Les yeux, mi­roir de l’âme

Psychologies - - L’OEIL -

Il ar­rive que la science va­lide les pro

verbes et les croyances po­pu­laires. Les cher­cheurs du dé­par­te­ment d’éco­lo­gie hu­maine de l’uni­ver­si­té amé­ri­caine Cor­nell1 sont en ef­fet par­ve­nus à la conclu­sion que les yeux sont vrai­ment le mi­roir de l’âme – alors que l’on pen­sait que c’était l’en­semble du vi­sage qui, via ses mi­cro- ex­pres­sions, af­fi­chait l’émo­tion du mo­ment. Dif­fé­rents tests ont mon­tré que, pour avoir ac­cès aux émo­tions pro­fondes de son in­ter­lo­cu­teur, il suf­fit de plon­ger son re­gard dans le sien. Des yeux qui se crispent, se ré­tré­cissent tra­duisent une po­si­tion dé­fen­sive ex­pri­mant (se­lon les cir­cons­tances) la mé­fiance, voire la dé­fiance, le scep­ti­cisme ou la sus­pi­cion, mais aus­si le re­jet ou le dé­goût. Au contraire, des yeux lar­ge­ment ou­verts disent la sen­si­bi­li­té, l’en­thou­siasme, la confiance, mais peuvent éga­le­ment si­gni­fier la dé­sta­bi­li­sa­tion ou la peur. Un bé­mol tou­te­fois : une autre étude, conduite au sein de l’uni­ver­si­té de l’Ari­zo­na2, dé­montre que le manque de som­meil af­fai­blit notre ca­pa­ci­té à in­ter­pré­ter les mes­sages non ver­baux de notre in­ter­lo­cu­teur. Conclu­sion : avant une grande dis­cus­sion avec son conjoint, ses en­fants ou son pa­tron, mieux vaut s’of­frir une longue sieste et les re­gar­der droit dans les yeux le mo­ment ve­nu. 1. Psy­cho­lo­gi­cal Science, février 2017. 2. Neu­ro­bio­lo­gy of Sleep and Cir­ca­dian Rhythms, mars 2017.

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