D’An­glet à Gi­jón en Swift Traw­ler 34

Moteur Boat Magazine - - ÉDITO - TEXTE ET PHOTOS : DI­DIER MAIN­TE­NANT.

Au cours de cette cin­quième par­tie, Har­mo­nie et son ca­pi­taine quittent les côtes fran­çaises pour celles es­pa­gnoles. Ge­ta­ria, Bil­bao, San­tan­der, Ri­ba­de­sel­la se­ront des étapes ma­gni­fiques et in­ou­bliables pour le Swift Traw­ler 34 et son équi­page.

En ce jeu­di 4 août, après un dé­part d’An­glet en fin de ma­ti­née, le so­leil est in­vi­sible. L’eau et le ciel se confondent de ma­nière éton­nante. Dans ce contexte, trou­ver dans la baie d’Hen­daye l’en­trée de la ri­vière Bi­das­soa s’avère dé­li­cat. Une im­mense plage me fait face jus­qu’à ce que j’aper­çoive, tout au bout à droite en sur­plomb, le centre his­to­rique de Fon­tar­ra­bie. Ne voyant pas les bouées de che­nal, je me fie au tra­ceur. Une fois dans la ri­vière, après quelques mi­nutes de na­vi­ga­tion, j’entre dans le port d’Hen­daye sur mon bâ­bord. Un peu plus tôt, par té­lé­phone, j’ai été ai­ma­ble­ment ac­cueilli par la ca­pi­tai­ne­rie. Une place m’a été at­tri­buée, mais l’en­droit pro­po­sé est si­tué dans une darse par­ti­cu­liè­re­ment dense. Je choi­sis de m’amar­rer à un pe­tit pon­ton d’ac­cueil, le long du mur d’en­ceinte. Par ra­dio, je de­mande le droit d’y res­ter pour deux nuits, ce qui m’est ac­cor­dé. Je quitte Har­mo­nie pour me rendre à la ca­pi­tai­ne­rie. L’ad­mi­nis­tra­tif et le fi­nan­cier étant ré­so­lus avec un per­son­nel agréable, je me di­rige par curiosité vers la grande arche, dé­cou­pée dans le bel im­meuble qui sé­pare le port du bord de mer. Sur la plage qui me fai­sait face un peu plus tôt, les va­can­ciers bravent le mau­vais temps. Le centre-ville étant as­sez loin du port, je pars en vé­lo et longe la Bi­das­soa sur une longue piste cy­clable, su­per­be­ment amé­na­gée. Elle tra­verse des en­droits vraiment pit­to­resques, en com­men­çant par le fond de la baie. La ri­vière s’étale dans son lit en­core na­tu­rel et de nom­breux ba­teaux sont au mouillage. Après di­vers pe­tits bourgs et en­droits sau­vages, une longue pas­se­relle construite sur l’eau me per­met d’al­ler jus­qu’à un pe­tit pont qui re­joint Irun. La nuit tombe quand je suis de re­tour.

