Née Seeley et ani­mée par un CB 750, elle de­vient Japauto en Al­le­magne. His­toire.

Née Seeley, cette ma­chine ani­mée par un mo­teur Honda CB 750 est de­ve­nue Japauto en Al­le­magne.

Moto Revue Classic - - Sommaire - Texte : Ch­ris­tophe Gaime – Pho­tos : Ja­ceck Bils­ki

En France, tout le monde connaît les Japauto. Cette marque, née de la vo­lon­té du conces­sion­naire pa­ri­sien Ch­ris­tian Vi­la­se­ca, s’est im­po­sée par deux fois au Bol d’or, en 1972 et 1973. La ré­pu­ta­tion de ces ma­chines a ra­pi­de­ment pas­sé les fron­tières et pas seule­ment grâce à leur pal­ma­rès. Le ca­ré­nage des­si­né à l’époque par Claude Mo­rin (au­jourd’hui pa­tron des casques Roof) a fait énor­mé­ment (sans jeu de mots) pour la no­to­rié­té de la marque. Ain­si, on a dé­ni­ché un exem­plaire en Al­le­magne qui a été bap­ti­sé Japauto mais qui n’en ait pas une ! Si elle em­prunte bien son ha­billage à la 1000 VX (ca­ré­nage, selle et ré­ser­voir), le cadre est si­gné Seeley et la pré­pa­ra­tion mo­teur Eckert. Concer­nant les cadres, Japauto a d’abord fait ap­pel à l’an­glais Dave De­gens et à sa marque Dres­da puis au Fran­çais Édouard Mo­re­na et ses par­tie-cycles PEM mais ja­mais à Co­lin Seeley. Concer­nant les mo­teurs, ils étaient d’abord équi­pés de pis­tons Bré­tille puis de JPX, dans les deux cas du made in France ! Mais ne bou­dons pas notre plai­sir et dé­taillons cette belle évo­ca­tion de la « moto pa­ri­sienne ».

Ro­land Eckert passe la cy­lin­drée à 963 cm3

À l’ori­gine de cette bé­cane, on trouve sim­ple­ment l’un des 100 kits Seeley pour Honda CB 750 im­por­tée en Al­le­magne par Gun­dolf Birke. On est en 1977 et le pre­mier client y monte un mo­teur F2, la der­nière évo­lu­tion du fa­meux mo­teur quatre-pattes. La moto passe de mains en mains, écume les routes al­le­mandes puis fi­nit par at­ter­rir en 2007 dans le ga­rage d’hei­ko Bar­tels qui dé­cide de la restaurer et de l’équi­per d’un ha­billage com­plet Japauto. Dans sa jeu­nesse, il était sur le cir­cuit du Mans et a été frap­pé par le de­si­gn des mo­tos fran­çaises. Quelques an­nées plus tard, il se sé­pare de sa ma­chine et le nou­veau pro­prié­taire dé­cide d’en faire une ma­chine dé­diée à la piste. Il dé­pose le mo­teur et le confie à Ro­land Eckert, l’un des meilleurs pré­pa­ra­teurs al­le­mands. Ce der­nier passe la cy­lin­drée à 963 cm3 grâce à des pis­tons for­gés Wi­se­co, monte une rampe de car­bu­ra­teurs Kei­hin CR 33, un al­lu­mage Dy­na, un arbre à cames en tête Yo­shi­mu­ra et en­fin, un qua­treen-un de la même marque. De quoi faire cra­cher 80 che­vaux au bon vieux quatre-

ÉVI­DEM­MENT, ELLE NE POU­VAIT ÊTRE QUE ROUGE, UNE COU­LEUR QUI A POR­TÉ CHANCE AUX JAPAUTO DANS LES AN­NÉES 70

pattes. Avec une telle ca­va­le­rie, il a bien fal­lu adap­ter la par­tie-cycle. Le cadre lui-même, dé­jà fort bien conçu en tube d’acier Rey­nolds 531, n’a pas été mo­di­fié mais en re­vanche, le bras os­cil­lant a été rem­pla­cé par un GFM de sec­tion car­rée. Il a été mon­té avec une paire d’amor­tis­seurs Wil­bers. Pour la sus­pen­sion avant, une Mar­zoc­chi de 38 mm a été re­te­nue tan­dis que les roues sont des Fi­scher-com­star en 18 pouces. Le frei­nage est as­su­ré par deux étriers à deux pis­tons Brem­bo. Évi­dem­ment, la ma­chine ne pou­vait être que rouge, une cou­leur qui a por­té chance aux Japauto au dé­but des an­nées 70. Et si cette moto est ré­gu­liè­re­ment en­ga­gée dans les courses d’en­du­rance clas­siques en Al­le­magne (c’est pour ça qu’elle a des phares et des feux ar­rière), c’est à l’oc­ca­sion des Coupes Moto Lé­gende sur le cir­cuit de Di­jon-pres­nois qu’elle a ren­con­tré le plus de suc­cès. Un juste re­tour des choses dans le fond.

1- La Seeley-japauto-eckert consti­tue un bel hom­mage aux créa­tions de Ch­ris­tian Vi­la­se­ca du dé­but des an­nées 70. 2- Sur le bras os­cil­lant GFM, la ten­sion de chaîne s’ef­fec­tue par ex­cen­triques. 3- Le quatre-cy­lindres est ali­men­té par une rampe de car­bu­rate

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.