Sur tous les fronts

Nice-Matin (Cannes) - - Détente - Le billet de Phi­lippe Bou­vard

Un se­mestre après son élec­tion, on ne peut pas re­pro­cher grand-chose à Em­ma­nuel Ma­cron si­non de nous avoir confis­qué l’al­ter­nance en son­nant le glas de la droite et de la gauche. Pour le reste, quand il ne vi­site pas les ban­lieues dé­fa­vo­ri­sées, il sa­cri­fie son som­meil et sa vie de couple à la tour­née des po­potes di­plo­ma­tiques. Alain Jup­pé ne s’y est pas trom­pé qui, après avoir édu­qué le Pre­mier mi­nistre, cau­tionne main­te­nant le pré­sident de la Ré­pu­blique. Alors, à quoi at­tri­buer le dé­faut de po­pu­la­ri­té de l’ac­tuel lo­ca­taire de l’Ély­sée dont la commémoration du No­vembre de­meu­re­ra comme un mo­dèle d’au­then­tique émo­tion et de si­lence ex­cep­tion­nel ? Se­rait-ce parce qu’on a of­fert la ma­gis­tra­ture su­prême à un moins de  ans qui ne rate pas une oc­ca­sion de la so­len­ni­ser ? Certes, sur son por­trait of­fi­ciel il ne porte plus le frac et il a rem­pla­cé Les Es­sais de Mon­taigne par deux té­lé­phones por­tables. Mais le -No­vembre au lieu de des­cendre les Champs-Ely­sées, comme Hol­lande, à bord d’une familiale au toit ou­vrant blo­qué sous la pluie, il a dû prendre un cer­tain plai­sir à ré­gler son al­lure sur celle de la Garde ré­pu­bli­caine l’en­tou­rant d’un faste que les che­vaux rendent ana­chro­niques. Sans doute, ne lui manque-t-il que la bon­ho­mie et la sim­pli­ci­té. Car les Fran­çais n’ont pas chan­gé : ils choi­sissent en prin­cipe le meilleur d’entre eux mais ac­ceptent mal que, comme Gis­card, il ne leur res­semble pas du tout.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.