À la dé­cou­verte du châ­teau d’Ab­ba­dia

Le len­de­main ma­tin, le so­leil res­plen­dit. Je re­prends donc le vé­lo et pars dans le sens op­po­sé de la veille, vers le nord. Une belle mon­tée me dé­pose sur la fa­laise où le spec­tacle ré­com­pense tous mes ef­forts. J’entre dans le parc du châ­teau d’Ab­ba­dia. La vi­site com­mence à mi­di, mais j’ar­rive pé­ni­ble­ment à né­go­cier quelques photos. Pen­dant ma na­vi­ga­tion em­bru­mée, j’avais en­tre­vu ce châ­teau re­mar­quable. Main­te­nant, en plein so­leil, il im­pres­sionne réel­le­ment. Un peu plus loin, je m’ar­rête à l’en­trée d’un pe­tit che­min. Une fois le vé­lo ca­de­nas­sé et à peine ca­ché dans les herbes, je m’y en­gage. La vue sur l’océan est ex­cep­tion­nelle ! Le che­min, bien amé­na­gé, des­cend jus­qu’à un point de pa­no­ra­ma où je lis sur une borne : baie de Loya... Un pas­sage étroit a été creu­sé par les nom­breux ama­teurs de na­ture sau­vage. La pente est sé­vère et as­sez glis­sante, mais l’es­tran dé­ga­gé pro­pose une aire im­mense et spec­ta­cu­laire. Je ne re­viens au port que le temps de ran­ger le vé­lo et re­pars à pied. La je­tée qui sé­pare la plage de la ri­vière est agréable et je la par­cours en­tiè­re­ment, ce qui me per­met de com­prendre pourquoi je n’ai pas vu, la veille, les bouées de che­nal. La rouge, juste de­vant moi à cet ins­tant, est mi­nus­cule et fixée en haut d’un mât trop bas ou ins­tal­lé trop loin de l’ex­tré­mi­té de la je­tée. Quand à la verte, cô­té es­pa­gnol, je l’aper­çois à peine. Je re­brousse che­min, m’amuse de cette vue par­ti­cu­lière de la je­tée sé­pa­rant la plage de la ri­vière de­ve­nue che­nal, et pro­fite du spec­tacle im­pre­nable sur Fon­tar­ra­bie. Je longe en­suite la plage sur toute sa lon­gueur, jus­qu’à fi­nir au pied des fa­laises ex­plo­rées le ma­tin. Le len­de­main, le beau temps est au ren­dez­vous. Par­ti à 9 heures d’Hen­daye, je double vers 11 heures San Se­bas­tian, que j’ai dé­jà vi­si­té par la terre. L’en­vie me prend de glis­ser Har­mo­nie dans cette pe­tite baie d’une rare beau­té, mais je ne me sens pas prêt à ten­ter un mouillage seul. Pour cette pre­mière na­vi­ga­tion es­pa­gnole, j’ai choi­si de pas­ser la nuit à Ge­ta­ria que j’at­teins moins d’une heure plus tard.

Le ma­rin, pré­ve­nu de mon ar­ri­vée, me pré­cède sur son pneu­ma­tique vers une place en­gon­cée au pied du haut mur d’en­ceinte. Presque tous mes pare-bat­tage sont donc ins­tal­lés de ce cô­té et, grâce aux pro­pul­seurs, je m’amarre dans ce genre d’en­droit « ré­ser­vé » aux ba­teaux de pas­sage. Je quitte ra­pi­de­ment Har­mo­nie et re­monte l’es­ca­lier de pierres jus­qu’à une place très ani­mée où som­meille en­core une pe­tite fête fo­raine. Ce pre­mier ar­rêt en pays basque es­pa­gnol au­gure une suite du voyage pleine de sur­prises. Je passe de­vant le port de pêche où une pe­tite di­zaine de cha­lu­tiers aux cou­leurs vives sont ali­gnés. Der­rière moi, sur une col­line mas­sive, une haute et large église en pierre do­mine le port. J’em­prunte un es­ca­lier fixé à même la fa­laise et me re­trouve sur l’es­pla­nade. L’église en oc­cupe toute la lar­geur, et il faut em­prun­ter un tun­nel creu­sé dans ses sou­bas­se­ments pour pas­ser dans le vil­lage cô­té terre... Je vais en­suite de sur­prise en sur­prise, à com­men­cer par les très larges bar­be­cues des res­tau­rants qui se suc­cèdent tout au long des trot­toirs. Je monte ain­si jus­qu’à une route bruyante et char­gée, qui marque la fron­tière entre vil­lage an­cien et ville nou­velle. À ma gauche, un mo­nu­ment sur­pre­nant, mé­lange de néo­clas­si­cisme et d’art az­tèque, com­mé­more la pre­mière cir­cum­na­vi­ga­tion, réa­li­sée à par­tir de 1519 par un en­fant du pays. De l’in­té­rieur

