PA­RIS IN­TER­NA­TIO­NALE FOIRE AL­TER­NA­TIVE

PA­RIS 18

Numero Art - - Octobre Sommaire - PAR IN­GRID LUQUET-GAD. PHOTO PAR CÉ­DRIC DEL­SAUX

PILE QUAND ON CROYAIT l’avoir cer­née, voi­là qu’elle fait peau neuve. Il y a deux ans, Pa­ris In­ter­na­tio­nale, foire al­ter­na­tive à la FIAC, dé­bou­lait sur la scène ar­tis­tique. As­so­cia­tive et au­to­gé­rée, l’ini­tia­tive nais­sait des forces conjointes de cinq ga­le­ries : quatre fran­çaises, bel­le­vil­loises plus pré­ci­sé­ment – Crè­ve­coeur, High Art, An­toine Le­vi et Sultana – et une suisse, Gre­gor Staiger, ba­sée pour sa part à Zu­rich. Une manifestation por­tée par un es­prit d’ir­ré­vé­rence dans un contexte hexa­go­nal un poil trop col­let mon­té. Plu­tôt que d’ajou­ter une foire spé­cia­li­sée de plus à la li­ta­nie des évé­ne­ments sa­tel­lites du mois d’oc­tobre – dé­diés à un mé­dium, à une zone géo­gra­phique ou à une tranche d’âge –, Pa­ris In­ter­na­tio­nale se pro­po­sait d’être un mo­dèle al­ter­na­tif. Un événement lié au mar­ché, donc, mais où les ga­le­ries com­mer­ciales voi­si­naient avec une poi­gnée de pro­ject spaces in­vi­tés, une sé­lec­tion poin­tue ve­nue du monde en­tier, et sur­tout une es­thé­tique nou­velle.

Les deux pre­mières an­nées, la foire a in­ves­ti deux hô­tels par­ti­cu­liers à l’aban­don de l’ave­nue d’ié­na, à deux pas de la grande soeur sise sous les ver­rières du Grand Pa­lais. On s’était alors dé­jà ha­bi­tués au sa­vant do­sage de boi­se­ries et de murs à l’état brut, de style hauss­ma­nien et de squat, qui créait un es­pace où il fai­sait bon flâ­ner. Or, s’il ne fait plus de doute que la foire est bien par­tie pour res­ter – et, au pas­sage, re­dis­tri­buer les cartes dans les rap­ports de force entre foires in­ter­na­tio­nales –, la troi­sième édi­tion amène son lot de sur­prises. Exit le contexte do­mes­tique de l’hô­tel par­ti­cu­lier, di­rec­tion le coeur bé­ton­né de la vie in­tel­lec­tuelle fran­çaise. Cette an­née, du 18 au 22 oc­tobre, les cin­quante-quatre ga­le­ries par­ti­ci­pantes in­ves­ti­ront ain­si l’an­cienne ré­dac­tion du quo­ti­dien Li­bé­ra­tion, qui oc­cu­pait jus­qu’à son dé­part il y a deux ans un ancien par­king com­mer­cial connu pour sa vis. Im­pos­sible de pré­dire la forme que pren­dra la foire dans ce contexte ar­chi­tec­tu­ral et sym­bo­lique im­po­sant. Quelques pistes nous ont ce­pen­dant dé­jà été souf­flées par Clé­ment De­lé­pine, co­or­di­na­teur de la foire aux cô­tés de Sil­via Ammon : “Tout en lais­sant carte blanche aux ga­le­ries, la foire nour­rit une af­fec­tion par­ti­cu­lière pour les pré­sen­ta­tions mo­no­gra­phiques.” La ga­le­rie ber­li­noise BQ met­tra par exemple à l’hon­neur le pho­to­graphe Jochen Lempert, un mois avant sa grande ré­tros­pec­tive au Spren­gel Mu­seum à Ha­novre. De son cô­té, la ga­le­rie Max Mayer de Düs­sel­dorf pré­sen­te­ra les écrans pixel­li­sés d’ei Ara­ka­wa aper­çus cet été dans le cadre de Skulp­tur Pro­jekte à Müns­ter. Tan­dis que les An­ge­le­no de Red­ling Fine Art of­fri­ront à Pip­pa Gar­ner, im­pla­cable cri­tique du consu­mé­risme US trop rare en Eu­rope, une vi­si­bi­li­té am­ple­ment mé­ri­tée.

