60 milles dans les Keys en Well­craft 302 CC

EEn­tret l’l’océa­né ett lles nom­breu­sesb bbaie­si pro­té­gées,téé lles pos­si­bi­li­tés ibi­li­té de na­vi­ga­tion dans les en­vi­rons de Mia­mi sont mul­tiples. Il y a ceux qui s’aven­turent en pleine mer pour des par­ties de pêche au large et ceux qui pré­fèrent res­ter à l

Moteur Boat Magazine - - SOMMAIRE - TEXTE: STÉPHANIE DE L OU ST A L. PHOTOS: VIR­GI­NIE PELA GAL LI.

La ma­ri­na de Cran­don Park est ins­tal­lée au nord de l’île de Key Bis­cayne juste après le pont qui la re­lie à Vir­gi­nia Key. Outre ses 294 places à quai, elle dis­pose de 7 cales de mise à l’eau ! Bien­ve­nue aux États-Unis, ici les cales s’alignent en rang d’oi­gnons et per­mettent à des pick-up énormes de mettre à l’eau des ba­teaux tout aus­si im­pres­sion­nants. C’est là que nous at­tend notre mon­ture de la jour­née, le nou­veau Well­craft 302 CC, ain­si que son ca­pi­taine Glyn Aus­tin, pê­cheur pro­fes­sion­nel (voir en­ca­dré). La mé­téo du jour s’an­nonce bonne, même s’il est pré­vu que le vent se lève. Notre pro­gramme est simple, des­cendre au sud de Bis­cayne Bay, re­joindre l’océan par un pas­sage si­tué au sud d’El­liott Key et re­mon­ter tran­quille­ment vers Key Bis­cayne en pê­chant. La na­vi­ga­tion dans Bis­cayne Bay est beau­coup plus com­pli­quée qu’il n’y pa­raît.

Pre­mière étape : les ca­banes de Stilts­ville

Certes, le plan d’eau est calme et les fonds sont es­sen­tiel­le­ment sa­bleux, mais leur faible pro­fon­deur né­ces­site de bien suivre les che­naux et les bouées rouges et vertes (in­ver­sées dans cette par­tie du globe...) pour évi­ter de s’échouer ou d’abî­mer les hé­lices. Le mar­nage dans cette ré­gion n’est pas très im­por­tant, puis­qu’il est de l’ordre de 60 cen­ti­mètres, mais il suf­fit pour tou­cher si l’on n’est pas suf­fi­sam­ment vi­gi­lant. Nous quit­tons donc la ma­ri­na en sui­vant bien les bouées du che­nal et met­tons le cap sur Stilts­ville si­tuée à 7 milles en­vi­ron au sud. Stilts­ville est le nom don­né à un groupe de mai­sons sur pi­lo­tis da­tant de l’époque de la pro­hi­bi­tion où al­cool et jeux de ha­sard n’étaient au­to­ri­sés qu’à un mille des côtes. Dans les an­nées 1980, elles ont ser­vi de lieu de tran­sit pour la drogue en pro­ve­nance des Ca­raïbes et ce sont fi­na­le­ment les ou­ra­gans suc­ces­sifs qui ont ré­duit « na­tu­rel­le­ment » leur nombre. Les sept der­nières mai­sons font dé­sor­mais par­tie du parc na­tio­nal de Bis­cayne.

Même si elles sont vi­sibles de loin, leur ap­proche de­mande de bien re­gar­der les cartes ou le son­deur, car leurs abords ne com­portent pas beau­coup d’eau, a for­tio­ri quand on prend conscience que le chiffre « 2 » in­di­qué par le son­deur est en pied (1 pied équi­va­lant à 30 cm) et non en mètre ! On com­prend alors pour­quoi le hors-bord a un tel suc­cès ici ! Pou­voir re­mon­ter les mo­teurs quand l’eau se fait rare sous la coque est in­dis­pen­sable pour na­vi­guer en toute sé­ré­ni­té. Nous re­le­vons donc lé­gè­re­ment nos mo­teurs à l’ap­proche de ces ca­banes « tchan­quées » à l’amé­ri­caine et aux vo­lets co­lo­rés. Mais nous ne nous y at­tar­dons pas et, de re­tour dans le che­nal, nous ra­bais­sons nos mo­teurs et ac­cé­lé­rons plein sud en di­rec­tion de Bo­ca Chi­ta, si­tué à une dou­zaine de milles.

