DOS­SIER Tout ce qu’il faut sa­voir pour bien ache­ter d’oc­ca­sion

C’est un fait, l’oc­ca­sion re­pré­sente un ex­cellent moyen pour na­vi­guer moins cher et, sur­tout, pour ca­bo­ter à bord d’une uni­té plus grande qu’une neuve pour le même prix. La preuve est là car, quand le mar­ché du neuf s’est ef­fon­dré après la crise de 2008,

Moteur Boat Magazine - - SOMMAIRE - T E X T E : F R A N Ç O I S PA R I S . P H O T O S : V I R G I N I E P E L A G A L L I , L’ A U T E U R E T D R .

L’oc­ca­sion, va­leur re­fuge de la plai­sance ? À écou­ter cer­tains pro­fes­sion­nels, il y a fort à pa­rier que c’est ef­fec­ti­ve­ment le cas. Face à des ventes de ba­teaux neufs plu­tôt dif­fi­ciles dans les an­nées qui ont sui­vi la crise de 2008, le mar­ché de l’oc­ca­sion a même réus­si l’ex­ploit de res­ter stable au coeur de la tem­pête, voire d’aug­men­ter de­puis 2014. Com­ment ex­pli­quer ce phé­no­mène ? Tout sim­ple­ment parce qu’un ba­teau d’oc­ca­sion a dé­jà dé­co­té. La pre­mière an­née, il perd 20 % de sa va­leur, qu’il s’agisse de coques ri­gides ou se­mi-ri­gides, toutes marques confon­dues. Cer­taines dé­cotent moins que d’autres (les plus haut de gamme, gé­né­ra­le­ment), mais elles af­fichent quand même une baisse im­por­tante de la va­leur les pre­mières an­nées (en­vi­ron 15 % la deuxième, 12 % la troi­sième, 10 % la qua­trième, etc.). Ce n’est qu’au bout de huit ou dix ans que la va­leur se sta­bi­lise ou, du moins, que le ba­teau dé­cote seu­le­ment de 3 à 5 % par an, rai­son pour la­quelle les pri­mo-ac­cé­dants se tournent en prio­ri­té vers l’oc­ca­sion. Ce suc­cès est tel que cer­tains conces­sion­naires ont du mal à trou­ver des uni­tés à vendre, et ce quelle que soit la ré­gion. Il s’agit bien sûr d’oc­ca­sions en bon état, pas de vieux ba­teaux hors d’usage… Peut-on craindre une re­mon­tée des prix de ce sec­teur, face à ce qui s’ap­pa­rente à une pé­nu­rie ?

Être au bon prix pour vendre

« Peu de risque », ré­pond Jean-Mi­chel Viant, ex­pert ma­ri­time et ar­chi­tecte naval à La Tri­ni­té­sur-Mer. D’abord, parce que le sec­teur n’a rien à y gagner. Mais sur­tout parce que, de­puis 2008, les pro­fes­sion­nels savent qu’il faut être au bon prix pour vendre, une no­tion que les par­ti­cu­liers ont d’ailleurs du mal à in­té­grer ; on le constate lors de sa­lons comme le Mille Sa­bords au Croues­ty, où les ven­deurs in­di­vi­duels cô­toient les pro­fes­sion­nels, par­fois avec des ba­teaux iden­tiques mais dont le prix est loin d’être si­mi­laire ! Tou­te­fois, plu­tôt qu’une ra­ré­fac­tion, c’est un schisme entre les bonnes oc­ca­sions et les moins bonnes qui peut ap­pa­raître. « Les bonnes af­faires pour­ront voir leur prix aug­men­ter », pré­cise Jean-Mi­chel Viant. Pour Pas­cal Mar­ty, ex­pert ma­ri­time à Sa­na­ry-sur-Mer : « Si le ba­teau est au bon prix et s’il pos­sède une place de port, l’ache­teur ne dis­cu­te­ra pas le prix. D’ailleurs, je ne pense pas qu’il y ait une pé­nu­rie d’oc­ca­sions, mais plu­tôt une pé­nu­rie de bons ba­teaux d’oc­ca­sion. Les bonnes oc­ca­sions sont ra­re­ment mises à la vente, elles partent im­mé­dia­te­ment. » Par ailleurs, plu­tôt que de chan­ger de mon­ture, les plai­san­ciers ont ten­dance à l’équi­per et à la bi­chon­ner da­van­tage. Qu’il s’agisse d’une re­mise en état ou d’un achat, les or­ga­nismes de cré­dit jouent le jeu et les fi­nan­ce­ments ne se sont pas ta­ris. Les taux (ceux des cré­dits stan­dard) n’ont pas pro­gres­sé et la LOA (lo­ca­tion avec op­tion d’achat) de­meure tou­jours très at­trac­tive pour qui pos­sède un ap­port. Du cô­té des pe­tites annonces, In­ter­net a pro­fon­dé­ment chan­gé les ha­bi­tudes des consom­ma­teurs, et la plu­part des re­cherches dé­butent au­jourd’hui der­rière un écran, à l’ex­cep­tion peut-être des sa­lons spé­cia­li­sés en oc­ca­sion. Certes, les ha­bi­tudes ont chan­gé, mais la règle d’or est la même : pour vendre au­jourd’hui son ba­teau, il est im­pé­ra­tif de le pla­cer dès le dé­but au bon prix !

Il est for­te­ment re­com­man­dé, voire in­dis­pen­sable, de faire ap­pel à un ex­pert ma­ri­time avant tout achat d’oc­ca­sion.

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