L’ave­nir de la plai­sance pas­se­ra-t-il par l’oc­ca­sion ?

Moteur Boat Magazine - - ÉDITO - Fran­çois Pa­ris

Tra­di­tion­nel­le­ment, ce numéro de l’an­née consacre une part im­por­tante de ses pages aux ba­teaux d’oc­ca­sion. Ce­la n’a rien d’un ha­sard : avec une sai­son de na­vi­ga­tion qui s’ap­prête à battre son plein, la ten­ta­tion de chan­ger d’uni­té ou de de­ve­nir pro­prié­taire est forte. Pour y par­ve­nir, deux so­lu­tions existent : le neuf ou l’oc­ca­sion. Il faut bien re­con­naître qu’en la ma­tière cette der­nière pré­sente de nom­breux avan­tages, à com­men­cer par son prix, plus bas à taille égale que ce­lui d’un ba­teau neuf. Pour au­tant, ache­ter d’oc­ca­sion et trou­ver la perle rare ne s’im­pro­vise pas, rai­son pour la­quelle nous avons re­cen­sé la plu­part des questions qu’un ache­teur se pose : les for­ma­li­tés ad­mi­nis­tra­tives, les points im­por­tants à vé­ri­fier, les es­ti­ma­tions, la cote de L’Ar­gus du Ba­teau, sans ou­blier l’ex­pert ma­ri­time. Cet al­lié de taille évi­te­ra de nom­breux dé­boires à l’ache­teur, qu’il soit no­vice ou pas. Car l’oc­ca­sion re­pré­sente sou­vent la porte d’en­trée dans le mi­lieu de la plai­sance. Les pri­mo-ac­cé­dants y voient le moyen idéal pour na­vi­guer, par­fois même à tout pe­tit prix. Est-ce une ex­pli­ca­tion à la bonne san­té de ce sec­teur ? Le fac­teur prix y est évi­dem­ment pour beau­coup. De là à dire que l’oc­ca­sion fait of­fice de saint-ber­nard de la plai­sance, il n’y a qu’un pas. Ce sec­teur a su ti­rer son épingle du jeu là où le neuf plon­geait au creux de la vague après la crise de 2008. Certes, la courbe était proche du zé­ro cer­taines an­nées, voire en lé­gère baisse, mais dans des pro­por­tions tout à fait rai­son­nables par rap­port aux ventes de ba­teaux neufs. Re­vers de la mé­daille, les pro­fes­sion­nels ont par­fois du mal à trou­ver des oc­ca­sions à l’état im­pec­cable. Il n’y a pas de pé­nu­rie en vue, mais peut-être une dif­fé­rence plus mar­quée entre les bons et les moins bons ba­teaux, avec à la clef des prix en hausse pour les oc­ca­sions qui tiennent réel­le­ment la route. Mais sans réelle in­quié­tude à avoir, car le mar­ché, échau­dé par le krach de l’oc­ca­sion sur­ve­nu en 2007, s’est consi­dé­ra­ble­ment as­sai­ni, sur­tout du cô­té des pro­fes­sion­nels qui placent leurs ba­teaux au bon prix dès leur ré­cep­tion sur leur parc. Et si c’était ça, le se­cret pour vendre ra­pi­de­ment une oc­ca­sion ?

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