Ve­nise en fa­mille ..............................................................

Vi­si­ter Ve­nise et sa la­gune en ba­teau, loin de l’agi­ta­tion des zones tou­ris­tiques sur­peu­plées, reste cer­tai­ne­ment la meilleure op­tion pour pro­fi­ter plei­ne­ment de ce site ex­cep­tion­nel. Outre Ve­nise, nous avons aus­si pu dé­cou­vrir du­rant une se­maine à bord d

Moteur Boat Magazine - - SOMMAIRE - TEXTE ET PHO­TOS : BER­TRAND BEAUJEAN.

La la­gune de Ve­nise s’étend sur plus de 500 km2, mais elle est com­po­sée en ma­jeure par­tie de ma­ré­cages, si bien que seule­ment 10 % en­vi­ron de sa su­per­fi­cie est navigable. Lorsque nous at­ter­ris­sons à l’aé­ro­port Marco Po­lo, nous sommes écra­sés par la cha­leur étouf­fante, mais la pers­pec­tive de pas­ser une se­maine à dé­am­bu­ler dans la la­gune à bord d’un Lins­sen 410 nous fait sup­por­ter fa­ci­le­ment cette pé­riode de ca­ni­cule in­ha­bi­tuelle. Le ba­teau nous at­tend dans la ma­ri­na de Cer­to­sa et le plus simple et sur­tout le moins coû­teux pour s’y rendre est d’op­ter pour la ligne ré­gu­lière de ba­teau-bus au dé­part de l’aé­ro­port (voir en­ca­dré). À notre ar­ri­vée à Cer­to­sa, Francesco, le pro­prié­taire du ba­teau, nous ac­cueille à bras ou­verts et nous ex­plique le fonc­tion­ne­ment des di­vers équi­pe­ments du bord. Il nous donne éga­le­ment de pré­cieux conseils sur la na­vi­ga­tion dans la la­gune, ain­si que les pièges à évi­ter et les sites à dé­cou­vrir. Le len­de­main ma­tin, nous quit­tons Cer­to­sa pour al­ler goû­ter la douce tem­pé­ra­ture de la mer Adria­tique. La ma­ri­na est si­tuée juste en face de l’une des trois em­bou­chures de la la­gune me­nant à la mer. À peine une heure plus tard, le mouillage est so­li­de­ment an­cré par quatre mètres de fond et nous sa­vou­rons cette eau à 28° C qui nous ra­fraî­chit mal­gré tout. L’orage an­non­cé pointe le bout de son nez au large en dé­but d’après-mi­di, et nous quit­tons notre mouillage pour ren­trer dans la la­gune. À l’ap­proche de Ve­nise, le tra­fic ma­ri­time est très dense. Nous cir­cu­lons entre l’île de Ve­nise et Giu­dec­ca. La cé­lèbre place Saint-Marc noire de monde se des­sine sur notre tri­bord. Le cam­pa­nile de la ba­si­lique San Gior­gio Mag­giore, si­tuée sur l’île du même nom juste en face de la place Saint-Marc, offre une vue im­pre­nable sur Ve­nise et ses en­vi­rons. Le ca­pi­taine du port de cette pe­tite île nous au­to­rise une courte es­cale le temps de gra­vir les 60 mètres du cam­pa­nile et de pro­fi­ter de cette vue à cou­per le souffle. Puis c’est à 6 ou 7 noeuds, tran­quille­ment, que nous re­ga­gnons notre port d’at­tache en fin d’après-mi­di.

Une ma­gni­fique es­cale de deux nuits à Chiog­gia

Après avoir consul­té la carte de la la­gune, nous dé­ci­dons de re­joindre le len­de­main la ville de Chiog­gia (voir en­ca­dré) si­tuée à l’ex­trême sud à une quin­zaine de milles. Nous lon­geons l’île du Li­do par l’in­té­rieur pour at­teindre en­suite celle de Pel­les­tri­na, une étroite langue de terre qui sé­pare la la­gune de la mer Adria­tique. Sur notre par­cours, nous amar­rons notre Lins­sen le long d’un quai dé­sert au bord d’un pe­tit vil­lage de Pel­les­tri­na com­po­sé de mai­sons toutes très co­lo­rées. Cette courte es­cale est ma­gni­fique. Il règne ici un calme que nous ap­pré­cions tous. Quit­ter l’ef­fer­ves­cence de Ve­nise a du bon et nous pro­fi­tons de cette pause pour dé­jeu­ner à bord du ba­teau et nous bai­gner. Nous at­tei­gnons Chiog­gia en mi­lieu d’après-mi­di et dé­ci­dons de faire es­cale dans la ma­ri­na de Dar­se­na le Sa­line au nord de la ville. Ce port offre de nom­breux avan­tages, dont la proxi­mi­té avec le centre-ville his­to­rique,

