VA­LE­RIE CO­ROL­LER

(1964-2014)

Rock & Folk - - Necrologie - OLIVIER CA­CHIN

“Ega­rée dans cette nuit pâ­li­chonne, une ‘Eu­ro­pean Female’ convain­cue s’en re­met au sage La­mar­tine: un Etran­gleur vous manque et le monde est dé­peu­plé. Puis, la mort dans l’âme de leur pas­ser la corde au cou: hey, Stran­glers, it’s ‘Time To Die’.” Ain­si Va­lé­rie Co­rol­ler killait-elle soft­ly (et avec jus­tesse) l’al­bum des Stran­glers “In The Night” dans les co­lonnes de Rock&Folk en oc­tobre 1992. De l’art de dé­zin­guer avec amour tout en ci­tant ses clas­siques. De­puis ses dé­buts dans le jour­na­lisme pa­ri­sien en 1988 dans le jeune ma­ga­zine L’Af­fiche, Va­lé­rie avait fait son che­min. Dans ces pages bien sûr — “Par­mi la nouvelle gé­né­ra­tion de jour­na­listes, une seule plume fé­mi­nine, celle de Va­lé­rie Co­rol­ler, qui chro­nique éga­le­ment le ci­né­ma”, écri­vait L’Ex­press pour les 30 ans de Rock & Folk en 1996 — mais éga­le­ment sur les ondes : sa voix à la dis­crète pointe mé­ri­dio­nale fai­sait le bon­heur des au­di­teurs de France In­ter quand elle par­ti­ci­pait aux Al­ter­na­tives de Lau­rence Pierre. Dé­fen­seuse des mu­siques élec­tro­niques — elle tint ici la ru­brique Tech­no­dôme au mi­tan des an­nées 1990 — dé­cou­vreuse de ta­lents à l’oreille af­fu­tée, chro­ni­queuse cu­rieuse, Va­lé­rie était aus­si ca­pable d’of­frir un sup­plé­ment d’âme à la presse people, comme l’heb­do Voi­ci dans le­quel elle pi­geait pour des in­ter­views drôles et fraîches, ja­mais com­plai­santes. On pou­vait re­trou­ver sa plume lé­gère dans des ma­ga­zines aus­si va­riés que Vogue ou Ma­rie Claire. Tou­jours pa­rée de bi­joux et d’un rouge à lèvres pim­pant, elle était fière d’avoir di­mi­nuée sa con­so de ci­ga­rettes et on avait plai­sir à la croi­ser dans Pa­ris, tou­jours une bonne oc­ca­sion d’échan­ger un peu en se pro­met­tant de prendre plus le temps la pro­chaine fois. Il n’y au­ra plus ja­mais de pro­chaine fois. Va­lé­rie, qui ai­mait conclure ses ch­ro­niques par la for­mule de­ve­nue sa si­gna­ture, “Ne­ver­mind et va­va­voum”, nous a quit­tés d’une tu­meur au cer­veau à l’âge de 50 ans. 50 piges. Non, ce n’est pas le “Time To Die”. Pu­tain de Fau­cheuse.

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