BI­SON FU­TÉ

Montagnes - - ÉDITO - Ulysse Le­febvre

Écrire un édi­to pour un nu­mé­ro d’été s’ap­pa­rente sou­vent un à un exer­cice in­grat. D’abord parce que c’est tou­jours trop in­juste d’être le der­nier à bos­ser (c’est bien connu, les autres sont tou­jours en va­cances). Mais aus­si parce que la por­tée d’un tel édi­to en pé­riode es­ti­vale est in­cer­taine : le ma­ga­zine tom­be­ra-t-il aux ou­bliettes, tant les lec­teurs ont choi­si plage et ser­viette ? Au contraire, se­ront-ils cu­rieux de lire les nou­velles de la mon­tagne à un mo­ment où ils peuvent éga­le­ment pra­ti­quer en al­ti­tude ? Cette an­née, l’in­di­ca­teur d’ac­ti­vi­té, ha­bi­tuel­le­ment plat à un mo­ment où l’in­quié­tude du monde en­tier concerne l’in­dice UV du len­de­main (crème so­laire 30 ou 50 ?) est pour­tant re­le­vé de plu­sieurs pics d’ac­ti­vi­té sen­sibles. À la Grave, une nou­velle forme de quo­ti­dien s’est ins­tal­lée. On fait comme on peut pour conti­nuer à vivre cou­pés du monde et on ne compte plus les ki­lo­mètres ef­fec­tués. Cer­tains disent qu’il faut as­su­mer le choix de vivre en mon­tagne, avec ses contraintes po­ten­tielles. D’autres au contraire ne peuvent ac­cep­ter que les pou­voirs pu­blics ne soient en me­sure d’ap­por­ter une ré­ponse ra­pide et ef­fi­cace à un pro­blème iden­ti­fié de­puis long­temps. Et le tun­nel du Cham­bon reste déses­pé­ré­ment ac­cro­ché au-des­sus du lac épo­nyme, gar­dant le suspense quand à l’évo­lu­tion d’une si­tua­tion qui dure de­puis le 10avril. Les es­prits pour­raient bien s’échauf­fer lors d’opé­ra­tion coup de poing sur le pas­sage du Tour de France (les vé­los eux, pas­se­ront tou­jours) par le col­lec­tif des Nau­fra­gés du Cham­bon. Af­faire à suivre. La mon­tagne elle-même conti­nue de chauf­fer et le re­gel noc­turne plu­tôt fai­blard, même à haute al­ti­tude. Par­tout, les pierres dé­boulent et frappent au ha­sard les pe­tites quilles en­cor­dées des­sous. On compte dé­jà, mal­heu­reu­se­ment plu­sieurs strikes dans le cou­loir du Goû­ter, sur la voie nor­male du mont Blanc ; à tel point que le 17juillet, les com­pa­gnies des guides de Cha­mo­nix et de Saint-Gervais ont dé­ci­dé de re­por­ter leurs as­cen­sions vers le som­met. Trois jours plus tard, c’est le re­fuge du Goû­ter lui-même qui ferme ses portes afin de dis­sua­der les can­di­dats à la voie nor­male. Un gros point noir dans la cir­cu­la­tion est à pré­voir sur cette au­to­route. A iti­né­raire ex­cep­tion­nel (par sa fré­quen­ta­tion sur­tout), me­sures ex­cep­tion­nelles, dignes d’une route de mon­tagne, avec ges­tion du tra­fic et des risques na­tu­rels. Un comble en haute-mon­tagne. Plus que ja­mais, gar­dez la tête froide et faites bien les ni­veaux avant de par­tir…

A ITI­NÉ­RAIRE EX­CEP­TION­NEL, ME­SURES EX­CEP­TION­NELLES, DIGNES D’UNE ROUTE DE MON­TAGNE, AVEC GES­TION DU TRA­FIC

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