Que de­viens-tu ? JO­SÉ KUHN

Au­teur d’une car­rière mé­téo­rique qui l’a ra­pi­de­ment me­né au gui­don de la Ya­ma­ha de Fred­die Spen­cer en Grands Prix 500, Jo­sé Kuhn n’est pas res­té très long­temps éloi­gné des cir­cuits. Le Gre­no­blois y passe au­jourd’hui le plus clair de son temps pour une deu

Moto Revue - - Retrouvailles - Par Alexis De­lisse. Pho­tos AD et archives MR.

Ma car­rière s’est ar­rê­tée de fa­çon un peu par­ti­cu­lière, alors que je de­vais par­tir pour une an­née de Mon­dial Su­per­sport. Un gros spon­sor m’a lâ­ché tar­di­ve­ment et je me suis re­trou­vé le bec dans l’eau quelques se­maines avant le dé­but de sai­son. Ça a été un peu dur mais j’étais très proche de Ber­nard Gar­cia et on a tour­né la page en­semble à ce mo­ment- là. » Une cou­pure de la mo­to qui passe par une ten­ta­tive de re­con­ver­sion réus­sie dans la vente, où l’es­prit de com­pé­ti­tion de Jo­sé Kuhn fait merveille. « Quand j’ai pris ma re­traite, comme beau­coup de pi­lotes, j’avais en­vie de res­ter dans le mi­lieu, se sou­vient le na­tif de Ca­ra­cas. C’est un uni­vers de pas­sion­nés et cô­toyer tout ce monde qui gra­vite au­tour de la course est très plai­sant. Mais il y a un mo­ment où on a en­vie de chan­ge­ment, de voir si on est ca­pable de faire autre chose. J’ai es­sayé et ça mar­chait très bien. Mais c’est vite de­ve­nu en­nuyeux de faire tous les jours la même chose. La course, c’est plus ludique, même si c’est plus stres­sant et plus aléa­toire. Nos pre­mières amours ne nous quittent pas et je suis re­ve­nu. Au­jourd’hui, je ne me vois pas faire autre chose. Ça me prend beau­coup de temps mais ça m’en laisse aus­si pour être avec ma fa­mille pen­dant l’hi­ver. » Car il faut dire que le bon­homme ne chôme pas du­rant la sai­son. En plus de son job – le plus im­por­tant à ses yeux – de père de fa­mille, Jo­sé est édu­ca­teur spor­tif à mo­to au sein de l’école de pi­lo­tage H2S de Dominique Sar­ron et par­ti­cipe à de nom­breux stages à tra­vers la France. « Je tra­vaille éga­le­ment en tant que chef de piste et conseiller concer­nant la mo­to au cir­cuit de Bresse de­puis une di­zaine d’an­nées. C’est plus du rou­lage où on es­saye de gui­der les gens sur la dé­cou­verte de la piste et pour ceux qui en font plus ré­gu­liè­re­ment, je les ac­com­pagne, je roule avec eux et leur donne des conseils sans qu’ils aient à payer un sup­plé­ment. C’est le cir­cuit qui prend en charge ma pres­ta­tion. » Mais son uni­vers de coeur res­tant la com­pé­ti­tion, c’est aux cô­tés de Fred­dy Fo­ray pour l’en­du­rance et Étienne Mas­son en cham­pion­nat de France Su­per­bike qu’il s’épa­nouit le plus. « L’ap­proche est un peu dif­fé­rente entre les deux ca­té­go­ries, ex­plique Jo­sé. En Su­per­bike, je gère le cô­té per­for­mance en piste. Je suis en bord de piste, je filme et je fais part de mes im­pres­sions à Étienne. Le fait d’être à l’ex­té­rieur me donne un re­gard neutre et mon rôle est d’es­sayer de ga­gner du temps pen­dant les séances d’es­sais, dans tous les sens du terme. D’au­tant que cette an­née, avec la nou­velle Su­zu­ki, il y a beau­coup de tra­vail. Comme avec la Hon­da pour Fred­dy d’ailleurs. Ce sont deux mo­tos qui sont ar­ri­vées tard et le dé­ve­lop­pe­ment prend du temps. En en­du­rance, comme la course est très longue, il y a aus­si le cô­té “être là quand il en a be­soin”. Pré­pa­rer les

af­faires, ap­por­ter les casques, s’as­su­rer qu’il mange quand il faut... Je sur­veille par ailleurs la pré­pa­ra­tion phy­sique des deux pi­lotes et j’en dis­cute beau­coup avec eux. C’est un rôle po­ly­va­lent, qui va du coach à la nou­nou. » Un rôle qui est loin d’être im­pro­vi­sé et qui a évo­lué au fil du temps. « Avec Fred­dy, ça fait plus de 10 ans qu’on tra­vaille en­semble et au dé­but, je pui­sais beau­coup dans mon ex­pé­rience per­son­nelle, ra­conte le coach. J’ai eu beau­coup de vic­toires avec Fred­dy et avec Étienne et au­jourd’hui, c’est mon ex­pé­rience de coach qui me sert presque plus que mon pas­sé de pi­lote. C’est sûr qu’avec mon vé­cu de pi­lote mo­to, quand on dis­cute, on a le même dis­cours. Je sais exac­te­ment de quoi ils me parlent. Mais à pré­sent, le coach a pris le des­sus. » En tout cas, le goût de la com­pé­ti­tion est en­core bien pré­sent puisque l’ex­pi­lote pra­tique par ailleurs le CrossFit – dis­ci­pline spor­tive ô com­bien exi­geante – à un ni­veau national dans sa ca­té­go­rie d’âge...

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