La pres­qu’île 5 étoiles

De Golfe-Juan à An­tibes, les lieux d’ex­cep­tion se suc­cèdent : port de l’Oli­vette, plage de la Ga­roupe, Eden Roc... C’est le jar­din se­cret d’un yach­ting chic et at­ta­ché à ses tra­di­tions où les ports Gal­lice et Vau­ban s’ap­prêtent à faire peau neuve.

Neptune Yachting Moteur - - Spécial Côte d’Azur - Texte Mi­chel Lui­zet - Pho­tos Ca­mille Moi­renc et l’au­teur

Huit heures du ma­tin sur le môle est, de­vant la ca­pi­tai­ne­rie. Pas un nuage dans le ciel. On s’ac­tive au­tour des ba­teaux. C’était au­tre­fois l’heure du lai­tier. C’est au­jourd’hui celle des li­vreurs de fuel. Trois ca­mions-ci­ternes ont in­ves­ti les lieux. Ce­lui de Ju­lien achève le rem­plis­sage d’un Baia 100. 4 000 l de ga­soil viennent d’être trans­va­sés dans les cuves du yacht de 30 m. « Je ne connais pas le mon­tant de la fac­ture. La tran­sac­tion a dé­jà été ef­fec­tuée ».

180 000 la se­maine en sai­son

La veille, notre chauf­feur a li­vré 30 m de car­bu­rant à La­ti­ko, su­perbe Be­net­ti Vi­sion de 43 m. Le yacht dé­bute sa sai­son de char­ter à 180 000 la se­maine en haute sai­son, sans les ex­tras. Bien­ve­nue au port Vau­ban, ca­pi­tale mé­di­ter­ra­néenne du yach­ting haut de gamme. An­tibes dé­croche le titre de pre­mière ma­ri­na d’Eu­rope, même si, avec ses 1 700 an­neaux, elle fait fi­gure de Pe­tit Pou­cet com­pa­ré au 5 000 places de PortCa­margue. « Ce sont les yachts qui font en réa­li­té la dif­fé­rence, pré­cise-t-on à la ca­pi­tai­ne­rie. En ma­tière de ton­nage, nous sommes bien nu­mé­ro un ! » Pour s’en convaincre, il suf­fit d’ar­pen­ter le fa­meux quai des Milliar­daires qui est ca­pable d’ac­cueillir des mé­gayachts. En­core faut-il pou­voir l’at­teindre car de­puis peu, l’ac­cès à la digue a été fer­mé aux tou­ristes qui en avaient fait un but de pro­me­nade. « Ques­tion de sé­cu­ri­té » nous a-t-on ré­pon­du à la CCI Nice Côte d’Azur qui gère le port. Cette si­tua­tion ne se­rait pas dé­fi­ni­tive. Ce jour-là, les ba­dauds au­raient pu y ad­mi­rer Sa­van­nah, Fead­ship de 84 m, Air, yacht de 81 m is­su du même chan­tier hol­lan­dais, ou en­core Phoe­nix II, Lürs­sen de 90 m de long. « Le quai

des Milliar­daires est la vi­trine de ce qui se fait de mieux dans le mi­lieu du yacht, ex­plique Ju­lien, bro­ker sur An­tibes. Il n’y a pas un yacht de

plus de dix ans d’âge ! » À l’en­trée du port Vau­ban, tout près des rem­parts du vieil An­tibes, on fait la ren­contre de Théo qui gère une flotte de ba­teaux de lo­ca­tion aux di­men­sions net­te­ment plus rai­son­nables. Il y en a ici pour toutes les bourses. Le ba­teau sans per­mis se loue 140 € la jour­née contre 3 500 € pour une Fer­ret­ti 500 de 17 m, skip­per en sus. Où partent na­vi­guer les clients ? « Ils mettent gé­né­ra­le­ment cap à l’ouest, vers les îles de Lé­rins si­tuées à 7 milles de dis­tance. Sou­vent, ils pré­fèrent ca­bo­ter au­tour de la pres­qu’île du Cap d’An­tibes. »

Res­tau­rant chic les pieds dans l’eau

Le mouillage le plus fa­meux du cap est l’anse de la Ga­roupe. Les ba­teaux s’y pré­ci­pitent en plein été pour je­ter l’ancre au plus près des bouées jaunes qui pro­tègent cette crique mo­dé­ré­ment ur­ba­ni­sée. Celle-ci est oc­cu­pée presque en­tiè­re­ment par les deux pon­tons et les ma­te­las de la Plage Kel­ler, un res­tau­rant pieds dans l’eau de­ve­nu le re­père chic des plai­san­ciers du coin (lire l’ar­ticle ci-contre). Moins d’un de­mi-mille plus à l’ouest, voi­là le cap d’An­tibes qui est à peine plus saillant que les autres pointes de la pres­qu’île. Ici com­mence le « Mi­racle Mile », le bout de lit­to­ral le plus hup­pé de la Côte d’Azur. Les ré­si­dences de luxe des milliar­daires russes et saou­diens se suc­cèdent sur un pé­ri­mètre res­ser­ré de trois ki­lo­mètres de long. La vil­la de la Croë, pro­prié­té du mil­liar­daire russe Ro­man Abra­mo­vitch, est la plus em­blé­ma­tique de la côte mais comme la plu­part de ces pro­prié­tés, un mur d’en­ceinte ados­sé à une pi­nède touf­fue em- pêche toute in­dis­cré­tion. Les plai­san­ciers pour­ront tou­te­fois mouiller pour la jour­née dans les ca­lanques tout en res­tant vi­gi­lants en cas de flux d’ouest. Bien qu’ou­vert à l’est et au sud, le seul vé­ri­table mouillage pour la nuit se trouve un peu plus bas. L’anse de l’Ar­gent-Faux, der­rière la pointe de l’Ilette, a des airs de ca­lanque mar­seillaise. L’en­droit est on ne peut plus pri­vi­lé­gié et on de­vine en­core la pré­sence de splen­dides

mai­sons à proxi­mi­té. Le pres­ti­gieux res­tau­rant Eden Roc est tout près. Il est pos­sible de mouiller de­vant pour dé­bar­quer sur le pon­ton ré­ser­vé aux clients-plai­san­ciers, mais en fai­sant ap­pel uni­que­ment au ser­vice de na­vette (50 € le pas­sage !). Le ca­bo­tage doit s’ache­ver im­pé­ra­ti­ve­ment par une halte de­vant le moins se­lect as­su­ré­ment mais en­core plus au­then­tique port-abri pit­to­resque de l’Oli­vette où seuls les vieux poin­tus, élus pre­mière mer­veille d'An­tibes... par les An­ti­bois, ont droit de ci­té.

Le Cap d’An­tibes, su­perbe pres­qu’île boi­sée où les ter­rains s’ar­rachent à prix d’or.

Le port Vau­ban abrite l’une des plus grosses concen­tra­tions de yachts de toute la Mé­di­ter­ra­née.

Le port Vau­ban d’An­tibes est le plus grand port de la Côte d’Azur

A l’en­trée du port Vau­ban, Théo gère l’agence de lo­ca­tion Paul Nau­tic, qui pro­pose des ba­teaux de 140 à 3 500 eu­ros la jour­née.

La ca­pi­tai­ne­rie ac­tuelle, construite en 1969, se­ra rem­pla­cée par un bâ­ti­ment en verre aux al­lures de tour de contrôle fu­tu­riste qui abri­te­ra un res­tau­rant pa­no­ra­mique.

Le res­tau­rant Eden Roc de­meure l’éta­blis­se­ment de pres­tige em­blé­ma­tique du cap d’An­tibes.

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