In­di­ca­tif ou sub­jonc­tif ?

Il n’y a pas qu’avec le condi­tion­nel que l’in­di­ca­tif est sou­vent confon­du (cf. “je se­rai” ou “je se­rais”). Un autre mode nous donne du fil à re­tordre : le sub­jonc­tif. Voi­ci les trois prin­ci­pales règles à re­te­nir pour de­ve­nir un as de la conju­gai­son !

Rebondir - - EN PRATIQUE - Par San­drine CAMPESE, ani­ma­trice du blog Pro­jet Voltaire.

QU’IL EST / QU’IL AIT

Dans la phrase “Il se peut qu’il ait ou­blié notre ren­dez-vous”, “ait” est le verbe avoir conju­gué au sub­jonc­tif pré­sent à la 3e per­sonne du sin­gu­lier.

POUR­QUOI DU SUB­JONC­TIF ?

Parce qu’ici on ex­prime un doute, une in­cer­ti­tude, une sup­po­si­tion. Il a pu ou­blier notre ren­dez-vous, mais comment en être sûr(e) au mo­ment où je parle ? Peut-être fi­ni­ra-t-il par ar­ri­ver... L’er­reur cou­rante consiste à confondre “ait” avec “est”, c’est-à-dire le verbe être conju­gué à l’in­di­ca­tif pré­sent à la 3e per­sonne du sin­gu­lier. Pour ne plus se trom­per, on rem­place le mot (“ait” ou “est”) par “était”, autre forme du verbe “être”. Le sens est conser­vé ? Écri­vez “est”. Si­non, écri­vez “ait”. Dans notre exemple, “il se peut qu’il était ou­blié notre ren­dez-vous” ne veut rien dire. C’est bien “ait” qui convient !

BIEN QUE + SUB­JONC­TIF

Le verbe qui suit la conjonc­tion de co­or­di­na­tion “bien que” est tou­jours au sub­jonc­tif. Exemple : “Bien que j’aie peu d’ex­pé­rience, j’as­pire à ce poste.” Écrire “ai” re­vien­drait à em­ployer l’in­di­ca­tif pré­sent, ce qui se­rait une er­reur. De même, au plu­riel, il fau­drait écrire “Bien que nous ayons peu d’ex­pé­rience, nous as­pi­rons...” (et non : “Bien que nous avons”). C’est la même règle qui s’ap­plique après “afin que”, “pour que”, “jus­qu’à ce que”, “quoique”. Exemple : “Je vais trou­ver un mo­ment pour qu’on se voie” (et non “voit”).

APRÈS QUE + IN­DI­CA­TIF

Aus­si sur­pre­nant que ce­la puisse pa­raître, “après que” est tou­jours

sui­vi d’un verbe à l’in­di­ca­tif. On écrit : “Elle est par­tie après qu’elle a pris son man­teau” (et non : “après qu’elle ait”). L’ac­tion s’est réa­li­sée : elle a pris son man­teau puis elle est par­tie. En re­vanche, “avant que” est bien sui­vi du sub­jonc­tif. On di­ra : “Ren­trons avant qu’il pleuve” (et non “qu’il pleut”). L’ac­tion n’est qu’en­vi­sa­gée : il ne pleut pas en­core !

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