Just when we thought we had it fi­gu­red out, Pa­ris In­ter­na­tio­nale has gone and rein­ven­ted it­self. Billed as an al­ter­na­tive to FIAC, this young fair burst on­to the scene in 2015. An in­de­pendent start-up, it was joint­ly foun­ded by five gal­le­ries: four from Pa­ris’s Bel­le­ville dis­trict – Crè­ve­coeur, High Art, An­toine Le­vi and Sultana – and one – Gre­gor Staiger – from Zü­rich. Ra­ther than ad­ding yet ano­ther spe­cia­li­zed fair to Pa­ris’s bu­sy au­tumn sea­son, the five wan­ted to create an al­ter­na­tive mo­del: an event dri­ven in part by the mar­ket, but where com­mer­cial gal­le­ries could mingle with a handful of in­vi­ted pro­ject-spaces, and where a sharp se­lec­tion from all over the world would pro­mote a fresh new aes­the­tic. In its first two years, the fair took place in two aban­do­ned man­sions on the ave­nue d’ié­na, a stone’s throw from FIAC at the Grand Pa­lais. While there’s no doubt that Pa­ris In­ter­na­tio­nale is here to stay – and change the rules of the international art-fair game while it’s at it –, the third edi­tion is brin­ging its share of sur­prises. This year it’s out with the do­mes­tic set­ting and in with what was once the raw-concrete heart of Gal­lic in­tel­lec­tual life. Come Oc­to­ber, 54 par­ti­ci­pa­ting gal­le­ries will ga­ther in the for­mer of­fices of French dai­ly Li­bé­ra­tion, which un­til two years ago oc­cu­pied a conver­ted car park fa­mous for its cen­tral spi­ral ramp. “While gi­ving the gal­le­ries to­tal free­dom, the fair par­ti­cu­lar­ly ap­pre­ciates mo­no­gra­phic pre­sen­ta­tions,” explains Clé­ment De­lé­pine, ex­hi­bit co­or­di­na­tor with Sil­via Ammon. This year Ber­lin gal­le­ry BQ will honour pho­to­gra­pher Jochen Lempert, Düs­sel­dorf’s Max Mayer will show Ei Ara­ka­wa’s pixe­la­ted screens, while La-ba­sed Red­ling Fine Art is show­ca­sing Pip­pa Gar­ner, the im­pla­cable cri­tic of Ame­ri­can consu­me­rism who is far too lit­tle known in Eu­rope.

Foire Pa­ris In­ter­na­tio­nale, du 18 au 22 oc­tobre. 11, rue Bé­ran­ger, 75003 Pa­ris.

JEUNE ET IRRÉVÉRENCIEUSE, LA FOIRE PA­RIS IN­TER­NA­TIO­NALE S’EST IM­PO­SÉE EN SEULE­MENT DEUX ÉDI­TIONS COMME SYM­BOLE D’UN NOU­VEAU DY­NA­MISME PA­RI­SIEN OU­VERT SUR LE MONDE. ELLE PREND DÉ­SOR­MAIS SES QUAR­TIERS DANS UN PAR­KING MY­THIQUE DU 3E AR­RON­DIS­SE­MENT, CE­LUI-LÀ MÊME QUI HÉBERGEA LE JOURNAL LI­BÉ­RA­TION.

YOUNG AND IR­RE­VERENT, PA­RIS INTERNATIONAL HAS MADE ITS MARK IN JUST TWO EDI­TIONS AS A SYMBOL OF A RENEWED PARISIAN DY­NA­MISM. FOR ITS THIRD OUTING, THE FAIR IS MO­VING TO STUNNING NEW PRE­MISES – THE MYTHIC RÉ­PU­BLIQUE CAR PARK THAT ONCE HOUSED THE NEWSPAPER LI­BÉ­RA­TION.

Pa­ris PA­RIS IN­TER­NA­TIO­NALE, THE AL­TER­NA­TIVE ART FAIR

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