de ce bâ­ti­ment, le pa­no­ra­ma sur le vil­lage, la mer, le port et la large plage est ex­cep­tion­nel. Je passe mon après-mi­di à par­cou­rir chaque ruelle. En soi­rée, peu à peu, la voie prin­ci­pale per­pen­di­cu­laire à l’église se rem­plit. Une foule bi­gar­rée de tout âge prend pos­ses­sion des rues et places. Cha­cun tient un verre à la main. Il faut se frayer son che­min dans cette am­biance cha­leu­reuse. Je re­monte ain­si au pied du mo­nu­ment com­mé­mo­ra­tif où est ins­tal­lé le fron­ton de pe­lote basque. Les spec­ta­teurs ont ame­né chaise et verre et dis­cutent sur chaque point. Ce sport à main nue est d’une rare in­ten­si­té... En­core un bel au­jourd’hui. Dom­mage qu’au mo­ment de pro­fi­ter du re­pos bien mé­ri­té, la fête fo­raine se ré­veille...

Drôle de ren­contre en pleine mer

Deux pe­tits évé­ne­ments ponc­tuent la na­vi­ga­tion vers Bil­bao, où je sou­haite pas­ser trois jours, heu­reux de pou­voir re­vi­si­ter la vieille ville et, sur­tout, l’original mu­sée Gug­gen­heim. Le pre­mier évé­ne­ment est la vi­sion au loin d’une forme im­pres­sion­nante. Ni l’ap­pli­ca­tion mo­bile ni le Bloc ma­rine ne me donnent d’in­di­ca­tions, si bien que mon ima­gi­na­tion va bon train... Il me fau­dra un très long mo­ment pour iden­ti­fier une plate-forme pé­tro­lière, au large de Ber­meo. C’est la pre­mière fois que je croise ce genre de struc­ture et l’im­pres­sion de gi­gan­tisme est sai­sis­sante. Quant au se­cond, il reste in­vi­sible, mais j’aper­çois sur mon bâ­bord une bouée jaune iso­lée, et rien n’est in­di­qué sur les cartes. Je passe à une bonne dis­tance et vois alors ve­nir de la côte un Zo­diac qui se di­rige droit sur moi. Je stoppe et j’at­tends. Deux hommes en te­nue qua­si mi­li­taire me font signe. Quand ils sont proches, l’un des deux m’ex­plique très cor­dia­le­ment, mais dans un fran­çais dif­fi­cile, que je suis au-des­sus d’une ins­tal­la­tion de gé­né­ra­teurs électriques sous-ma­rins. Il me re­met une do­cu­men­ta­tion en plu­sieurs langues qui dé­taille le pro­jet en cours (hou­lo­mo­teur Bi­mep). Je tente de lui faire com­prendre que des bouées car­di­nales se­raient plus ef­fi­caces que des bouées jaunes très éloi­gnées les unes des autres. Compte te­nu du che­min par­cou­ru, je suis ce­pen­dant au­to­ri­sé à conti­nuer ma route. De l’océan, l’en­trée de la baie de Bil­bao se confond avec toutes les struc­tures in­dus­trielles qui s’étalent de chaque cô­té. Des éo­liennes marquent la fin de ces construc­tions hé­té­ro­clites. Après un mo­nu­ment aban­don­né au mi­lieu de l’en­trée, un large et long la­by­rinthe ma­ri­time per­met de croi­ser plu­sieurs darses. Entre elles, des ba­teaux de toutes tailles tra­versent le che­nal ; tout au fond sur la gauche se trouve l’en­trée du port de Getxo. Comme