l’ab­sence de routes pas­santes aux abords et la très belle pis­cine qui fait le bon­heur des en­fants. Après cette ma­gni­fique es­cale de deux nuits, nous quit­tons Chiog­gia pour dé­cou­vrir les îles cé­lèbres de Bu­ra­no et Mu­ra­no. Le len­de­main, nous nous ac­cor­dons une fois de plus une pause en mer Adria­tique au mouillage avant de re­joindre Bu­ra­no. Notre séance de bai­gnade est ce­pen­dant écour­tée par l’ar­ri­vée d’un nou­vel orage qui se montre cette fois beau­coup plus me­na­çant. Il nous rat­trape sur la route pour re­joindre Bu­ra­no, et la foudre s’abat par­tout au­tour de nous. Les nuages sont si épais qu’il fait qua­si­ment nuit et pour­tant il n’est que 15 heures. À bord l’in­quié­tude est grande, sur­tout lorsque, à quelques di­zaines de mètres avant d’abor­der Bu­ra­no, nous sommes pris dans une tor­nade d’une vio­lence rare. Nous at­ten­dons qu’elle passe en fai­sant le dos rond avant d’ac­cos­ter. Ce n’est que le len­de­main en dé­cou­vrant la une des jour­naux lo­caux que nous me­su­rons l’am­pleur de cette tor­nade qui a dé­vas­té une par­tie du lit­to­ral.

Mu­ra­no et Bu­ra­no, deux îles in­con­tour­nables

Après toutes ces émo­tions, nous pas­sons le reste de la jour­née à Bu­ra­no et pro­fi­tons de cette île splen­dide avec ses nom­breuses mai­sons de pê­cheurs co­lo­rées (voir en­ca­dré). Si­tuée juste au nord de Ve­nise, l’île de Mu­ra­no avec ses souf­fleurs de verre est aus­si un site in­con­tour­nable (voir en­ca­dré). Ve­nise et sa la­gune re­gorgent de tré­sors et une se­maine de na­vi­ga­tion ne suf­fit pas pour tout dé­cou­vrir. Néan­moins, nous avons pu vi­si­ter les sites les plus ré­pu­tés. Et dé­cou­vrir Ve­nise à bord de ce splen­dide Lins­sen 410 AC offre des mo­ments ma­giques. ■

Le centre his­to­rique de Ve­nise n’est ac­ces­sible qu’aux va­po­ret­to et aux ré­si­dents. Il faut donc ré­ser­ver un ba­teau-taxi pour dé­cou­vrir les nom­breux ca­naux de la ci­té des Doges.

La sculp­ture de l’ar­tiste Lo­ren­zo Quinn re­pré­sen­tant deux mains sou­te­nant Ve­nise et sym­bo­li­sant la force créa­trice et des­truc­trice de l’homme a pour but de sen­si­bi­li­ser aux risques du ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique.

Le Grand Ca­nal est le plus grand et le plus large des ca­naux de Ve­nise, mais il est in­ter­dit aux plai­san­ciers.

L’amar­rage à Ve­nise est ré­gle­men­té, mais de courts ar­rêts sont to­lé­rés afin de se ra­vi­tailler, par exemple, comme ici sur la rive nord juste en face de l’île ci­me­tière de San Mi­chel.

Les vil­lages de pê­cheurs de l’île de Pel­les­tri­na sont consti­tués de mai­sons très co­lo­rées. Le calme ap­pré­ciable qui règne ici contraste avec l’ef­fer­ves­cence de Ve­nise.

L’île du Li­do, la sta­tion bal­néaire de Ve­nise, abrite de splen­dides de­meures et est bor­dée de ma­gni­fiques plages ou­vertes sur la mer Adria­tique.

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