Agres­sés pour une étoile de Da­vid à Nice? « Non, ce n’est pas un acte an­ti­sé­mite »

Nice-Matin (Cannes) - - Côte D’azur - STÉ­PHA­NIE GASIGLIA sga­si­glia@ni­ce­ma­tin.fr

Quatre jeunes gens, tous mi­neurs, au­raient été agres­sés dans le centre-ville de Nice par un groupe de cinq autres jeunes. Les faits se sont dé­rou­lés dans la nuit de ven­dre­di à sa­me­di, vers 3 heures du ma­tin. Les agres­seurs pré­su­més, ma­jeurs, ont été in­ter­pel­lés dans la fou­lée par des agents de la po­lice mu­ni­ci­pale qui pa­trouillaient dans le sec­teur. Ils ve­naient d’être aler­tés par les vic­times et ont été ai­dés par les opé­ra­teurs du centre de su­per­vi­sion ur­bain. Se­lon une source proche du dos­sier, ils au­raient éga­le­ment fil­mé la scène... Re­mis à la po­lice na­tio­nale, les jeunes ma­jeurs ont été pla­cés en garde à vue. Et les au­di­tions étaient tou­jours en cours hier soir.

« Je ne peux to­lé­rer de l’an­ti­sé­mi­tisme »

Mais que s’est-il vrai­ment pas­sé ? Cette agres­sion au­rait un mo­tif re­li­gieux, se­lon Chris­tian Es­tro­si qui a im­mé­dia­te­ment dé­non­cé un « acte an­ti­sé­mite ». L’une des vic­times por­tait une étoile de Da­vid au­tour du cou. « L’agres­sion de jeunes gens dans un acte de dé­lin­quance gé­né­rale est dé­jà in­ac­cep­table mais quand cette agres­sion est pro­vo­quée en rai­son d’une ap­par­te­nance ou d’un signe re­li­gieux, elle de­vient in­sup­por­table. Je ne peux to­lé­rer la mon­tée de l’an­ti­sé­mi­tisme dans ma ville pas plus que dans mon pays », s’est ré­vol­té le maire de Nice. Mais le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Nice re­pousse le ca­rac­tère an­ti­sé­mite des faits. Pour Jean-Mi­chel Prêtre, « c’est une ba­garre entre jeunes gens en état al­coo­lique, un ven­dre­di soir ».

Du gra­buge avec des coups don­nés entre mi­neurs et ma­jeurs,

« et il se trouve que les jeunes mi­neurs sont de confes­sion juive »,

a-t-il fait va­loir. Et le Pro­cu­reur de pour­suivre : « Ce qui res­sort de

ma­nière très claire, c’est que cette ba­garre n’a rien à voir avec la re­li­gion. » Avant de conclure : « Certes, il y a eu dis­pa­ri­tion d’une chaîne avec une étoile de Da­vid, mais on ne sait pas si elle a été per­due ou vo­lée pen­dant les faits ».

Le Crif at­tend les conclu­sions de l’en­quête

« Après l’agres­sion d’une grande lâ­che­té dont des mi­neurs ont été l’ob­jet, le Crif Sud Est re­mer­cie les forces de l’ordre pour leur in­ter­ven­tion», a, de son cô­té, ré­agi Jé­rôme Cu­lio­li, pré­sident du Con­seil re­pré­sen­ta­tif des ins­ti­tu­tions juives de France pour le Sud Est. Il « at­tend avec beau­coup d’at­ten­tion les conclu­sions de l’en­quête ». Pru­dent, Jé­rôme Cu­lio­li pour­suit : « La confir­ma­tion du ca­rac­tère an­ti­sé­mite de cette agres­sion de­vra avoir pour co­rol­laire une ré­ponse ju­di­ciaire à la hau­teur du ca­rac­tère in­ac­cep­table et in­sup­por­table, en France, de vio­lences phy­siques as­sé­nées à des per­sonnes sim­ple­ment en rai­son de leur ap­par­te­nance re­li­gieuse ». D’au­tant, ajoute-t-il, que « cette agres­sion in­ter­vient dans un contexte de re­cru­des­cence des actes an­ti­sé­mites et de pro­vo­ca­tions de­vant des lieux de culte, qui ne sau­rait être da­van­tage to­lé­ré ».

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