L’en­nui au mu­sée

Nice-Matin (Cannes) - - Détente - PH. D.

LE MU­SÉE DES MER­VEILLES

De Todd Haynes (USA). Avec Oakes Fe­gley, Millicent Sim­monds, Ju­lianne Moore. Du­rée :  h . Genre : drame. Notre avis : ★★

L’his­toire

En 1927, Rose (Millicent Sim­monds), at­teinte de sur­di­té, fugue pour re­trou­ver sa mère ac­trice de ci­né­ma cé­lèbre (Ju­lianne Moore). En 1997, Ben (Oakes Fe­gley), qu’un ac­ci­dent a éga­le­ment ren­du sourd, perd sa mère (Mi­chele Williams) et part à la re­cherche de son père qu’il ne connaît pas. Leur quête les conduit tous les deux au Mu­seum d’his­toire na­tu­relle de New York...

Notre avis

Il y a deux ans, Todd Haynes nous avait en­chan­tés avec Ca­rol, su­perbe mé­lo dans le­quel Cate Blan­chett tom­bait amou­reuse de Roo­ney Ma­ra. On at­ten­dait donc beau­coup de son nou­veau film, adap­té d’un ro­man de Brian Selz­nick, l’au­teur d’Hu­go Ca­bret. La dé­cep­tion est cruelle. Le Mu­sée des mer­veilles, qui s’est re­trou­vé on ne sait trop com­ment en com­pé­ti­tion à Cannes, est un conte pour en­fants sages... Et sur­tout pa­tients ! Car c’est peu dire que la quête des deux jeunes hé­ros traîne en lon­gueur. Pour­tant, Haynes ne mé­nage pas sa peine. La double re­cons­ti­tu­tion du New York des an­nées vingt et quatre-vingt-dix est très réus­sie. On passe du noir et blanc à la cou­leur, puis à l’ani­ma­tion dans la der­nière par­tie du film, où les deux his­toires convergent de fa­çon très pré­vi­sible. C’est très jo­li, mais ça ne suf­fit pas à sau­ver de la miè­vre­rie, ni de l’en­nui, cette fable ma­nié­riste, d’ins­pi­ra­tion « Marc Le­vyo-Spiel­ber­gienne », sur les liens fa­mi­liaux, l’ami­tié et le des­tin. Dans le genre, on conseille­ra donc plu­tôt de re­voir Hu­go Ca­bret de Mar­tin Scor­sese, qui était au­tre­ment ryth­mé et no­va­teur.

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