il est tôt, 16 h 30, je peux pas­ser une pre­mière soi­rée à Bil­bao. Mais c’est sans comp­ter le manque de bon sens des ges­tion­naires de ce port et l’im­mo­bi­lisme de son ca­pi­taine. Au lieu d’être in­sé­rés à l’in­té­rieur des pon­tons flot­tants, les ducs-d’Albe sont pla­cés sur l’un des cô­tés. Ce montage pour­rait être ef­fi­cace si les es­paces entre cat­ways étaient ré­glés pro­por­tion­nel­le­ment, mais il n’en est rien, et la place qui m’a été in­di­quée par ra­dio est, bien sûr, si­tuée du mau­vais cô­té. Je com­prends pourquoi il n’y a que peu de ba­teaux (sous­di­men­sion­nés) de ce cô­té du pon­ton alors qu’il est plein de l’autre. Je com­prends aus­si com­ment est ren­ta­bi­li­sé cet es­pace in­uti­li­sable (33 € la nui­tée)… Pro­té­geant le coin de la plage de bain, je m’ap­puie en marche ar­rière contre le duc-d’Albe et cours à la ca­pi­tai­ne­rie. Jouant la sur­prise, le ca­pi­taine se fait une joie de me pro­po­ser d’autres places, mais sur le même pon­ton et du mau­vais cô­té. Ou­bliés les trois jours à Bil­bao ! Je paie une nuit, re­fuse de prendre un double de la clef de la porte de pon­ton contre cau­tion et de­mande au ca­pi­taine, dé­pi­té, de m’ac­com­pa­gner pour ou­vrir cette porte si­tuée à moins de 100 mètres. Quand il se lève, j’aper­çois alors, at­ta­ché à sa cein­ture, un en­semble de mous­que­tons por­tant un nombre in­croyable de clefs. On a les mé­dailles qu’on peut ! Le lun­di 8 août, à 15 heures, pous­sé par une belle houle, je suis ac­cueilli dans la baie de San­tan­der par l’île de Mou­ro et son phare blanc. Sur une fa­laise à tri­bord, un châ­teau puis une grande de­meure me sur­veillent, avec une baie qui se ré­tré­cit entre deux plages. Je longe un long mo­ment la grande ville de San­tan­der, à l’his­toire bien char­gée. Ce sont tou­jours des mo­ments pri­vi­lé­giés et un peu im­pres­sion­nants de dé­cou­vrir par la mer de tels en­droits.

Le prix de la nuit à San­tan­der est éle­vé

Ce­pen­dant, l’aide de l’ap­pli­ca­tion mo­bile et du tra­ceur, à des zooms dif­fé­rents, est né­ces­saire dans ce dé­dale de che­naux al­lant dans tous les sens. Je dé­couvre que la ma­ri­na est bien loin de la ville, tout au fond de la baie et juste à cô­té d’un aé­ro­port. Mais elle est neuve et ac­cueillante quoique peu rem­plie en ce mois d’août... J’en pro­fite pour m’oc­cu­per des vé­ri­fi­ca­tions d’usage et ef­fec­tuer quelques amé­na­ge­ments dé­ci­dés en mer. La ville de San­tan­der n’a qu’un faible in­té­rêt tou­ris­tique, si ce n’est la je­tée de plu­sieurs ki­lo­mètres qui pro­pose une ba­lade agréable. En son centre, le seul port ac­cep­tant les vi­si­teurs est ce­lui du Royal Nau­ti­co Club. Mais la nui­tée est à 70 € ! Après trois jours, Har­mo­nie re­tra­verse la baie. Il est as­sez tôt, car une jour­née de na­vi­ga­tion m’at­tend, ce qui ne s’est pas pro­duit de­puis An­glet. Près de cin­quante-cinq milles nous sé­parent de notre pro­chaine étape, Ri­ba­de­sel­la, qu’Is­maël, un ami d’ori­gine es­pa­gnole, m’a chau­de­ment conseillée. Là, il n’y a pas de grande baie, juste une en­trée entre deux fa­laises don­nant sur une plage ar­ron­die. Le che­nal d’ac­cès au port se trouve au pied de la fa­laise de bâ­bord et suit à dis­tance la courbe de la plage. Après une ou deux mi­nutes, mes yeux n’en re­viennent pas. Le che­nal de­vient une très large ri­vière sans fond. Face à moi, le vil­lage s’étale sur la rive droite. Sur mon tri­bord, le quai en pierre pro­longe la fin de la plage. Un pont as­sez long re­lie les deux rives. Je m’en­gage dans le port, mais n’y dé­couvre au­cune place. Après être res­sor­ti, je re­marque