La baie de Bis­cayne à 50 noeuds

Les che­vaux sont lâ­chés et notre Well­craft at­teint 50 noeuds en pointe avec ses deux Ve­ra­do 350 ins­tal­lés sur son ta­bleau ar­rière. Les 234 litres de consom­ma­tion à ce ré­gime nous poussent néan­moins à ra­len­tir l’al­lure et nous nous met­tons à 4 000 tr/mn pour une vi­tesse de 31 noeuds et une consom­ma­tion plus rai­son­nable de 81 l/h. Même à cette vi­tesse, les 12 milles qui nous sé­parent de notre des­ti­na­tion sont vite ava­lés et on de­vine ra­pi­de­ment sur notre

bâ­bord le phare de Bo­ca Chi­ta. Construit dans les an­nées 1930 par Mark Ho­ney­well, un an­cien pro­prié­taire de l’île, cet édi­fice n’a ja­mais vrai­ment ser­vi à gui­der les ba­teaux, il ma­té­ria­lise plu­tôt les beau­tés du parc na­tio­nal. Bo­ca Chi­ta est un havre de paix ac­ces­sible uni­que­ment par ba­teau. Son pe­tit port ne com­prend ni pon­ton, ni eau, ni élec­tri­ci­té, ni car­bu­rant, ni com­merces, douches ou la­va­bo. Mais une aire de pique-nique est pré­sente avec des tables et un grand bar­be­cue. Les ba­teaux s’amarrent le long des quais en bois et doivent payer 25 $ pour pou­voir y res­ter de 6 heures du soir à 6 heures du ma­tin. Cet en­droit char­mant est très dé­pay­sant et, une fois sur le bal­con du phare, il est pos­sible de pro­fi­ter d’une vue ma­gni­fique sur l’île, la baie et l’océan.

Après les eaux calmes de Bis­cayne Bay, l’océan…

Après cette es­cale sym­pa­thique, nous pour­sui­vons notre route en lon­geant à bonne dis­tance, hau­teur d’eau ré­duite oblige, El­liott Key. Cette île, toute en lon­gueur et très étroite, est la plus grande du parc na­tio­nal de Bis­cayne. Elle ac­cueille un port de 36 places avec de l’eau douce et des douches… froides ! Comme Bo­ca Chi­ta, elle dis­pose d’un cam­ping et sa ré­gle­men­ta­tion est as­sez stricte. La face que nous lon­geons cô­té Bis­cayne Bay se ré­sume à de la man­grove, et les plages de sable sont as­sez rares. Cer­tai­ne­ment le royaume des mous­tiques… Au ni­veau d’Adams Key si­tué au bout de El­liott Key, nous ra­len­tis­sons et pre­nons un pe­tit pas­sage entre des îlots pour re­joindre l’océan. Le vent s’est ef­fec­ti­ve­ment le­vé et nous af­fron­tons main­te­nant un bon mètre de creux, alors que nous étions à l’abri dans la baie. Nous tra­çons plein est ; notre guide Glyn, en scru­tant la mer, nous montre du doigt le large. Il s’agit d’un banc de sable et nous met­tons le cap des­sus. La cou­leur de l’eau est in­croyable, ma­gni­fique. Nous at­tei­gnons ce banc si­tué à en­vi­ron 5 milles de la côte et re­mon­tons plein nord en sui­vant sur le son­deur une faille.

Glyn est dans son élé­ment et nous de­mande de ré­duire notre vi­tesse à 8 noeuds. Nous na­vi­guons main­te­nant par mer ar­rière et bien for­mée et par­tons en surf. Notre guide de pêche pré­pare et met à l’eau six cannes. L’at­tente com­mence… Glyn est concen­tré et scrute le ciel. Les oi­seaux sont les meilleurs in­di­ca­teurs, car ils si­gnalent la pré­sence d’une chasse en des­sous, nous ex­plique-t-il. À vi­tesse ré­duite, nous re­mon­tons tran­quille­ment vers le phare de Fo­wey Rocks si­tué à 18 milles au nord.

Une re­mon­tée vers Cape Flo­ri­da ar­ro­sée

Mal­heu­reu­se­ment, au­jourd’hui, les pois­sons se­ront aux abon­nés ab­sents et l’heure tour­nant nous oblige à in­ter­rompre notre par­tie de pêche. Le phare de Fo­wey Rocks est si­tué 7 milles au sud de Cape Flo­ri­da, le point le plus sud de Key Bis­cayne. À par­tir de là, nous met­tons cap au nord-ouest. Le vent a for­ci et ra­bat sur nous les em­bruns du sillage, trem­pant co­pieu­se­ment tout l’équi­page. Il fait 28 °C, l’eau doit être à 25 °C, et nous ac­cep­tons en riant ce trai­te­ment hu­mide. Une fois Cape Flo­ri­da pas­sé, nous re­trou­vons les eaux plus calmes de la baie de Bis­cayne, tout en pro­fi­tant des der­niers milles à pleine vi­tesse pour sé­cher. À notre ar­ri­vée à la ma­ri­na de Cran­don Park, un groupe de pé­li­cans nous at­tend, pen­sant sans doute pou­voir nous dé­ro­ber quelques pois­sons. Eh non, mes­sieurs, ce ne se­ra pas pour cette fois ! ■

La ma­ri­na de Cran­don Park, point de dé­part de notre na­vi­ga­tion, dis­pose d’une ado­rable ca­pi­tai­ne­rie.

Avec ses deux gros hors-bord, le Well­craft 302 CC per­met de re­joindre ra­pi­de­ment les zones de pêche.

Au sud d’El­liott Key, une barque qui a dû trans­por­ter des im­mi­grants cu­bains est échouée dans la man­grove.

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