Les 5 qua­li­tés à en­cou­ra­ger chez les en­fants

Des études ont mon­tré que les en­fants pos­sé­daient le sens de la jus­tice et étaient por­tés à faire le bien plu­tôt que le mal. Par­tant de ce prin­cipe, la cher­cheuse en psy­cho­lo­gie Ka­ryl McB­ride1 in­vite les pa­rents à les ai­der à dé­ve­lop­per les cinq qua­li­tés

Psychologies - - CONSEILS - Par Fla­via Ma­ze­lin Sal­vi

1. LA RES­PON­SA­BI­LI­TÉ

Pour as­su­mer une faute ou une er­reur, en­core faut-il qu’elle ne soit pas source de culpa­bi­li­sa­tion de la part du pa­rent, mais que l’en­fant sache et ex­pé­ri­mente qu’il a le droit de se trom­per et de mal faire. Ce qui lui per­met­tra de ti­rer les en­sei­gne­ments de ses er­reurs ou de ses fautes, mais aus­si d’en prendre la res­pon­sa­bi­li­té sans ac­cu­ser les cir­cons­tances ou les autres. Cer­taines trans­gres­sions mé­ritent sanc­tion. L’en­fant doit en avoir été pré­ve­nu au préa­lable. C’est ain­si que, pla­cé en po­si­tion de su­jet, il com­pren­dra (à la hau­teur de son âge et de la trans­gres­sion) qu’il est res­pon­sable de ses actes.

2. L’HONNÊTETÉ

Les en­fants in­ventent, dis­si­mulent, trans­forment les faits, soit pour plaire à leurs pa­rents, soit pour échapper à une pu­ni­tion, soit en­core parce qu’ils sont convain­cus de dire la vé­ri­té lors­qu’ils ne com­prennent pas la si­tua­tion et ses en­jeux. Pour que l’en­fant se sente à l’aise avec la vé­ri­té à dire, il ne faut pas que ses pe­tits men­songes soient dia­bo­li­sés et pré­sen­tés comme une rup­ture du contrat de confiance, et donc une im­mense source de dé­cep­tion pour ses pa­rents. Le sens d’un men­songe doit être com­pris par le pa­rent, et ses consé­quences 90 PSY­CHO­LO­GIES MA­GA­ZINE ex­pli­quées à l’en­fant. Par exemple : « C’est un autre, in­no­cent, qui va être pu­ni à ta place et ce n’est pas juste. » L’exem­pla­ri­té a une grande va­leur édu­ca­tive : « Moi aus­si, je fais des er­reurs, je me trompe (on cite un exemple), mais je le re­con­nais et j’es­saye de les ré­pa­rer. » Dans les si­tua­tions dif­fi­ciles (di­vorce, ma­la­die, chô­mage…), mieux vaut choi­sir de lui dire la vé­ri­té en te­nant compte de son âge, de sa ma­tu­ri­té et de son ca­rac­tère.

3. LE FAIR-PLAY

Re­con­naître ses torts ou sa dé­faite, ne pas faire de coups bas, adres­ser des com­pli­ments, gé­rer son agres­si­vi­té… L’élé­gance mo­rale s’ap­prend tôt. Ce­la sup­pose que l’en­fant n’ait pas le sen­ti­ment de s’abais­ser ou de se faire pas­ser après l’autre. Plus il se­ra confor­té dans son es­time de soi, plus il au­ra confiance dans l’amour et le sou­tien de ses pa­rents, et plus il au­ra l’es­prit fair-play avec les autres. Et sau­ra prendre sa place dans les groupes sans agres­si­vi­té.

4. LA SO­LI­DA­RI­TÉ

Par­ta­ger son goû­ter avec ce­lui qui n’en a pas, ai­der un ca­ma­rade en dif­fi­cul­té, ré­con­for­ter ce­lui qui en a be­soin sont des com­por­te­ments qui per­mettent de dé­ve­lop­per le sens de la so­li­da­ri­té et de l’empathie. Mais pour ex­pri­mer et ma­ni­fes­ter de la so­li­da­ri­té, en­core faut-il que l’en­fant se sente suf­fi­sam­ment à l’aise avec les autres et confiant dans ses ca­pa­ci­tés et ses res­sources per­son­nelles. En clair, ce­la si­gni­fie qu’il doit lui-même bé­né­fi­cier de l’empathie, du ré­con­fort et de l’écoute de ses pa­rents. Ceux-ci pour­ront en­suite lui dire que ve­nir en aide à un autre, c’est faire ce que l’on ai­me­rait que l’on nous fasse dans cette même si­tua­tion. En com­pre­nant que l’al­truisme est le meilleur moyen de vivre en­semble, l’en­fant le pra­ti­que­ra non pas par de­voir ou par cha­ri­té, mais par convic­tion.

5. LE CIVISME

Vivre en­semble, ce­la s’ap­prend. Très tôt. Et ce­la sup­pose d’in­té­grer les cadres et les li­mites qui rendent la vie en so­cié­té pos­sible, ain­si que les règles de po­li­tesse qui rendent les échanges agréables. Ne pas se com­por­ter comme si l’on était seul au monde est sans doute la pre­mière règle à res­pec­ter. Con­crè­te­ment, il s’agit de faire com­prendre à votre en­fant, en joi­gnant la pra­tique à la théo­rie, que son plai­sir et son confort doivent s’ar­rê­ter là où l’in­con­fort et le dé­plai­sir de l’autre com­mencent. 1. Au­teure de « Five qua­li­ties to en­cou­rage in your kids », dans

Psy­cho­lo­gy To­day, février 2016.

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