PREND DE LA VI­TESSE…

De Ran­dy de Pu­niet à Jules Clu­zel en pas­sant, entre autres, par Alexis Mas­bou, Mike Di Me­glio, Louis Ros­si, l’en­du­rance ac­cueille de plus en plus de pi­lotes de vi­tesse. Et ce­la ne semble pas près de s’ar­rê­ter.

Moto Journal - - ENDURANCE - PAR Va­len­tin Rous­sel, Pierre Or­luc et Va­lé­rie Mo­re­no PHO­TOS Good-shoot et PO

De­puis qu’eu­ro­sport Events est ré­cem­ment de­ve­nu le pro­mo­teur du cham­pion­nat du monde d’en­du­rance, la ca­té­go­rie ne cesse de se dé­ve­lop­per. Il y a bien sûr eu le chan­ge­ment de ca­len­drier avec une sai­son qui se dé­roule main­te­nant à che­val sur deux an­nées fis­cales (lire l’en­ca­dré page sui­vante). La mé­dia­ti­sa­tion est éga­le­ment en hausse dans de nom­breux pays et l’in­té­rêt des usines et des ma­nu­fac­tu­riers se fait de plus en plus sen­tir. Aux 24 Heures du Mans, Na­ka­ji­ma San, pa­tron du ser­vice course Ya­ma­ha, et Ya­ma­da San, l’un des pa­trons de Brid­ges­tone en compétition, étaient en ef­fet pré­sents dans les pad­docks. Les pi­lotes ob­servent aus­si avec at­ten­tion ce qu’il se passe dans ce cham­pion­nat. Va­len­ti­no Ros­si a d’ailleurs dé­jà dé­mon­tré son in­té­rêt pour l’en­du­rance quand il a rem­por­té les 8 Heures de Su­zu­ka avec Co­lin Ed­wards, en 2001. L’ita­lien ne se­rait pas contre re­mettre le cou­vert, mais il pré­fère pour l’ins­tant don­ner la prio­ri­té au Mo­togp. Vain­queur des deux der­nières édi­tions des 8 Heures de Su­zu­ka avec Brad­ley Smith puis Alex Lowes, Pol Es­par­ga­ro, qui a de­puis re­joint les rangs de KTM, est tom­bé amou­reux de l’en­du­rance. « C’est vrai­ment une grande fa­mille », avait- il dé­cla­ré après sa pre­mière vic­toire au Ja­pon, en 2015. S’il a traî­né ses cuirs pen­dant de nom­breuses an­nées en Grands Prix, où il a no­tam­ment ter­mi­né troi­sième du cham­pion­nat du monde 250 en 2004 avant de mon­ter sur deux po­diums en Mo­togp, Ran­dy de Pu­niet avait lui aus­si en­vie de ten­ter l’aven­ture de l’en­du­rance. Et si le Pa­ri­sien évo­lue dé­sor­mais dans ce cham­pion­nat, ce n’est que pour une seule chose : ga­gner. Troi­sième de cette 40e édi­tion des 24 Heures avec Ma­thieu Gi­nès et Fa­bien Fo­ret sur la Ka­wa­sa­ki SRC, ce­lui qui oc­cupe dé­sor­mais le rôle de consul­tant sur Eu­ro­sport pour le Mo­togp ne ca­chait d’ailleurs pas sa dé­cep­tion peu après la course : « Je dis la vé­ri­té ou ce que les gens veulent en­tendre ? Je suis très dé­çu. Je vou­lais ga­gner cette course, mais j’ai fait une er­reur et nous avons en­suite eu des sou­cis tech­niques. De toute fa­çon, même à la ré­gu­lière, nous n’avions pas les moyens de l’em­por­ter. Cette troi­sième place est le meilleur ré­sul­tat que nous pou­vions es­pé­rer ! »

UN NOMBRE RE­CORD DE PI­LOTES DE VI­TESSE À SU­ZU­KA ?

En plus de Ran­dy, de nom­breux pi­lotes l’ayant cô­toyé sur les pad­docks de Grands Prix étaient là, comme

Alexis Mas­bou, Mike Di Me­glio, Jules Clu­zel, ou en­core Louis Ros­si. Vain­queur du Bol d’or 2016 en Su­per­stock avec l’équipe Mo­to Ain de Pierre Cha­puis pour sa pre­mière course en En­du­rance, Alexis Mas­bou trou­vait d’ailleurs cette si­tua­tion as­sez sym­pa : « On s’est tou­jours croi­sés, car j’ai rou­lé pen­dant des an­nées avec Mike, Louis ou Jules. Il n’y avait qu’avec Ran­dy que je n’avais pas en­core pu par­ta­ger la piste. C’est en tout cas très bien d’avoir des pi­lotes de ce ni­veau-là. Ce­la fait mon­ter en­core la com­pé­ti­ti­vi­té du cham­pion­nat. » Mais qu’est-ce qui mo­tive ces pi­lotes de vi­tesse à ve­nir s’es­sayer à l’en­du­rance ? Jules Clu­zel, qui dis­pu­tait, dans le team LMD 63, sa pre­mière course d’en­du­rance au Mans, ra­conte : « Il y a une no­tion de par­tage, d’en­traide et de dé­pas­se­ment de soi. C’est quelque chose qui me plaît. » Pi­lote au Sert de­puis de nom­breuses an­nées, Etienne Mas­son voit en tout cas l’ar­ri­vée des pi­lotes de vi­tesse comme une bonne nou­velle pour le cham­pion­nat, même s’il sait que la concur­rence n’en se­ra que plus rude : « Il y a beau­coup de pi­lotes dans les équipes of­fi­cielles qui sont pas­sés par les Grands Prix et qui ont des car­rières beau­coup plus im­por­tantes que la mienne ou celle d’an­tho­ny [Del­halle]. C’est donc une fier­té pour nous d’ar­ri­ver à ce ni­veau et de se confron­ter à des pi­lotes comme Ran­dy de Pu­niet, Fa­bien Fo­ret ou Broc Parkes. Ja­mais je n’au­rais ima­gi­né me me­su­rer à eux. » Et cette ten­dance n’est pas près de s’ar­rê­ter puisque Fran­çois Ri­bei­ro, le di­rec­teur des opé­ra­tions chez Eu­ro­sport Events, a dé­jà an­non­cé un nombre re­cord de pi­lotes de vi­tesse lors des pro­chaines 8 Heures de Su­zu­ka.

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