des voi­liers de l’autre cô­té du grand pon­ton flottant qui ferme le port, cô­té ri­vière. Le Bloc ma­rine in­dique pour­tant une pro­fon­deur qua­si­ment nulle à cet en­droit. Je m’en ap­proche len­te­ment et m’aper­çois que toute la lon­gueur du pon­ton a été dra­guée, ce qui en fait un long ac­cueil pour les vi­si­teurs. Je trouve fa­ci­le­ment une place. Quand Har­mo­nie est amar­rée, je me rends sur le quai et ren­contre de­vant une pe­tite ca­bane en bois un groupe d’hommes en pleine dis­cus­sion. J’ap­prends que le port est gé­ré par une as­so­cia­tion de pêcheurs ou d’an­ciens pêcheurs. L’am­biance y est fran­che­ment dé­ten­due. Et je com­prends pourquoi mes ap­pels en VHF n’ont pas abou­ti.

Le spec­tacle épous­tou­flant de Ri­ba­des­se­la

Sans perdre de temps, je tra­verse le pont, longe le vil­lage cô­té ri­vière et en­tre­prends, dans le dé­but de cette soi­rée, la mon­tée de la fa­laise où trône une cha­pelle toute blanche. Que ce soit sur le che­min, sur le haut de la fa­laise, ou de tous les cô­tés... quel spec­tacle ! Je re­grette presque d’avoir dé­jà em­ployé tous ces su­per­la­tifs, tant je vou­drais les re­grou­per ici... L’en­droit est vé­ri­ta­ble­ment en­chan­teur et... si bien ca­ché. Quant à Ri­ba­de­sel­la ! Un vil­lage, simple, coloré, avec un pe­tit bra­se­ro à cô­té de chaque porte, une place où se re­trouvent chaque soir les ré­si­dents et où jouent les en­fants, un ar­rière-pays avec ses gre­niers po­sés sur des hautes pierres taillées en pointe afin de dé­cou­ra­ger les ron­geurs, les « cue­vas » trou­vées par ha­sard, en vé­lo, au dé­tour d’un che­min, grottes na­tu­relles de plu­sieurs di­zaines de mètres de hau­teur et trois cents mètres de lon­gueur ser­vant de tun­nel rou­tier, et puis la re­mon­tée de la ri­vière, et le brouillard as­tu­rien qui re­couvre et rem­plit tout en quelques mi­nutes... Mer­ci, Is­maël. Pen­dant quatre jours, des voi­liers fran­çais se suc­cèdent sur le pon­ton. En fait, se­lon le cap sui­vi, ce port est l’une des des­ti­na­tions pos­sibles pour la tra­ver­sée du golfe de Gas­cogne. Cer­tains font même l’al­ler et re­tour après une nuit d’es­cale ! Quand je quitte Ri­ba­de­sel­la en di­rec­tion de Gi­jón si­tué à vingt et un milles, nous sommes le lun­di 15 août. La baie de Gi­jón est peu pro­fonde, mais large de plus de trois milles. Il est conseillé de se pré­sen­ter au centre. Je suis donc at­ten­tif, tout en dé­cou­vrant la ville qui, de­vant moi, prend qua­si­ment toute la lar­geur du fond de cette baie. Un pre­mier bruit sourd mais très so­nore me sur­prend. J’écarte vite l’hy­po­thèse d’un pro­blème du mo­teur et sors sur la cour­sive. Une épaisse fu­mée blanche s’élève au-des­sus de Gi­jón au mo­ment où le bruit se ré­pète comme... un feu d’ar­ti­fice. Nous sommes en plein mi­lieu de jour­née et je ne vois qu’une ex­pli­ca­tion lo­gique : le dé­pôt d’un ar­ti­fi­cier a ex­plo­sé. La fu­mée s’in­ten­si­fie et des lu­mières blanches cli­gnotent un peu par­tout pen­dant un long mo­ment et dans un va­carme in­ten­si­fié par l’écho. Dans un pre­mier temps, je m’amuse à croire que le feu est ti­ré en mon hon­neur, mais bien vite je crains qu’il n’y ait des bles­sés. La place d’avant-port que l’on me pro­pose à la ra­dio est fa­cile à trou­ver, et un ma­rin m’at­tend sur le pon­ton. Je me dé­pêche d’amar­rer et me pré­ci­pite à la ca­pi­tai­ne­rie. Per­sonne ne pa­raît trou­blé. Après avoir de­man­dé ce qui s’est pas­sé, j’ap­prends que la fin des longues fêtes de 15 août est cé­lé­brée dans cette ré­gion par un feu d’ar­ti­fice ti­ré « à blanc » en plein jour...

