Luc Bre­ton, ana­lyste en com­por­te­ments ves­ti­men­taires

Psychologies - - DOSSIER -

FAITES PAR­LER VOS VÊ­TE­MENTS Lors­qu’il s’agit de sé­duire, nous sommes nom­breux à pa­ni­quer de­vant notre gar­de­robe. Luc Bre­ton1 pro­pose de dé­dra­ma­ti­ser, en la gé­rant « de la même fa­çon que notre garde-man­ger ! Évi­dem­ment, il y a cette no­tion d’image as­so­ciée au vê­te­ment, cette pu­deur, le re­gard de l’autre, ce qui rend le choix moins évident que pour la nour­ri­ture. Mais puisque, de toute fa­çon, nous nous de­vons d’être ha­billés, tâ­chons de le faire en conscience, et non avec un sen­ti­ment d’obli­ga­tion et une sen­sa­tion de ma­laise ». Pra­ti­que­ment, comment faire ? « Pre­mière étape : se li­bé­rer du re­gard d’au­trui. À consul­ter tout un cha­cun, on en ou­blie de se fier à soi. Il de­vient alors dif­fi­cile de va­li­der nos choix sans gan­gre­ner notre confiance en nous. Il convient en­suite de nous res­pon­sa­bi­li­ser dans cette re­la­tion au vê­te­ment, en ac­cep­tant de nous re­gar­der pour iden­ti­fier nos peurs – de faire “vieux”, d’être en dé­ca­lage, ri­di­cule, trop has been ou fa­shion vic­tim. Ces craintes nour­rissent nos ré­sis­tances au chan­ge­ment et se trans­forment en fausses croyances. Il est in­té­res­sant aus­si de tra­vailler sur la no­tion d’image sen­so­rielle. Une te­nue peut al­ler à l’en­contre de notre res­sen­ti au­jourd’hui et par­fai­te­ment ha­biller notre peau de­main : sé­vère et ri­gide le lun­di, sen­suelle et douce le mar­di. Nous quit­tons sou­vent la mai­son en conflit avec notre hu­meur du mo­ment. Pour être “bien dans notre peau”, la cou­vrir, la pa­rer, il faut l’écou­ter : pour­quoi vou­loir ca­mou­fler cette sen­sa­tion ma­ti­nale ? Là en­core, le vê­te­ment peut nous y ai­der. En­fin, il est im­por­tant de nous in­ter­ro­ger. J’en­tends ré­gu­liè­re­ment cette af­fir­ma­tion : “Je veux que mes vê­te­ments re­flètent qui je suis in­té­rieu­re­ment.” Alors, al­lez-y ! Met­tez des mots sur ces va­leurs qui vous sont chères. Pré­ci­sez ce “qui je suis” par op­po­si­tion à “comment j’ai­me­rais être vu”. C’est là que se trouve le vé­ri­table ac­cord. » 1. luc­bre­ton.com.

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