Mise à nue

Octane (France) - - Les Voitures D’octane - PORSCHE 912 1968 JAMES LIP­MAN

DANS OCTANE N° 32, j’ex­pli­quais com­ment j’ai ache­té ma 912 en Ca­li­for­nie et l’ai ex­pé­diée en An­gle­terre. Elle est ga­rée sur un ter­rain vague de la ban­lieue de Londres, à 8 000 km de ce qui a été sa mai­son pen­sant 45 ans, et le chic de la pa­tine de ma 912 s’est com­plè­te­ment éva­po­ré. Entre-temps, je me suis ache­té une bi­coque aus­si âgée et dans le même état, et la res­tau­ra­tion de cette der­nière a oc­cu­pé la moindre mi­nute de mon temps libre.

Dans une ten­ta­tive de faire avan­cer mon pro­jet au­to­mo­bile, j’ai dé­mon­té toute la pa­gaille rouillée qui en­com­brait la 912, l’ai ran­gée dans des boîtes et fait dé­ca­per la coque à nue. Ma pre­mière ten­ta­tive de res­tau­rer en­tiè­re­ment une voi­ture sem­blait bien par­tie.

Après quelques mois d’at­tente, j’ai li­vré la coque étin­ce­lante, mais usée, à mon car­ros­sier pré­fé­ré, Bar­ry. La rouille a pé­né­tré le des­sus des bas de caisse, les pan­neaux des sièges ar­rière et la ta­blette ar­rière, la preuve que la voi­ture a dû long­temps res­ter avec de l’eau s’ac­cu­mu­lant à l’in­té­rieur. Le toit a été en­fon­cé par les sauts d’un ga­min et l’avant et l’ar­rière portent les stig­mates de quelques im­pacts.

Même si c’est la Porsche la moins chère à être en­trée dans son ate­lier, Bar­ry s’en est oc­cu­pé comme s’il s’agis­sait d’une RS de 73. Le ré­sul­tat fi­nal est digne d’une sculp­ture in­dus­trielle et la coque a re­trou­vé l’état qui était le sien en 1968, le jour où la 912 a quit­té la ligne d’as­sem­blage Kar­mann.

Une ren­contre for­tuite avec un mé­ca­ni­cien lo­cal a com­men­cé de fa­çon pro­met­teuse mais s’est ar­rê­tée abrup­te­ment, avec au moins un mo­teur qua­si­ment fi­ni. Un bloc non mat­chin­gnum­ber a lé­gué quelques pièces, comme son vi­le­bre­quin for­gé et ses bielles, ses pis­tons et ses cu­lasses.

Après deux ans à sur­tout su­per­vi­ser le pro­jet, la bi­blio­thèque de mon bu­reau était pleine de pièces Porsche neuves. À ce stade, tout ce que j’avais fait était de re­cueillir des bouts de mé­tal à tra­vers tout le pays. Mon dé­sir de m’im­pli­quer bien plus était à son comble et c’est exac­te­ment à ce mo­ment que le des­tin m’a mis une baffe. La suite au pro­chain épi­sode !

Sens ho­raire

La coque à nu, prête à re­ce­voir des ajouts de mé­tal. Telle que je l’ai ache­tée aux USA. Re­tour dans le fu­tur, avec la car­ros­se­rie re­peinte et l’as­sem­blage en cours. À suivre.

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