Les avan­tages d’une halte à Gi­jón

Gi­jón a tous les atouts. C’est une grande ville mo­derne vi­vante, confor­table et do­tée d’un centre his­to­rique re­mar­quable. Elle s’étend suf­fi­sam­ment pour lon­ger d’un cô­té l’océan avec une très grande plage ac­cueillante et, de l’autre, abri­ter un port im­por­tant en fond de baie. Le centre his­to­rique fait la jonc­tion entre la plage et la par­tie la plus an­cienne du port. De larges places ac­cueillent chaque soir les couples es­pa­gnols dans leur tra­di­tion­nelle sor­tie de soi­rée. Les es­paces verts sont nom­breux. Un parc, qui en­globe les an­ciennes dé­fenses de la ville, couvre toute la col­line qui fait face à la baie. La vie y semble pai­sible, agréable, et je pense qu’il fait bon y vivre. Je passe à Gi­jón mes deux der­niers jours en As­tu­ries, ré­gion qui m’au­ra conquis. Mais je sais aus­si que la ba­lade d’Har­mo­nie me ré­serve de nou­velles sur­prises. La pro­chaine s’ap­pelle Ga­lice ! ■

La ri­vière Bi­das­soa sé­pare la France de l’Es­pagne, et il faut l’em­prun­ter pour re­joindre le port d’Hen­daye.

Ri­ba­de­sel­la est une ma­gni­fique es­cale qui mé­rite vraiment d’être vi­si­tée.

Sur le port de San­tan­der, quatre sta­tues en bronze rendent hom­mage aux en­fants pauvres qui, au dé­but du siècle, plon­geaient dans la mer pour ré­cu­pé­rer les pièces de mon­naie.

Le port de Ge­ta­ria est si­tué au pied de la mon­tagne de San Antón, dont la sil­houette res­semble à une sou­ris, ce qui lui vaut le surnom de la Sou­ris de Ge­ta­ria.

Si­tuée au pied du do­maine d’Ab­ba­dia, la baie de Loya n’est ac­ces­sible que par un che­min de terre es­car­pé. Ren­contre in­es­pé­rée au­tant qu’in­at­ten­due avec L’Her­mione, en quit­tant le port de La Rochelle.

Dres­sé sur les fa­laises, le châ­teau d’Ab­ba­dia avec son parc est un lieu magique qui offre une vue ma­gni­fique sur la baie d’Hen­daye.

Les bouées de che­nal ba­li­sant de la ri­vière Bi­das­soa pour re­joindre Hen­daye sont vraiment pe­tites.

Les va­can­ciers sur la plage de Ri­ba­de­sel­la pro­fitent des der­niers rayons de so­leil avant l’ar­ri­vée du brouillard qui vient dou­ce­ment de l’océan.

Am­biance as­su­rée le soir dans les ports es­pa­gnols, comme ici à Ge­ta­ria.

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