un an la préparatio­n du Mondial, la saison en club et le Tournoi, ce repos impromptu fut-il bénéfique ?

Pour certains, au départ, on était contents de ce repos pour régénérer les corps. Mais le fait que ça s’éternise a compliqué les choses. Récupérer, c’est bien, se désentraîn­er l’est moins. Mais ça permet aujourd’hui de pousser la préparatio­n et de travailler différemme­nt. Ne pas défendre votre Brennus fut-il frustrant ?

C’est clair. Les internatio­naux n’ont pas beaucoup joué en club la saison dernière et j’ai envie de dire que le meilleur allait arriver avec les matchs pour déjà aller chercher la qualificat­ion. On n’était pas encore dans les clous mais on n’était pas décrochés. En fin de saison, ce sont toujours les rendez-vous les plus excitants. Les beaux jours sont là et le jeu est plus ouvert… Dommage de rater cette période mais la santé passe avant tout. J’espère surtout qu’on pourra attaquer normalemen­t en septembre et laisser cette crise sanitaire derrière nous. Votre lot de consolatio­n, c’est que l’EPCR va bien faire disputer les phases finales de Champions Cup…

Oui, on avait cravaché, avec six victoires en phase de poule, pour obtenir ce billet pour un quart à domicile et, après le Brennus l’an passé, on s’est un peu plus centrés sur la Coupe d’Europe qui est devenue un objectif. Pouvoir la finir et défendre nos chances est une excellente nouvelle. Mais elle va arriver très vite (quarts de finale les 18, 19 et 20 septembre, N.D.L.R.) et on n’a que quelques matchs pour être au top. À nous d’être prêts. Didier Lacroix dit que le quart guide la préparatio­n…

Il faut se fixer des ambitions pour avancer. D’ordinaire, on a plus de temps pour préparer une telle échéance mais la saison va démarrer très fort, avec le Top 14 et ce quart de finale européen après trois journées. La stabilité de l’effectif est-elle un atout ? On a un groupe qui vit sainement et, même s’il y a eu quelques départs marquants, on va garder le même socle. Surtout, le club veut aussi faire confiance aux jeunes, leur montrer qu’il croit en eux. Cette période rallongée de préparatio­n arrive à point nommé pour qu’ils passent du temps avec l’effectif profession­nel. J’espère que ce sera bénéfique pour nous et pour eux, pour qu’ils puissent saisir cette opportunit­é. Avec un peu de recul, avez-vous mesuré l’année que vous avez vécue ? Au quotidien, on enchaîne et on n’a pas l’occasion de se poser, de réaliser ce qui nous arrive. Mais c’est bien de vivre ainsi, de profiter de chaque instant. Je ferai les comptes à la fin. Quand on a goûté à un titre, au niveau internatio­nal avec un Tournoi fantastiqu­e cette année, on n’a qu’une envie, c’est d’y retourner. Pour l’équipe de France, si on n’est pas fixés sur les dates, le programme semble chargé. C’est bien pour les joueurs, moins pour le club. Je vais tout faire pour être à un bon niveau avec Toulouse, d’autant que je n’ai pas beaucoup joué l’an passé en club, pour retourner en sélection. J’ai la chance de faire un métier incroyable et je compte bien revivre ces moments-là. Propos recueillis par J. Fa. ■

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