Montagnes

LES ANIMAUX

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LE BOUQUETIN

Ayant failli disparaîtr­e de nos Alpes, la plus grande de nos chèvres sauvages est désormais de retour dans la plupart des massifs. C’est un animal qui attire les foules : sa grande taille, les longues cornes des mâles, la faible distance qu’il accepte vis-à-vis de l’être humain ou encore sa faculté à vivre en troupeau sont autant de critères qui séduisent les petits comme les grands. Bien que présent dans des proportion­s aujourd’hui garantissa­nt sa pérennité, le bouquetin demeure une espèce totalement protégée et doit conserver toute notre vigilance. On veillera ainsi à ne pas leur courir après et essayer de se faire oublier par le troupeau en se déplaçant lentement, sans geste brusque, sans crier. Voici quelques endroits (ce ne sont que quelques exemples) où le bouquetin accompagne­ra très probableme­nt vos randonnées alpines : –Massifs du nord: A ravis( secteur pointe Percée, Bargy ), massif du Mont-Blanc sud( Nid-d’ Aigle, mont V or as sa y ), Vanoise( sources de l’ Isère, Encombres et généraleme­nt un peu partout ). –Is ère: Chartreuse(Gr an ier Al pet te ), Vercors( passages de la barrière est, Grand Ve y mont ), Belle donne (un peu partout en altitude, secteur Eau-d’ Oll eau printemps).

–Alp es dusud:Vé subie( Fenestre, Haute Gord olas que ), All os( Enc ombrette ), Haut eU baye…

LE CHAMOIS

L’antilope de la montagne demeure toujours un plaisir à rencontrer. Bien plus petit que le bouquetin, il est souvent confondu avec la femelle de ce dernier quoique très différent d’apparence. On notera la présence de deux cornes non annelées et recourbées vers l’arrière, ainsi qu’un museau plus fin. Il reste un remarquabl­e grimpeur même si, sur le rocher, le bouquetin le surpasse en agilité. J’ai déjà vu l’un et l’autre traverser des dalles d’escalades cotées dans le cinquième degré supérieur… Dans la neige, le chamois devient le plus à l’aise et il faut voir à quelle vitesse et avec quelle facilité il traverse des pentes de neige exposées en neige dure ! L’été, on pourra d’ailleurs avoir la chance d’observer les jeunes cabris usant de galipettes sur les derniers névés. Plus farouche que le bouquetin, le chamois conserve une distance variable avec l’homme selon les massifs. Dans le massif de Belledonne où la chasse est autorisée, toute rencontre à distance proche ou moyenne se solde instantané­ment par une fuite rapide des animaux. Dans le parc national des Écrins où il est totalement protégé, on pourra l’observer sans crainte à proximité des refuges tandis qu’on sera attablé pour le repas du soir. Dans d’autres massifs comme la Chartreuse, malgré une pression cynégétiqu­e, les chamois conservent une distance réduite avec l’homme ; ce n’est pas pour autant qu’il faille toujours essayer de l’approcher au plus près pour en faire une énième photo.

LES MARMOTTES

Voici un animal paisible qui plaît aux plus petits. La marmotte est désormais présente un peu partout en terrain découvert. Je me souviens avoir observé ma première marmotte en Belledonne autour des lacs Morétan lors d’une randonnée avec mes grands-parents au début des années 1980. À cette époque, le lac Lauvitel (Oisans) jouissait déjà de sa réputation comme « réservoir à marmottes peu farouches » mais les sites tels que celui-là n’étaient pas légion. Aujourd’hui, le gros rongeur a conquis l’ensemble de l’arc alpin et vient parfois jusqu’à fouiller dans les sacs à dos laissés sans surveillan­ce, ronger les cordes des grimpeurs sur lesquelles s’était déposé le sel de leur transpirat­ion… On évitera de les nourrir (dépendance + alimentati­on inadaptée) et on surveiller­a son animal domestique car il n’est pas rare qu’une marmotte soit prédatée. Comme pour le bouquetin, la relative compassion de la marmotte pour l’homme n’empêche pas de garder en tête les règles de silence et de discrétion. À noter que la marmotte n’est pas exempte de danger pour l’homme. Un accompagna­teur m’avait conté l’histoire d’une marmotte prédatée par un aigle que celui-ci avait lâché en vol, sans doute en raison du poids de la proie. La marmotte était alors venue s’écraser à quelques mètres de l’accompagna­teur et de son groupe d’enfant occupés à observer les petites fleurs. On imagine le titre du fait divers si elle avait atterri sur une petite tête blonde…

LES VAUTOURS

Après la réintroduc­tion dans les gorges de la Jonte, le vautour est également revenu dans les Alpes grâce à l’action humaine. Sa présence est tout à fait légitime car il en avait disparu suite à la pression humaine, souvent fondée sur des légendes d’un autre temps. On raconte même qu’ils enlevaient parfois des jeunes enfants… Les programmes de réintroduc­tion du Vercors, des Baronnies, du Verdon… font qu’aujourd’hui ces grands planeurs visitent tous les massifs (surtout ceux de l’ouest), essentiell­ement à la belle saison. Il faut souvent attendre que le soleil ait chauffé les falaises pour créer des ascendance­s dont ces grands voiliers profitent sans mettre le moindre coup d’aile. Le plus commun et de très loin demeure le vautour fauve mais on rencontre également le moine ou le gypaète barbu dont les effectifs peinent à augmenter malgré tout le travail de préservati­on. C’est à partir de la mi-journée, à proximité de rochers (falaises du Vercors, du Dévoluy, des Aravis…) qu’on aura le plus de chances de les observer. Ils pourront parfois passer très près (notamment le curieux gypaète qui a tendance à venir identifier l’intrus sur une crête), ce qui sera un moment spectacula­ire en raison de leur envergure (près de 3 m !)

TOUS LES AUTRES ANIMAUX

Outre ces espèces emblématiq­ues et faciles à observer, la montagne regorge d’autres espèces qu’on pourra rencontrer. L’avifaune est riche et, au-delà d’oiseaux qu’on pourra aussi rencontrer en plaine, offre quelques espèces spécifique­s à la montagne : le lagopède alpin, le tétras-lyre, le chocard à bec jaune, le bec-croisé des sapins, le casse-noix moucheté, le pic noir, l’aigle royal… sont assez faciles à rencontrer ou à entendre même s’il faut toujours un peu de chance. D’autres sont plus délicates (bartavelle, chevêchett­e…). Chez les mammifères, un (gros) coup de chance pourra nous offrir le loup. Avec son retour désormais bien installé, on peut l’espérer une fois dans sa « carrière » de randonneur. Plus facile mais au moins aussi farouche (sauf exceptions), le renard est présent partout. Parfois, une flèche blanche et marron se promène au milieu des blocs : il s’agit de l’hermine. À l’automne, on pourra écouter le brame du cerf. Dans tous les cas, il existe une belle bibliograp­hie pour apprendre à connaître les principale­s espèces. Il restera à se prémunir d’une petite paire de jumelles de poche et d’arpenter la montagne les yeux et les oreilles grands ouverts !

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Le bouquetin se laisse approcher facilement : éviter d’aller jusqu’à provoquer sa fuite.
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Chamois ou bouquetin ? La femelle du bouquetin (appelée étagne) peut être prise pour un chamois en raison de ses petites cornes. Elle ne lui ressemble pourtant pas.

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